On a tous connu ce moment de solitude. Vous savez, celui où vous venez de monter une configuration de guerre, vous êtes fier de vos composants, et là… c’est le drame. Il faut brancher les câbles. Le gros 24 broches qui fait une courbe disgracieuse, les câbles d’alimentation du GPU qui traversent le boîtier comme des lianes dans la jungle, et je ne parle même pas des petits connecteurs pour les ventilateurs. J’ai toujours détesté le “cable management”. C’est long, c’est chiant, et le résultat est rarement parfait.
C’est pour ça que j’ai craqué. J’ai récemment fait l’acquisition d’une GeForce RTX 5070 Ti (oui, la bête est là) et, pour l’accompagner, j’ai décidé de tout miser sur l’écosystème ASUS BTF (Back-To-the-Future). La promesse ? Un PC “zéro câble” visible. Est-ce que c’est de la magie noire ou une vraie révolution ? J’ai tout monté via un pote (Merci Renaud), j’ai tout testé, et voici mon verdict.
Qu’est-ce que le concept ASUS BTF exactement ?
Avant de vous parler de mon montage, il faut comprendre ce que ASUS essaie de faire ici. BTF, pour Back-To-the-Future, n’est pas juste un nom marketing pour vendre des DeLorean. C’est un nouveau standard de construction PC qui vise une esthétique minimaliste absolue.
L’idée est radicale mais simple : déplacer toute la connectique à l’arrière de la carte mère.
Concrètement, sur ma nouvelle carte mère compatible, vous ne trouverez aucun port sur la face avant (celle visible à travers la vitre). Le connecteur 24 broches ATX, les prises CPU 8 broches, les headers pour les ventilateurs, les ports SATA et même les USB… tout est soudé au dos du PCB.
Cela implique deux choses immédiates que j’ai pu constater au déballage :
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La face avant de la carte mère est d’une propreté clinique, presque perturbante.
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Il faut impérativement un boîtier compatible (avec les découpes au bon endroit du plateau) pour laisser passer ces connecteurs vers l’arrière.
Montage et installation : La fin de la galère des câbles ?
On a donc installé ma carte mère BTF dans un boîtier compatible (un ROG Hyperion adapté, car oui, il faut de la place derrière). La première chose qui frappe, c’est la facilité d’accès.
D’habitude, on s’écorche les doigts pour aller brancher le petit connecteur CPU en haut à gauche du boîtier, coincé entre le radiateur du watercooling et le ventilateur arrière. Ici ? Rien de tout ça. On a tourné le boîtier, et tout branché confortablement à l’arrière. C’est un confort de montage que je n’avais jamais expérimenté.
Le flux d’air s’en ressent immédiatement. Sans gros câbles pour bloquer le passage, l’air circule librement depuis la façade jusqu’à l’extraction arrière. C’est logique, c’est physique, et pour le refroidissement de composants haut de gamme, c’est un atout indéniable.
Cependant, attention à la gestion de l’espace arrière. Comme tous les câbles sont “cachés” derrière, il faut un boîtier avec une profondeur suffisante au dos de la carte mère. Il faut alors un peu tasser les câbles pour fermer le panneau latéral droit, car si le côté vitre est immaculé, l’envers du décor reste un nid de vipères si on ne s’applique pas un minimum.
La RTX 5070 Ti et le slot GC-HPWR : La vraie révolution
C’est là que le système BTF prend tout son sens. Si c’était juste pour cacher le 24 broches, ça serait sympa, mais sans plus. Non, la vraie star, c’est la gestion de la carte graphique.
J’ai inséré ma RTX 5070 Ti. D’habitude, c’est le moment où je commence à suer en sortant l’adaptateur 12VHPWR, en priant pour bien l’enclencher et en essayant de ne pas trop le plier pour éviter la surchauffe.
Avec le système BTF, il faut juste… clipsé la carte. C’est tout.
La carte mère dispose d’un slot propriétaire haute puissance situé juste derrière le port PCIe x16, appelé GC-HPWR. Ce connecteur délivre jusqu’à 600W directement à la carte graphique via la carte mère.
Résultat ? Aucun câble ne sort de la carte graphique. Elle semble littéralement flotter dans le boîtier.
Visuellement, c’est bluffant. On a l’impression qu’il manque quelque chose, mais dans le bon sens du terme. Pour le nettoyage, c’est aussi un bonheur : pas de câbles qui prennent la poussière ou qui gênent le passage d’un coup de chiffon.
Avis sur l’écosystème ASUS BTF : Faut-il craquer ?
Après avoir monté cette config et passé quelques heures à admirer ma 5070 Ti tourner sans la moindre verrue de câble, mon avis est partagé mais penche vers l’enthousiasme.
D’un côté, l’esthétique est imbattable. Si vous êtes maniaque comme moi, c’est le Saint Graal. Le montage est simplifié pour la partie visible, et l’airflow est optimisé. C’est propre, “net et sans bavure”.
De l’autre, il faut parler des contraintes. On est sur un système propriétaire (ou du moins très spécifique). Si demain je veux changer de boîtier, je dois en trouver un compatible BTF. Si je veux changer de carte mère, je dois m’assurer qu’elle gère ma carte graphique BTF, ou alors je perds l’avantage du sans-fil. On se sent un peu « verrouillé » dans l’écosystème ASUS pour le moment, même si d’autres constructeurs comme MSI (avec le Project Zero) s’y mettent.
Est-ce que je recommande le BTF ?
Si vous montez un nouveau PC de zéro et que vous avez le budget pour une RTX 5070 Ti et les composants qui vont avec : OUI. L’effet “wow” est garanti et le confort d’usage est réel. C’est probablement l’avenir du PC DIY haut de gamme.
Mais si vous aimez bidouiller, changer de boîtier tous les six mois ou mélanger les marques… restez sur du classique pour l’instant. Le “sans fil”, ça se paie au prix fort de la flexibilité.
Et vous, prêt à passer au zéro câble ou vous aimez trop voir vos gaines tressées RGB ?











