On ne va pas se mentir, l’année 2025 a été riche en contenus, parfois jusqu’à l’indigestion. Entre les suites de franchises à n’en plus finir et les séries “fast-food” aussitôt bingées, aussitôt oubliées, on commençait à désespérer de trouver une œuvre qui nous scotche vraiment au canapé. Et puis, sans prévenir, Pluribus a débarqué sur Apple TV+.
Sur le papier, c’était déjà gagné d’avance : le retour du patron, Vince Gilligan, l’esprit torturé et génial derrière Breaking Bad et Better Call Saul. Mais on le sait, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. J’ai donc lancé le premier épisode avec un mélange d’excitation et de peur. Résultat ? C’est la super bonne surprise de cette fin d’année (et probablement de l’année prochaine aussi). Si tu cherches une série qui respecte ton intelligence et te décolle la rétine, ne cherche plus. Voici pourquoi Pluribus est une masterclass.
Vince Gilligan : Le maître du “Slow Burn” frappe encore
On aurait pu croire qu’après avoir conclu l’arc de Saul Goodman, Gilligan allait se reposer sur ses lauriers ou nous servir une recette réchauffée. Que nenni. Avec Pluribus, il nous prouve une fois de plus qu’il est probablement le meilleur showrunner en activité.
L’histoire ? Sans vous spoiler (ce serait criminel), disons que la série nous plonge dans un univers où les certitudes s’effritent minute après minute. On retrouve cette patte unique : des personnages d’une complexité folle, des dialogues ciselés au millimètre et cette capacité à créer une tension insoutenable avec trois fois rien. Là où d’autres séries misent tout sur l’action frénétique pour masquer un scénario vide, Gilligan prend le pari inverse. Il pose ses pions, doucement, sûrement. Et quand le piège se referme, tu réalises que tu étais captif depuis la première scène.
Une réalisation qui humilie la concurrence
C’est peut-être ce qui m’a le plus marqué dès les premières minutes : c’est beau. Mais genre, vraiment beau. Chaque plan semble avoir été pensé comme un tableau. On est loin, très loin, de la réalisation plate et standardisée qu’on retrouve sur 80% des productions actuelles.
La gestion de la lumière, le cadrage, les textures… Pluribus fait la part belle au cinéma dans ce qu’il a de plus noble. On sent que chaque seconde a été travaillée. Regarder ça sur un bon écran OLED, c’est redécouvrir pourquoi on a investi dans du matériel high-tech. Il y a une intention artistique derrière chaque mouvement de caméra. C’est contemplatif, certes, mais jamais gratuit. L’image raconte autant l’histoire que les dialogues, et ça, c’est la marque des très grands.
Accepter de s’ennuyer (pour mieux kiffer)
Je vois déjà venir les critiques sur les réseaux sociaux : “C’est lent”, “Il ne se passe rien”. Et vous savez quoi ? C’est exactement ça qui fait du bien. Oui, la progression peut sembler fastidieuse pour ceux qui ont été biberonnés aux vidéos TikTok de 15 secondes. Mais Pluribus est une œuvre qui exige de la patience.
C’est une série qui nous fait gamberger. Elle nous laisse le temps d’analyser les situations, de douter des motivations des personnages, et nous emmène très loin de nos certitudes. C’est un luxe rare aujourd’hui de voir une œuvre prendre son temps pour construire son récit. On ne nous prend pas par la main, on ne nous explique pas tout avec des flashbacks lourdingues. Difficile d’imaginer la direction que va prendre ce show dans les prochains épisodes, mais une chose est sûre : cette lenteur est hypnotique. On ne regarde pas Pluribus, on l’habite.
Apple TV+ : Le nouveau roi du streaming pour cinéphiles ?
Avec cette sortie, il faut se poser la question sérieusement : est-ce qu’Apple TV+ n’est pas devenue, en toute discrétion, la plateforme numéro 1 pour les vrais amateurs de cinéma et de séries ?
Alors que Netflix continue de miser sur le volume et les algorithmes, la marque à la pomme semble avoir pris le créneau laissé vacant par HBO. Severance, Silo, For All Mankind et maintenant Pluribus… Le catalogue est peut-être moins fourni, mais le taux de déchet est incroyablement bas. Apple signe ici une série de malade de plus, confirmant une ligne éditoriale basée sur la qualité plutôt que la quantité. Pour les geeks cinéphiles que nous sommes, c’est devenu l’abonnement indispensable.
Faut-il regarder Pluribus ?
La réponse est un grand OUI, en gras et souligné. C’est une expérience exigeante, visuellement somptueuse et scénaristiquement brillante. Vince Gilligan ne s’est pas moqué de nous. On termine chaque épisode avec cette frustration délicieuse et cette envie irrépressible de connaître la suite. Si tu aimes la télévision qui te prend pour un adulte et qui ose prendre des risques, fonce. C’est assurément la claque de 2025.





