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Monster of the Week

Critique jeu de rôle | Monster of the Week, chassez du monstre

Monster of the Week est un jeu de rôle à l’origine indépendant, réalisé par Michael Sands et édité dans une version revisitée par Evil Hat Producions. Composé d’un livre unique en anglais de 322 pages, Monster of the Week vous transforme en chasseurs de monstres.

Monster of the Week

On décortique Monster of the Week

monster-of-the-week-coverLes 15 premières pages regroupent le sommaire, les remerciements ainsi que les (éventuels) pré-requis. Monster of the Week se paie même une courte préface du concepteur de jeux de rôle Fred Hicks. Quelques conseils aiguillent ensuite le lecteur, selon qu’il souhaite être joueur ou maître du jeu. Enfin, l’auteur rappelle qu’avoir joué à Apocalypse World est un plus, sans être indispensable. La Revised Edition de Monster of the Week contient :

  • The Hunters, un chapitre de 12 pages qui décrit brièvement les différents types et groupes de chasseurs avant de décrire leurs moves, c’est-à-dire les actions qu’ils peuvent entreprendre en jeu ;
  • The Playbooks (64 pages), qui regroupe les archétypes (ou les classes, si vous préférez) des chasseurs, qui font également office de fiches de personnage ;
  • Get Ready for Action (34 pages), qui reprend plus en détails les règles, les combats, les moves, les soins, l’expérience, les aptitudes propres aux playbooks et se termine par un résumé des règles pour les Chasseurs ;
  • The Keeper (21 pages) accompagne le MJ dans la gestion de son rôle, de son univers et de ses parties ;
  • Introductory Myster : Dream Away the Time (13 pages) est un premier contexte que peut utiliser le MJ avec ses joueurs pour se familiariser avec le système ;
  • The First Session (17 pages) détaille les éléments dont doit tenir compte le MJ pour la première partie ;
  • The Basic Hunter Moves (19 pages), qui décrit une nouvelle fois les moves (déjà abordés) mais du point de vue du MJ, avec plus de détails ;
  • On with the Mystery (24 pages) compte de nombreux conseils dédiés au MJ, avec un long exemple de partie afin d’offrir une vision plus concrète du jeu et des combats ;
  • Between Game Sessions (45 pages), deux chapitres qui expliquent comment transformer des parties indépendantes en arcs narratifs (ou en « saisons », pour utiliser un langage propre aux séries dont s’inspire Monster of the Week) et donne des exemples de monstres ;
  • Mystery : Damn Dirty Apes (13 pages) est un second scénario dont peut s’inspirer le MJ ;
  • As the Game Goes On (8 pages) donne quelques conseils de fin sur les différents types de parties ;
  • Customising Your Game (11 pages) livre des trucs et astuces pour que le MJ s’approprie le jeu et crée ses propres concepts, ses façons de jouer, ses propres playbooks, etc.
  • Le livre se termine sur une quinzaine de pages recensant les inspirations du jeu ainsi que l’index.

Univers : quand Buffy rencontre Supernatural

Il n’a pas fallu grand-chose pour m’inciter à jouer à Monster of the Week. En fait, lire « Buffy » sur la couverture a suffi. La Tueuse de vampires m’a accompagné à l’adolescence et reste à ce jour un monument du petit écran. Sans compter que bien des séries n’existeraient pas aujourd’hui sans la tendance lancée par la série de Joss Whedon. Bref, je pourrais écrire un article entier (ou plutôt 5, pour être honnête) donc revenons à nos moutons monstres !

Monster of the Week, comme son nom l’indique, met en scène des chasseurs de monstres inspirés de la culture populaire. Les frères Winchester de Supernatural ainsi que le Scooby-Gang de Buffy Contre les Vampires y passent, forcément. On retrouve également ce soupçon de mystère qui renvoie plutôt à X-Files. Ce sont les références qui ont retenu mon attention mais d’autres couvrent les dernières pages du bouquin. The Vampire Diaries, Dracula, The Thing, Hellboy, Night Watch, Being Human et toute l’oeuvre de H.P. Lovecraft sont autant de sources d’inspiration de Monster of the Week. De quoi imaginer des tonnes d’univers. Légère difficulté pour le MJ : comment pondre un scénario original avec tout ça ? Pas facile, je vous le dis !

Monster of the Week
Comment ne pas tomber sous le charme avec des références pareilles ?

Design et lisibilité : un peu lourd, redondant et désordonné

Quand j’ai appris que Monster of the Week tournait sur le système Apocalypse, je me suis dit « tant mieux, un petit livre en perspective ». Et je me retrouve avec quoi ? 320 pages sur les bras ? On se fout de ma gueule ou quoi ? Plus sérieusement, il ne faut pas s’effrayer devant l’épaisseur (virtuelle) du livre. On peut déjà zapper facilement plus de 100 pages. Il n’est pas indispensable de lire tous les playbooks ou encore les scénarios proposés. En revanche, certaines descriptions – des moves,  notamment – tirent en longueur, si bien qu’on ne finit par lire qu’en diagonale. Dans sa volonté de bien faire, l’auteur livre tant de détails que ça en devient lourd.

Ce qui est plus gênant encore, c’est le côté désordonné de certains passages. Si l’idée de séparer la partie dédiée aux Chasseur et celle du MJ est bonne, on trouve quand même des chapitres venus s’incruster aux endroits les plus insolites. Comme ce scénario d’intro qui s’insère en plein milieu des règles et conseils pour le MJ. Rien de grave, d’autant qu’on s’y retrouve assez vite, mais ça reste gênant malgré tout. Après, c’est mon premier jeu powered by the Apocalypse en tant que MJ donc si je peux le faire, vous aussi ! Dur finalement de juger le design du livre, celui-ci étant au format PDF. Par contre, les illustrations sont magnifiques, avec un trait sobre, net et précis. Les archétypes des personnages sont quant à eux très… typés.

Monster of the Week
Alors lui, c’est la version bouquin de Buffy… et je déconne pas

Système de jeu : des persos colorés, un peu d’impro et le tour est joué

Etant plus habitué des systèmes de jeu classiques, je n’ai testé Apocalypse (en référence au jeu Apocalypse World, qui a conçu ce système) que deux fois. En tant que joueur, de surcroît. Je me souviens avoir apprécié le concept. Cela dit, j’avais déjà relevé un risque inhérent au système. Si les joueurs ou le MJ manquent d’inspiration et/ou sont incapables d’improviser, on risque l’impasse. En effet, il n’y a pas de scénario scripté dans Monster of the Week. Au lieu de ça, le MJ développe un univers, un contexte et un monstre. Il pense aux PNJ, aux lieux, et au cours des événements tels qu’ils auraient eu lieu sans l’intervention des joueurs. Au MJ ensuite d’exploiter tout ce matériau brut de manière opportune.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas bien le système, voici comment ça marche : chaque action qui sort de l’ordinaire requiert un jet de 2D6, auquel on ajoute certains modificateurs sur la fiche du personnage. Si le joueur obtient 10 ou plus, c’est une réussite (dont les effets diffèrent selon l’action). Par exemple, en essayant de manipuler une personne, le joueur peut lui donner 3 ordres. Entre 7 et 9, c’est une réussite partielle. Pour reprendre le même exemple, le joueur ne peut donner qu’un ordre et encourt un risque que doit définir le MJ. Avec 6 ou moins, c’est un échec. Le petit twist, c’est qu’un échec confère un point d’expérience (quelle belle leçon de sagesse, n’est-ce pas ?). Finalement, le joueur ne peut pas se contenter de jeter les dés, il doit aussi décrire ses actions, le système reposant presque entièrement sur le roleplay.

L’autre force de Monster of the Week – et plus particulièrement de la manière dont il exploite son système -, c’est la création de personnages. Les archétypes semblent à première vue balisés mais donnent en réalité du grain à moudre à un joueur qui ne manque pas d’imagination. En l’occurrence, dans notre partie, nous avions un/e chasseur/se transgenre, une chasseuse de 7 ans et un monstre converti en chasseur. Being Human peut aller se rhabiller !

Monster of the Week
La synthèse des règles tient sur un recto-verso comme ça, c’est pas génial ?

Et quand on joue ? On s’éclate mais faut viser le long terme

En bon fan de Buffy Contre les Vampires, j’étais très excité à l’idée de lancer une partie. Bon, j’aurais peut-être préféré y jouer plutôt que de mener mais qu’importe. Je craignais en revanche de ne pas maîtriser le système Apocalypse, y étant peu familier. Eh bien aucun problème ! La partie s’est très bien passée, ce qui trahit une nouvelle fois l’accessibilité du système Apocalypse. J’ai bien préparé ma fiche de contexte avant la partie, avec les intervenants, rebondissements, antagonistes, etc. J’ai ensuite laissé les joueurs choisir leur archétype et imaginer leur background ainsi que la dynamique du groupe. On a ensuite pu commencer à jouer et j’ai eu la chance d’avoir de bons improvisateurs à ma table. Quelques jets foireux et autres situations cocasses ont donné lieu à de chouettes fous rires.

En matière de roleplayMonster of the Week incite vraiment le joueur à se tricoter un personnage typé. Cela rend les interactions entre joueurs plus intéressantes. Quant au système, le seul joueur autour de la table qui n’avait jamais fait d’Apocalypse a avoué qu’il n’avait jamais aussi bien interprété une petite fille de 7 ans (je ne sais pas trop comment on doit le prendre mais passons…). En gros, ce premier essai m’a assuré d’une chose : Monster of the Week dispose d’un potentiel énorme. Il permet de raconter des histoires drôles, stimulantes et originales, pour peu que le MJ et les joueurs soient capables de rebondir sur les choix des uns et des autres. Le seul bémol, c’est que Monster of the Week n’est pas conçu pour un one-shot. Au contraire, le système encourage sérieusement à envisager une campagne (ou une saison), où des « épisodes » a fortiori indépendants se rejoignent pour que les joueurs affrontent le Grand Mal qui pèse sur leur monde. Donc si vous comptez vous lancer, optez pour une campagne.

Conclusion : Monster of the Week, le jeu de rôle que tout fan de Buffy doit avoir

L‘excitation du fan de Buffy (forever !) s’est transformé en extase après une partie de Monster of the Week. Je craignais un jeu qui émule maladroitement les concepts des séries de mon adolescence mais il n’en est rien. L’auteur a vraiment saisi l’intérêt de ces univers pour en transposer les prémisses dans son jeu. Du coup, on se retrouve avec un jeu de rôle léger, facile à prendre en main (tant pour le MJ que les joueurs) et un concept qui tient parfaitement la route. Je ne peux donc que le conseiller aux amateurs du genre, en insistant bien sur l’improvisation, l’absence de rigidité et la vision à long terme mises en avant par le jeu.

Comme d’hab’, je vous quitte pour aller bouquiner de nouvelles règles et je reviens vers vous bientôt pour une nouvelle critique !

A bientôt sur Sitegeek,

Musa

Monster of the Week est un jeu de rôle à l'origine indépendant, réalisé par Michael Sands et édité dans une version revisitée par Evil Hat Producions. Composé d'un livre unique en anglais de 322 pages, Monster of the Week vous transforme en chasseurs de monstres. Les 15…

Verdict

Univers
Design et lisibilité
Système
Et quand on joue ?

Léger, intuitif mais un peu lourd et chaotique à lire, Monster of the Week est le jeu de rôle que doit posséder tout fan de Buffy, Vampire Diaries, X-Files, Supernatural et tutti quanti.

A propos Musa

J'aime tout mais je suis difficile. Voilà qui me résume bien. Littérature, cinéma, jeux vidéo, séries, animés, comics, mangas, jeu de rôle papier, etc. Ce qui compte pour moi, c'est de distinguer ce que j'aime de ce qui est bon ou mauvais. Car non Einstein, tout n'est pas relatif !

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