Allergique aux mouvements de foule, je m’étais dit “c’est pas possible, Valérian et la Cité des mille planètes ne peut pas être si mauvais”… Eh bien pour une fois, la foule avait raison, mais il faut le voir pour y croire !

Luc Besson, la passion en dents de scie

J’aime bien Luc Besson. Pour une raison qui m’échappe, je trouve le personnage sympathique. Peut-être est-ce l’impression de le voir submergé d’une passion qu’il souhaite partager avec la Terre entière. C’est pourquoi, au fond de moi, je souhaite qu’il réalise de bons films. Et ce n’est pas toujours le cas, hélas. Même ses grands succès internationaux tels que Léon ou Le Cinquième Élément ont leur lot de défauts – qui nous dérangeaient moins quand on était gosse. La constante que je perçois entre ses films, c’est un équilibre fragile entre sa volonté de partager sa passion et une certaine maladresse cinématographique. Avec Valérian et la Cité des mille planètes, cet équilibre a foutu le camp et nous laisse face à une daube monumentale… même pour un gosse.

Valérian

J’aurais tellement voulu que Valérian soit bon

Casting “carastrophique” !

Quand j’ai lu la déferlante anti-Valérian sur les réseaux sociaux, je n’y ai pas cru. Je me suis dit qu’un critique zélé avait dû clouer le film au pilori et qu’une partie de la masse l’avait suivi. Après tout, c’est ce qui est arrivé avec le succès de Wonder Woman. Puis je suis allé voir Valérian et la Cité des mille planètes, et le pire, c’est que le film n’était même pas pénible. Il était insipide, ennuyeux, malgré son tapage visuel. La faute avant tout à un très mauvais casting. On est loin du Dane Dehaan de Chronicle et plus proche de The Amazing Spider-Man 2, avec une plus piètre prestation ici (fallait le faire !). Valérian est fade et sans personnalité. Ce qui bloque d’entrée de jeu toute empathie ou identification au héros dont le film porte le nom. Dur.

Valérian

“Et là, on fait quoi ?” / “On se regarde avec un mélange de dégoût et de désir… ça fait cool.”

Quant à Cara Delevingne, je la préférais dans Suicide Squad (en parlant de daube…). Pas parce qu’elle y jouait bien (au contraire, son rôle se limitait à un déhanché ridicule en fin de film) mais parce qu’elle parlait moins. L’agent Laureline agace plus que Valérian et je peine à comprendre la reconversion du mannequin en actrice. Rihanna, qui reste à l’écran à peine quelques minutes de plus que dans le trailer, a un rôle purement anecdotique. Contrairement à Clive Owen, dont le rôle plus essentiel à l’histoire. Mais pour éviter les jaloux, sachez que leurs deux personnages sont caricaturaux et leurs interprétations déplorables. Ne parlons même pas d’Ethan Hawke, qui a laissé le film l’enfoncer dans ce marasme dégoulinant de médiocrité. Pas un-e seul-e acteur/actrice pour sauver le soldat Valérian.

Valérian

– “Et maintenant ?” / – “On se lance un drôle de regard… ça fait cool aussi.”

Film cherche stagiaire pour scénario

 

Si même le meilleur des scénarios aura du mal à se relever face à un casting défectueux, Valérian et la Cité des mille planètes n’essaie même pas. Je ne sais par où commencer. Prenons les personnages principaux, qui multiplient les incohérences. Un coup, Laureline est une intello qui aime les règles, la seconde d’après elle devient la jolie blonde espiègle. Ou alors elle troque sa casquette de demoiselle en détresse pour devenir une soldate badass… avant de crier le nom de Valérian pour qu’il la sauve alors qu’il n’est même pas là ! Et quand Valérian n’est pas un charmeur impétueux faisant fi du protocole, il devient un soldat qui obéit aveuglément. Allô ? Qui a écrit ce truc ?!

Et le pire, c’est que quoi qu’il arrive, on s’en tape royalement. Les personnages et l’histoire sont tellement inintéressants qu’on se contente juste de relever les erreurs d’écriture. J’ai rarement été si insensible face à ce qui pouvait arriver à des personnages auxquels nous sommes supposés nous attacher. Idem pour le scénario, qui gère mal le partage d’informations. Les deux premières minutes retracent ainsi 700 ans d’histoire inutile (Star Wars se contente d’un “Il y a très longtemps, dans une galaxie lointaine”). D’autres scènes nous livrent des informations liées au monde mais on sent que celles-ci sont destinées au spectateur et non aux personnages. Un comble, sachant que le spectateur ne se sent absolument pas investi dans le film.

Valérian

Mais c’est quoi, ce film, bon sang ?!

 

Valérian et la Cité des mille effets

 

Histoire de terminer sur une note positive, parlons des effets spéciaux. Comme avec Le Cinquième Élément en son temps, Luc Besson nous sert une explosion d’effets qui flattent la rétine. Il faut reconnaître au réalisateur un certain savoir-faire dans la gestion des effets spéciaux à l’écran. C’est très coloré, ça bouge dans tous les sens et les images de synthèse – qui n’ont pas le souci du réalisme, un choix totalement assumé – donnent vie à l’univers. Certaines séquences donnent même l’impression de regarder un jeu vidéo, sans que ça ne gêne particulièrement – et ça, c’est un exploit.

Alpha, la Cité des mille planètes, s’avère un peu pauvre face à la promesse d’une ville intergalactique aussi riche et imposante. Les intérieurs, inspirés de la science-fiction la plus classique, manquent cruellement d’originalité, tandis que la technologie – en dehors de quelques idées intéressantes – ne propose rien de transcendant. Mais visuellement, Valérian et la Cité des mille planètes se regarde sans broncher, et même avec un certain plaisir. Pas de quoi sauver le film, cela dit.

Valérian

Visuellement, ça explose la rétine

Bon pour les enfants ?

Je suis déçu. C’est le mot. D’autant que je n’aime pas taper sur le film d’un réalisateur que je crois sincèrement passionné et investi. Face au bashing du film, je pensais franchement que celui-ci ne pouvait pas être si mauvais. Sans compter que Valérian est un film qui a le mérite de proposer un contexte original dans cette industrie du cinéma uniformisée. Une autre constante – positive, pour le coup – chez Luc Besson. Malheureusement, on est loin du Cinquième Élément, qui n’est peut-être pas un film culte mais que j’ai adoré, étant gosse.

Peut-être est-ce aux enfants que s’adresse Valérian et la Cité des mille planètes. Et je pense sincèrement que le film peut leur plaire (enfin, la scène de pole dance de Rihanna… pas top pour des gosses, quand même), même s’il y a clairement mieux sur le marché. En tout cas, pour l’adulte critique que je suis devenu, Valérian est une déception, un film lambda qui ne marquera pas les esprits, et c’est vraiment dommage.

Plus d’infos sur le site officiel du film de Valérian et la Cité des mille planètes.

J’invite tout de même à voir le film pour se forger un avis. Et si vous l’avez vu, n’hésitez pas à nous faire part de vos avis en commentaires !

En attendant, je vous dis à bientôt sur Sitegeek.fr,

Musa

Qui a écrit ce truc ?!

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