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Critique | Ça – Le film qui va traumatiser une nouvelle génération

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Traumatisé par le Ça de 1990, je m’étais promis de ne pas regarder le remake de l’Argentin Andy Muschietti… Eh bien j’y suis tout de même allé et Ça est un excellent film d’horreur et marquera sa génération. 

T’as vu Ça ?

J’ai toujours eu une certaine aversion pour les films d’horreur. Quand j’étais petit, j’avais les chocottes car je n’arrivais pas à faire abstraction de la fiction. Comme tout bon enfant, je pensais que le monstre du film se cachait sous mon lit ou dans le noir. Je sais aujourd’hui que les vrais monstres ne ressemblent pas à ceux des films mais je ne supporte toujours pas d’être saisi. Sans compter que la majorité des films des 20 dernières années flirtent plus avec l’excès gratuit qu’avec la volonté d’écrire une oeuvre de fiction de qualité. Du coup, même si je n’ai plus peur, j’évite toujours les films d’horreur. Ajoutez à cela le souvenir amer du Ça de 1990, que je n’ai jamais vu en entier, et vous comprendrez pourquoi je ne voulais pas voir Ça en 2017.

Qu’est-ce qui m’a fait changer d’avis, demandez-vous ? (Si, si, vous l’avez demandé !) Eh bien la bande-annonce, pour commencer, et le potentiel qui en émanait. Ensuite, ma position de critique cinéma sur Sitegeek, puisque je ne pouvais pas vous laisser sans mon avis éclairé, n’est-ce pas ? (Si, il est éclairé, je vous dis !) Enfin bref, j’ai donc vu Ça et j’en suis ravi. D’abord parce que j’entrevois plein de jeux de mots pourris dans cette critique mais aussi parce que Ça est un bon film, tout simplement.

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Clownophobes, s’abstenir…

Ça m’a fait peur

Sans être un amateur de films d’horreur, je sais en apprécier la qualité. D’autant que celle-ci se fait rare dans une industrie où les suites grossières et films ridicules aux mécanismes rouillés deviennent la norme. Ces films abordant le paranormal ou l’exorcisme à deux balles, ou encore les vaines tentatives de raviver le slasher movie sans une once d’originalité. Soit tout ce qui m’a totalement coupé du genre. Je me disais malgré tout que l’ambiance années 80 de Ça permettrait au film de se distinguer. Alors non seulement cette ambiance donne toute sa saveur au film (surtout pour les nostalgiques) mais en plus Ça est un très bon film d’horreur. Il reprend la trame et les idées de la mini-série et maîtrise vraiment les codes du genre, tant dans le fond que la forme.

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… non mais sérieux, abstenez-vous !

La mise en scène, d’abord, qui regorge d’idées ingénieuses pour provoquer le malaise. Le spectateur se crispe sur son siège en attendant le moment fatidique où il se passera quelque chose d’absolument horrible. Même quand il se passe rien ! Les procédés utilisés dépassent le jump scare gratuit et permettent au film de susciter l’effroi de bien des manières. Les sons notamment servent à créer la tension et à titiller l’ascenseur émotionnel du spectateur. Enfin, l’ambiance oppressante et anxiogène doit beaucoup à la nature même du mal dans Ça. L’antagoniste semble en effet affreusement puissant et peut toucher les enfants n’importe où, n’importe quand et de n’importe quelle façon. Le sentiment d’impuissance qui en résulte est fort dérangeant. Bref, Ça est un film intelligent et terrifiant, cocktail dont on ne sort pas indemne.

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Ça est tout simplement effrayant !

Ça m’a fait rire… parfois

Le remake a eu la bonne idée de maintenir le background, à savoir les années 80 des Goonies, de Stranger Things, de Stand by Me et… de Ça ! Le cadre est parfaitement restitué, malgré le manque de références. Après tout, s’il y a bien une chose qui fera vibrer la corde nostalgie d’une légion de geeks, c’est une bande de gosses qui part à l’aventure en BMX. Encore fallait-il des acteurs à la hauteur. Pour le coup, le casting est plutôt réussi. Après une prestation peu loquace dans l’excellent Midnight Special de Jeff Nichols, Jaeden Lieberher nous offre un protagoniste digne des Sean Astin et Wil Wheaton d’il y a 30 ans. Il est parfait dans le rôle du chef de gang des losers à la boussole morale infaillible et au petit défaut touchant (il bégaie…).

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Belle prestation pour Jaeden Lieberher

La fille qu’il aime ne s’en sort pas trop mal non plus, tandis que le gosse hypocondriaque est, malgré quelques traits excessifs, hilarant. Le reste convainc moins. On retrouve par exemple dans Richie (Finn Wolfhard de Stranger Things) la version 2017 de Bagou, doublé d’un vilain syndrome de Tourette. Il ne peut s’empêcher de sortir une vanne à connotation sexuelle à la moindre occasion. Dans l’absolu, c’est un trait de l’époque mais là, on a l’impression qu’il ne sert qu’à ça. C’est lourd, rébarbatif et surtout, on a l’impression qu’il est grossier juste pour être grossier. Heureusement, il ne se limite pas à ça et quelques-unes de ses vannes provoqueront de nombreux fous rires. Il représente aussi un personnage emblématique de l’époque : la fidèle grande gueule du groupe. Restent ensuite le copain juif, le noir et le gros qui n’apportent pas grand-chose au film.

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« Eh les gars attendez, j’ai encore un truc sexuel à vous raconter ! »

Ça est bien écrit

J’ignore si le film respecte la version de 1990 mais je regrette ce déséquilibre entre les personnages, sachant que même les trois que je viens de mentionner avaient du potentiel. La performance à retenir reste cependant celle de Bill Skarsgård. Il nous livre un Grippe-Sou effrayant et peut compter sur une mise en scène et un maquillage qui le rendent terrifiant. Le hic, c’est que le propos de Stephen King semble absent du film. Ou plutôt… moins prégnant. Si je ne m’abuse, l’une des lectures de Ça tient de la critique du monde adulte, complètement indifférent aux problèmes des enfants. C’est autour de ce postulat que se construit l’histoire.

Grippe-Sou se nourrit en effet de la peur des enfants, qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour les affronter. Si le sujet en tant que tel est bien abordé par le film, la dimension satirique semble avoir disparu. Ça peut toutefois compter sur un scénario cohérent, qui se suit tant avec plaisir qu’avec effroi, et se construit à un rythme parfaitement maîtrisé. L’alternance entre les scènes d’horreur, la légèreté de l’humour et les aléas du quotidien s’articulent avec grâce autour du propos horrifique du film. En outre, Ça peut s’adresser à un public relativement jeune… ben si, nous aussi on a pu voir l’autre version quand on était gosse, il n’y a donc pas de raison que les mômes d’aujourd’hui soient épargnés ! (On nous laissait regarder n’importe quoi à l’époque, quand même !)

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Donc on a Choco, Bagou, le quota noir, Mickey, la meuf et le gros… bienvenue dans les 80s !

Faut que tu voies Ça !

Sans avoir lu le livre et avec un souvenir sommaire de la mini-série, j’ai passé un excellent (et intense) moment devant Ça. Terrifiant, drôle et bien rythmé, le film réunit les ingrédients qui donnent toute sa saveur à un bon film d’horreur, malgré quelques légers défauts. Le contexte 80s assez bien respecté et la joie de retrouver des enfants face à une quête dramatique plairont aux adultes de cette génération. Mieux encore, cette nouvelle version de Ça pourrait devenir le Chucky ou le Freddy Krueger de cette génération-ci. À savoir un film qui, comme son aîné, traumatisera des gosses pour les décennies à venir… (ça sonnait moins malsain dans ma tête).

S’il y a d’autres amateurs de clowns psychopathes dans la salle, n’hésitez pas à faire part de votre ressenti !

Quant à moi, je vous dis à bientôt sur Sitegeek.fr,

Musa

Bande-annonce

 

A propos Musa

J'aime tout mais je suis difficile. Voilà qui me résume bien. Littérature, cinéma, jeux vidéo, séries, animés, comics, mangas, jeu de rôle papier, etc. Ce qui compte pour moi, c'est de distinguer ce que j'aime de ce qui est bon ou mauvais. Car non Einstein, tout n'est pas relatif !

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3 commentaires

  1. A propos de Richie et sa vulgarité, il faut savoir que le personnage est dépeint de cette manière dans le roman de King, il est donc fidèle à l’oeuvre originale.

  2. salut :) superbe article, tu en as pas parlé pendant ton avis, mais j’ai entendu dire que le film était assez gore avec beaucoup de sang. Qu’il y avais une scène de démembrement,etc… tu confirme ? en tout cas hâte de le voir au cinéma :)

    • En effet, et tu n’es pas la première personne à me poser la question. C’est amusant car le film est effectivement gore mais comme ce n’est pas gratuit, ça ne m’a pas vraiment marqué et je n’ai donc manifestement pas ressenti le besoin d’en parler dans ma critique. Ce qui est assez rare, finalement.

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