Bungie signe son grand retour en 2026 avec Marathon. Et à l’heure où tout le monde s’affronte sur Arc Raiders et Hunt Showdown, il était assez logique que le studio se tourne vers l’extraction shooter pour ressusciter leur licence vieille de 30 ans. Autant dire que les attentes des joueurs étaient énormes, et les comparaisons avec la concurrence inévitables. Après quelques dizaines d’heures passées sur Tau Ceti IV, je suis dès lors en mesure de vous donner mes premières impressions. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que Marathon ne m’a pas laissé indifférent.
Marathon : Tau Ceti IV, un terrain de jeu envoûtant
Avant toutes choses, j’aimerais préciser que j’ai décidé de rédiger cet article avant l’arrivée de la zone endgame Cryo Archive, qui constitue le contenu final du jeu. Voyez donc ça plus comme une preview qu’un test. Ceci étant dit, ce qui frappe immédiatement dans Marathon, c’est son identité visuelle absolument unique du jeu. Car là où Arc Raiders misait sur un style post-apocalyptique assez familier, Bungie a opté pour quelque chose de radicalement différent : des contrastes saisissants, des lignes graphiques prononcées, une esthétique cyberpunk qui rappelle davantage WipEout ou Mirror’s Edge qu’un shooter militaire classique. Mais Marathon, ce n’est pas qu’un exercice de style. C’est avant tout un extraction shooter, et sur ce point, Bungie livre exactement ce qu’on attendait : un gunplay de haute volée. Chaque arme a son propre caractère, son propre feeling, et les combats sont rapides, précis et incroyablement satisfaisants.
À ça s’ajoute le système de Runner Shells, qui est la signature de Marathon face à la concurrence. Choisir son Shell, c’est un peu comme choisir son personnage dans un hero shooter : chacun dispose de ses capacités et de ses statistiques. Le Destroyer fonce dans le tas avec ses boucliers et son lance-roquettes, l’Assassin (mon préféré) disparaît dans un nuage de fumée pour frapper dans le dos, et le Triage déploie des drones de soin pour maintenir son équipe en vie. Combiné à un système de Cores et d’Implants qui permet de personnaliser encore davantage chaque build, la profondeur stratégique est bien réelle et les compositions d’équipe ont vraiment de l’importance. Les maps, au nombre de trois au lancement, participent elles aussi à l’expérience. Perimeter constitue une excellente porte d’entrée, Dire Marsh plonge dans un marécage dense à la visibilité réduite, et Outpost est à ce stade ma zone préférée. Les environnements sont variés, bien construits, et ils incitent à la fois à l’exploration et à la prudence. En bref le tout est franchement maîtrisé.
Un jeu qui se mérite… peut-être trop
Soyons honnêtes : les premières heures de Marathon sont dures et il faut bien reconnaître qu’on ne comprend pas toujours ce qu’on fait, ni pourquoi. L’onboarding est quasi inexistant, et on est lâché sur Tau Ceti IV avec très peu d’explications. Si vous n’avez jamais touché à un extraction shooter, attendez-vous à en chier. Ce problème est aggravé par ce qui est sans doute le gros point noir du jeu en l’état : l’interface. L’UI de Marathon est, pour parler franchement, un désastre. Dans un genre où la gestion d’inventaire est une composante centrale, c’est une vraie problème. C’est d’autant plus frustrant que le reste du jeu est si bien réalisé. J’espère que Bungie est à l’écoute des joueurs et qu’ils sortiront un patch correctif rapidement. La progression est en revanche une vraie bonne idée, car plutôt que de monter des niveaux de façon classique, Marathon demande de compléter des contrats pour six factions différentes. Dans la pratique, ça permet de bénéficier d’upgrades permanentes, un vault élargi et d’accéder à de meilleures pièces d’équipement. C’est une approche plus organique et plus narrative que ce que propose Arc Raiders, et elle donne un vrai sens à chaque run. Mais là encore, le jeu n’explique pas clairement en quoi ça consiste, et il faut souvent aller chercher l’information soi-même.
Marathon avis provisoire
Marathon est un jeu qui tient ses promesses les plus importantes : les gun fights sont exceptionnels, l’univers est fascinant, et la boucle de gameplay devient rapidement addictive. Mais il faut être honnête : trois maps et six Shells, c’est certes une base solide, mais on sent pourtant que quelque chose manque pour vraiment passer au niveau supérieur. L’UI a besoin d’un sérieux coup de ménage, l’onboarding mériterait d’être revu de fond en comble, et la durabilité du contenu reste une vraie question. Heureusement c’est précisément là qu’intervient Cryo Archive, la zone endgame qui promet une expérience radicalement différente, un vrai raid en orbite au-dessus de Tau Ceti IV avec des mécaniques de sécurité à déjouer et un boss final que j’ai hâte de découvrir. Ceci dit, il faut quand même garder à l’esprit que si Arc Raiders est l’extraction shooter qui vous accueille à bras ouverts dès la première heure, Marathon est celui qui vous demande de lui faire confiance avant de vous montrer ce qu’il a vraiment dans le ventre. Est-ce que cette confiance est méritée ? Sur la base de ce que j’ai vu pour l’instant, je suis tenté de dire oui, mais j’aimerais d’abord voir Cryo Archive avant de me prononcer définitivement. Rendez-vous donc très prochainement pour découvrir tout ça, car Tau Ceti IV ne nous a pas encore livré tous ses secrets…






