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Critique | Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire

Bonjour. Je m’appelle Musa et une fois de plus, je me retrouve confiné dans un bureau, face à l’écran, pour écrire à des inconnus. En temps normal, je serais excité à l’idée de vous parler d’un film, d’un jeu ou d’une série. Mais aujourd’hui, j’ai la lourde tâche de rédiger la critique des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. La critique ne requiert aucun sous-titre, tant le titre de la série résume son esprit sombre et singulier. « Singulier » signifie ici « unique ». Si vous aimez les histoires joyeuses avec des enfants heureux, de grâce, partez avant qu’il ne soit trop tard. Cette histoire n’est pas joyeuse. Et les Orphelins Baudelaire n’ont aucune raison d’être heureux.

Qui sont les Orphelins Baudelaire ?

Vous êtes toujours là ? *Soupir* Très bien mais je vous aurai prévenu. Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire est une série de 13 livres écrits par Daniel Handler sous le pseudonyme de Lemony Snicket. Ce dernier est d’ailleurs le personnage du livre à qui incombe la lourde tâche d’écrire l’histoire de ces pauvres orphelins. Violette Baudelaire, l’aînée de 14 ans, qui attache toujours ses cheveux quand son cerveau tourne à plein régime pour fabriquer une invention extraordinaire. Klaus, le cadet de 12 ans, qui dévore les livres et retient tout ce qu’il lit. Et finalement Prunille, la benjamine encore incapable de marcher et aux dents acérées (« acérées » veut dire « dont la pointe est tranchante »), qui aime mordre tout ce qui est solide et robuste.

Quand on voit ces trois enfants intelligents aux talents uniques, on ne peut que leur souhaiter tout le bonheur du monde. Hélas, le bonheur ne fait plus partie du monde des Orphelins Baudelaire car, précisément, ils perdent leurs parents dès le début de l’aventure. Victimes d’un incendie, ils laissent derrière eux trois enfants qui ne sont pas au bout de leur peine. Cette expression signifie qu’ils vont encore devoir vivre des aventures… désastreuses.

Orphelins Baudelaire
L’histoire des Orphelins Baudelaire n’est pas une histoire joyeuse, vous pouvez encore partir…

Le désastreux film de Jim Carrey ?

Avant la série de Netflix, d’autres braves avaient tenté de porter sur le grand écran Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. Une tentative boudée par la critique. Pourtant, la présence de Jim Carrey dans le rôle du Comte Olaf… ah, c’est vrai, je me rends compte que je ne vous ai pas encore parlé de lui. Le Comte Olaf est un homme machiavélique prêt à tout, même au meurtre, pour mettre la main sur la fortune des Orphelins Baudelaire. Et comme je vous le disais, Jim Carrey incarnait ce rôle à merveille dans le film de 2004. Certes, on pouvait lui reprocher de rendre ce rôle un peu trop comique pour le ton dramatique du film, mais son jeu d’acteur restait formidable.

La série semble plaire davantage, ce qui est surprenant dans la mesure où ce mélange dramatico-comique est toujours présent. D’ailleurs, sans nier à Neil Patrick Harris – le nouveau Comte Olaf – une prestation convaincante, je n’ai pu m’empêcher d’y voir une imitation de Jim Carrey plutôt qu’une représentation plus sombre. J’ai donc nettement préféré la prestation originale d’un acteur qui reste, quoi qu’on en dise, excellent. Quoi qu’il en soit, Harris nous donne tout ce qu’on attend d’un Comte Olaf, c’est-à-dire un acteur raté et purement méchant qui surjoue en se déguisant chaque fois différemment pour maladroitement brouiller les pistes et atteindre les pauvres Orphelins Baudelaire.

Orphelins Baudelaire
Neil Patrick Harris fait un très bon Comte Olaf… mais je préférais Jim Carrey

Du sang neuf (ce qui signifie « de nouvelles personnes »)

Ai-je dit « pauvres » ? *Petit rire forcé et amusé* Peut-être suis-je trop empathique (un mot qui signifie que je me mets à la place des autres pour comprendre ce qu’ils ressentent). En réalité, les Orphelins Baudelaire sont tout sauf pauvres. Je ne parle évidemment pas ici de leur fortune mais de leur force de caractère. Malgré leurs désastreuses aventures, les Orphelins Baudelaire ne baissent jamais les bras. Même confrontés à des adultes qui pensent tout mieux savoir que ces jeunes enfants – quand en réalité, ils se trompent -, les Baudelaire se serrent les coudes pour affronter les situations difficiles.

Il fallait pour cela un trio d’acteurs frais et capable de toucher le public. C’est le cas, du moins à mon humble avis. Violette joue bien la grande soeur protectrice, capable de se sacrifier pour sa fratrie. Klaus a son caractère bien trempé et sa volonté de lutter contre l’adversité (ce qui signifie « l’ensemble des épreuves à surmonter »). Et Prunille n’est jamais loin quand il s’agit de couper une corde pour sauver son frère et sa soeur. Ce trio est accompagné d’un casting convenable, même si aucun-e acteur/actrice ne sort réellement du lot. Aucun, sauf un : Patrick Warburton dans le rôle de Lemony Snicket, l’auteur fictif qui raconte l’histoire. L’acteur incarne parfaitement ce mélange d’histoire pour enfants et de drame surréaliste qui l’entoure.

Orphelins Baudelaire
Patrick Warburton, excellent choix dans le rôle de Lemony Snicket

Un spectateur averti en vaut deux

Je vous ai prévenu dès le début, ceci n’est pas une critique anodine (ce qui signifie « ordinaire, banal »). Tout simplement car Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire n’est pas une série anodine. Le mélange tragicomique, le surjeu encouragé des acteurs, les situations absolument surréalistes du scénario en font une série typée et atypique. Les interruptions récurrentes de Lemony Snicket avec son air sombre et sa manie de définir les mots peuvent perturber. Tout cela aboutit à une série qui – à l’image des livres dont elle s’inspire – heurte nos habitudes de spectateurs aguerris. Ici, la logique n’a pas sa place. Pas plus que la justice ou la victoire du Bien contre le Mal.

C’est en gardant cela à l’esprit qu’il faut regarder la série. Et une fois qu’on la prend pour ce qu’elle est et ce qu’elle fait, on ne peut qu’apprécier les différentes prestations, la lourdeur scénaristique assumée ou encore les quelques excellents rebondissements. Sans compter le mystère qui est toujours maintenu quant aux tenants et aboutissants de l’histoire. En effet, je ne vous l’ai pas dit mais la série de Netflix ne couvre que les 4 premiers tomes des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire.

Orphelins Baudelaire
Une série très spéciale

Les Désastreuses Aventures seront de retour…

Si vous avez lu la critique jusqu’ici, je ne peux qu’admirer votre courage. Je peux aussi affirmer que vous êtes prêts à regarder Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire… à vos risques et périls. Si vous préférez les histoires d’enfants heureux où tout se termine bien, il est encore temps de s’orienter vers une oeuvre plus appropriée. Quant à moi, je reviendrai pour la saison 2 avec plus de surjeu, plus d’inventions, plus de livres, plus dents acérées et surtout plus de désastreuses aventures.

P.S. : Si vous comptez malgré tout regarder la série, je vous prie de la regarder en VO. 

Si vous estimez vos amis et amies aptes à relever le défi, vous pouvez – consciencieusement – partager cette critique.

A bientôt pour de désastreuses aventures,

Musa

Orphelins Baudelaire

Orphelins Baudelaire   Orphelins Baudelaire

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A propos Musa

J'aime tout mais je suis difficile. Voilà qui me résume bien. Littérature, cinéma, jeux vidéo, séries, animés, comics, mangas, jeu de rôle papier, etc. Ce qui compte pour moi, c'est de distinguer ce que j'aime de ce qui est bon ou mauvais. Car non Einstein, tout n'est pas relatif !

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