C’est la nouvelle série méga-geek du moment. Mr Robot, l’histoire d’un hacker associal en guerre contre la World company. Subversif et jouissif.

Attention, série addictive ! Mr Robot, c’est la nouvelle bombe d’Usa Network, le producteur à qui l’on doit Modern Family, Esprits Criminels ou NCIS. Mais ici, on change radicalement de monde. On sort des standards mainstream qui font les succès d’Hollywood. La série du presque inconnu Sam Esmail évolue dans un univers cyberpunk où l’on se surprend à se sentir à l’aise.

Mr Robot, la série qui te donne envie de hacker ton voisin.

Dans Mr Robot, on n’est pas là pour rigoler…

Yin et Yang

Se plonger dans Mr Robot, c’est comme ouvrir une bonne BD. On a du mal à s’arrêter ! Le pitch : Elliot (Rami Malek, vu dans Need For Speed, et Oldboy, c’est aussi la voix US de Halo 2, et le vampire égyptien de Twilight 5), génie du web, maître du hacking massif, mène une double vie. D’un côté, il est employé dans une boîte de sécurité informatique, au service des grosses entreprises. De l’autre, cet homme complexe, dépressif et totalement largué par le monde actuel, rêve de faire tomber ces mêmes entreprises. Le Yin et le Yang du hacker, quoi.

Faut-il être gentil ou méchant ? Elliot a des doutes...

Entre bien et mal, Elliot semble un peu paumé…

Elliot, l’anti-héros

Dès le pilote, on se rend compte de la supercherie. Non, cette série ne se résume pas à l’histoire trop simple de la bande de pirates VS les méchantes entreprises. Non. Mr Robot, c’est avant tout la plongée dans un esprit torturé. Elliot, qui vit seul, n’a (presque) pas d’amis, c’est l’archétype du anti-héros. Le genre à pirater le compte Facebook des personnes qu’il croise dans la rue ou au boulot, pour connaître leurs vices. Une enflure ? Pas vraiment. Un mec qui souffre, assurément. Mais en suivant de près ses doutes, sa difficulté à affronter un monde qui va trop vite, on découvre vite un personnage hyper attachant. Elliot, c’est un peu nous, quand on se sent dépassé par le système. Enfin… en version XXL !

Pas toujours très en forme, le petit Elliot.

Pas toujours très en forme, le petit Elliot.

La méchante : Evil Corp, la big company Badass

La série nous parle, car c’est diablement réaliste. Dans le monde d’Elliot, copie conforme de la société moderne, une grosse entreprise domine tout. Son nom résume la caricature : Evil Corp. L’empire du mal. Une sorte de pieuvre économique ultra puissante qui regrouperait Facebook, Apple, Google, un énorme labo pharmaceutique et une banque mondiale. Bref, le mélange entre ce qui fait rêver les geeks, et ce qu’ils adorent détester. Surtout qu’Evil Corp porte bien son nom : elle étouffe les gens sous les dettes, n’a aucun respect pour la vie privée, et cumule des milliards sur le dos des plus pauvres. Bref, on l’a compris, dans Mr Robot, c’est la méchante, même si l’univers croit avoir besoin d’elle.

Evil Corp : le méga conglomérat de la mort qui tue.

Evil Corp : ce logo vous dit quelque chose ? Normal…

Schizophrénique

Et le paradoxe, c’est qu’Elliott est coincé entre ses deux vies. Comment concilier un boulot où il doit protéger la pieuvre, et des nuits à la combattre, au sein d’une mystérieuse “Fsociety” menée par un étrange quinqua beatnik (campé par un Christian Slater subjuguant). Schizophrénique ? Vous croyez pas si bien dire. Parce qu’au fil des épisodes, sur le divan d’une psy aux allures d’Oracle, Elliott ne dit rien. Mais pense. Et le réalisateur est sympa : il nous fait lire dans ses pensées. Soyons honnête : dans sa tête, c’est le gros bordel !

Même la plus jolie des femmes devient venin dans Mr Robot.

Il semblerait que dans cette série, tout le monde a un regard un peu malsain…

Réalisme, image, musique : du gros level

Là où la série fait fort, c’est qu’elle nous retourne le cerveau à nous aussi. La critique brutale contre le monde de la publicité, le rêve marketing artificiel, est étonnament incisive pour une série d’un network US. On se prend à rêver à l’anarchie, à être impatient de découvrir ce qui se passe quand tout se casse la gueule. Pas de spoil, mais sachez juste que rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît, et que les reversements de scénarios sont dignes des meilleurs films de M. Night Shyamalan (6e Sens).

Mr Robot plaira aux vrais fans d’informatique : ici, les lignes de codes sont respectées, et même glorifiées. On sent que la série joue dans l’authentique. Mais Mr Robot plaira aussi aux cinéphiles. L’image est sombre, profonde, subtile. Entre Matrix et Inception. Chaque plan, léché jusqu’au sublime, contribue à l’intensité dramatique. Et l’ambiance musicale, entre rock indé et longues nappes hypnotiques, accompagne la plongée irrémédiable dans l’abîme.

Chaque plan de Mr Robot semble une petite oeuvre d'art.

Quel plaisir, une série accordant une vraie importance à la beauté de l’image !

Un seul regret : 10 épisodes, pour une saison 1, c’est bien trop court. Comment survivre avant la saison 2… Un conseil : revoir le tout une seconde fois. Quand on comprend l’envers du décor… C’est encore mieux !

Et vous, que pensez-vous de Mr Robot ? Est-ce la série de l’année ?

Gwenaël Cadoret