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Planète des Singes

Critique | La Planète des Singes : Suprématie – Pour finir en beauté…

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À la manière de Jason Bourne, la nouvelle trilogie La Planète des Singes nous livre des titres très évocateurs. Après Les Origines et L’Affrontement, la saga est prête pour Suprématie. Sauf que le sous-titre paraît presque trompeur cette fois-ci, cet épisode se voulant plus intimiste que ses aînés. En revanche, il boucle avec brio l’un des reboots les plus réussis de notre époque.

La Planète des Singes, c’est plus ce que c’était…

La Planète des Singes : Les Origines est sorti en 2011, dans un contexte propice aux reboots et remakes permettant à de grosses compagnies de se remplir les poches grâce à un nom, un « blaze ». La Planète des Singes est une référence culte et avec la popularité grandissante de l’univers geek, il y avait de quoi capitaliser. C’est du moins ce que je croyais en apprenant l’existence d’un remake, qui était en réalité une sorte de reboot-préquelle. Personnellement, j’étais convaincu (comme souvent) qu’il valait mieux laisser le chef-d’oeuvre de 1968 (et ses suites, dont certaines hasardeuses…) là où il était. J’ai malgré tout succombé et j’ai regardé le film de Rupert Wyatt. Une belle surprise, qui a accouché d’une suite, L’Affrontement, aussi réussie en 2014.

Pourquoi cette nouvelle trilogie a-t-elle relevé le défi du reboot là où tant d’autres licences se sont écrasées ? Tout d’abord, la technologie. Exit les costumes (un des seuls aspects positifs de la tentative de Tim Burton en 2000…), bonjour images de synthèse. Enfin, des images mais aussi une performance capture bluffante de réalisme. 20th Century Fox peut d’ailleurs remercier Andy Serkis, le grand maître incontesté du genre qui nous livre dans La Planète des Singes une prestation grandiose en incarnant César. L’autre force de ce reboot, c’est son postulat narratif. Les Origines et L’Affrontement voient défiler deux castings humains, la constante reste donc les singes. C’est leur point de vue qui est valorisé ici et non celui des humains. Une différence notable, dans la mesure où l’attachement du spectateur ainsi que sa perception morale du film changent radicalement.

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César reste la vedette dans La Planète des Singes : Suprématie, merci Andy Serkis

Singes humains et humains sauvages

Ce qui nous amène à Suprématie, où le sort de la planète sera joué. Humains contre singes, qui l’emportera ? Rassurez-vous, je ne spoile pas. J’ai même envie de dire que le terme « guerre » (le titre du film étant War for the Planet of the Apes, en anglais) semble ici galvaudé. Matt Reeves (qui a repris le flambeau de Wyatt avec L’Affrontement) nous livre une ambiance post-apocalyptique pesante, grâce à son utilisation ingénieuse de lieux authentiques. Ce qui se traduit par un univers froid, enclin au désespoir. Mieux encore, il nous propose un regard plus intimiste sur l’avenir des civilisations de la planète. Un regard porté par César – interprété donc par un Andy Serkis toujours au top -, qui s’inquiète, s’énerve, se questionne. Voir le personnage évoluer de la sorte est un vrai plaisir, ça le rend… humain.

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Un César riche en émotions… et très touchant

À l’inverse, les humains semblent nettement plus froids et cruels. Cette distinction paraîtrait presque trop manichéenne, si elle n’était pas nuancée tout au long du film. En effet, la bande-annonce laissait croire que le Colonel, incarné par un Woody Harrelson très convaincant et loin de ses rôles de bouffon (au sens propre), était une sorte d’extrémiste post-nazi simiophobe. Alors ce n’est pas totalement faux mais la réalité du film est plus complexe que ça. À l’image des deux premiers films, La Planète des Singes : Suprématie offre des personnages crédibles, avec des interactions subtiles et poignantes, sans oublier des scènes extrêmement intenses. Et pour alléger le tout, les scénaristes ont cru bon d’ajouter une saine dose d’humour, qui ne sombre jamais dans la vanne facile et s’insère parfaitement dans le reste.

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Woody Harrelson est plus qu’un simple néo-nazi anti-singes dans Suprématie

Belle histoire ou bonne histoire ?

Autre caractéristique que La Planète des Singes : Suprématie partage avec Les Origines et L’Affrontement, c’est son choix de raconter une belle histoire, au détriment d’une bonne histoire. Je m’explique : les deux premiers volets, que j’ai pris soin de revoir avant de regarder Suprématie, enchaînent les problèmes d’écriture. Concrètement, les films alignent les facilités scénaristiques, les incohérences, les explications oiseuses… mais on s’en fout. Vraiment, c’en est presque drôle. Les scénaristes ont tout misé sur les personnages, les relations touchantes et l’intensité de la mise en scène, si bien qu’on est face à une belle histoire, qui en appelle à l’empathie du spectateur. Une histoire qu’on aime suivre et dont on a envie de connaître le dénouement – bien que celui-ci soit assez prévisible.

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Le « casting » de base, tout aussi touchant

Dans La Planète des Singes : Suprématie, cette histoire est portée par César, qui jouit du talent incontestable d’Andy Serkis certes, mais aussi d’une maîtrise de la technologie époustouflante. On oublie très vite qu’on a face à nous des singes, si bien que chaque primate dispose de sa propre personnalité, avec en tête de liste un César majestueux – comme dans les autres films – mais aussi très vulnérable cette fois-ci. Cette beauté – malgré les failles scénaristiques – peut compter sur des thèmes musicaux très à-propos. Et ce, bien que la bande originale soit à l’image du film, c’est-à-dire qu’elle immerge et procure du plaisir mais ne repose pas sur un travail artistique magistral qu’on retiendra dans 20 ans. Enfin, les fans de la première saga apprécieront les clins d’oeil visuel au film de 1968.

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Je ne sais pas pourquoi mais cette image a quelque chose de familier…

Une nouvelle trilogie culte ?

Peu de films parviennent à balayer leurs problèmes d’écriture en misant ailleurs. La Planète des Singes fait partie de ce cercle très fermé. Il parvient même à le faire trois fois d’affilée, un véritable exploit ! J’ai pris beaucoup de plaisir à visionner les deux premiers et j’ai pris tout autant de plaisir à voir Suprématie. J’ignore si cette nouvelle trilogie marquera les esprits au même point que la première saga. Après tout, la beauté d’un film s’estompe car les codes changent et la technologie évolue. Mais si Les Origines et L’Affrontement vous ont plu, je ne vois vraiment pas ce que vous faites encore là à lire ma critique, filez voir Suprématie, vous ne serez pas déçus.

Plus d’infos sur le site officiel du film de La Planète des Singes : Suprématie.

Sur ce, j’ai bien envie de me refaire le film original, donc je vous dis à bientôt sur Sitegeek.fr,

Musa

La guerre des civilisations

Bande-annonce :

Galerie :

A propos Musa

J'aime tout mais je suis difficile. Voilà qui me résume bien. Littérature, cinéma, jeux vidéo, séries, animés, comics, mangas, jeu de rôle papier, etc. Ce qui compte pour moi, c'est de distinguer ce que j'aime de ce qui est bon ou mauvais. Car non Einstein, tout n'est pas relatif !

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2 commentaires

  1. J’ai pour ma part été assez déçu du film. A partir du milieu, ça commence à mixer vachement Rambo et l’exode de Moise.
    La scène du fouet et un cri limite qui pouvait ressembler à un « LIBERE MON PEUPLE » m’ont paru plus parodique que symbolique.
    Surtout la scène de fin avec une représentation qui n’était pas sans rappeler certaines fresques de la Terre Promise…

    César méritait mieux que ça!

    • Comme je le dis dans ma critique, c’est le « défaut » des films : un souci d’écriture global. Mais ça reste si bien filmé, si bien joué qu’on arrive à passer outre et ça, c’est fort. Quant aux scènes où César est maltraité, je les trouve très intenses et touchantes, car l’humanise complètement. Mais j’entends bien la critique, même si je trouve la fin satisfaisante :-)

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