Vous entendez ce bruit ? Ce “clac-clac” rythmé du lecteur de disquette qui gratte pendant le chargement ? Si vous avez grandi dans les années 80 et 90, ce son est probablement gravé dans votre ADN, juste à côté du logo “Guru Meditation”. L’Amiga n’était pas juste un ordinateur, c’était une révolution multimédia. Mais aujourd’hui, récupérer un Amiga 1200 d’occasion coûte un bras (et nécessite souvent de jouer du fer à souder pour changer les condensateurs). Heureusement, il existe une solution magique, moderne et terriblement sexy : Pimiga 5. Laissez moi vous faire découvrir cette distribution qui transforme un simple Raspberry Pi en monstre de puissance rétro, et croyez-moi, la nostalgie frappe fort.
Pimiga 5 : Quand le Raspberry Pi 400 se prend pour un Amiga 4000
Soyons clairs tout de suite : Pimiga n’est pas un simple émulateur que vous lancez timidement depuis un bureau Linux moche. C’est une distribution complète, “clé en main”, conçue par le passionné Chris Edwards. (chaine youtube)L’idée est simple mais brillante : offrir l’expérience d’un Amiga ultra-boosté (imaginez un Amiga 4000 sous stéroïdes) sur un matériel moderne et abordable.
La version 5, sortie tout récemment, pousse le bouchon encore plus loin. Elle est compatible avec le Raspberry Pi 4, le puissant Raspberry Pi 5, mais c’est sur le Raspberry Pi 400 que la magie opère le mieux. Pourquoi ? Parce que le Pi 400 est un ordinateur intégré dans un clavier, tout comme l’étaient nos chers Amiga 500 et 1200 à l’époque. Visuellement, l’illusion est parfaite.
Une fois la carte SD insérée (prévoyez du lourd, au moins 64 Go, voire 128 Go car l’image est massive), le système démarre en quelques secondes sur un Workbench modernisé (Scalos). On ne se retrouve pas devant un écran bleu vide, mais face à un bureau magnifique, rempli d’icônes, de docks animés et de fonds d’écran en haute résolution. C’est l’Amiga tel qu’on le rêvait en 1995, mais avec la puissance de calcul d’aujourd’hui. On parle d’une puissance équivalente à un processeur 68060 tournant à des vitesses folles, capable de lire des vidéos, de surfer sur le web (oui, vraiment) et surtout de lancer n’importe quel jeu instantanément.
Une ludothèque qui sent bon les années 90
C’est là que Pimiga 5 fait très mal (dans le bon sens du terme). L’image disque est pré-remplie avec WHDLoad, ce système génial qui permet d’installer les jeux sur disque dur pour ne plus jamais avoir à jongler avec les disquettes.
Dès que j’ai lancé la bête, j’ai pris une claque de nostalgie en revisitant les titres qui ont forgé ma culture geek :
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Shadow of the Beast (1989) : Je l’ai lancé juste pour la musique et ce scrolling différentiel qui nous décrochait la mâchoire à l’époque. Sur Pimiga, c’est fluide, les couleurs éclatent, et on réalise à quel point la direction artistique était en avance sur son temps.
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The Secret of Monkey Island (1990) : Quel bonheur de retrouver Guybrush Threepwood. Le clic de la souris est réactif, l’humour de LucasArts est intact. C’est toujours aussi drôle plus de 30 ans après.
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Speedball 2 : Brutal Deluxe (1990) : “Ice Cream ! Ice Cream !”. Si vous n’avez pas entendu cette voix digitalisée en lisant ces mots, vous avez raté votre enfance. Le jeu est ultra-rapide sur le Pi, un vrai défouloir futuriste.
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Turrican II (1991) : Probablement l’un des meilleurs Run ‘n Gun de l’histoire. La bande-son de Chris Huelsbeck rend incroyablement bien via la sortie HDMI du Raspberry.
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Sensible World of Soccer (1994) : Oubliez FIFA. La vue de dessus, les petits bonshommes de quelques pixels et cette jouabilité diabolique… J’y ai passé deux heures sans m’en rendre compte.
Pimiga classe tout ça proprement. Vous avez même des sections pour les “Demoscene” (ces prouesses de programmation), les magazines d’époque numérisés et des milliers de “Mods” (fichiers musicaux) prêts à être écoutés.
Installation et légalité : Ce qu’il faut savoir
Attention, petit moment de sérieux. Pimiga 5 est une merveille, mais elle ne fonctionne pas “out of the box” sans un petit effort de votre part, et c’est une question de légalité. Le système d’exploitation de l’Amiga (le Kickstart) est toujours sous copyright.
L’image de Pimiga que vous téléchargez est donc “vide” de ces fichiers système (les ROMs). Au premier démarrage, l’écran restera noir si vous ne lui donnez pas à manger. Vous devez posséder légalement ces fichiers (par exemple via le pack Amiga Forever de Cloanto, qui coûte une poignée d’euros et vous met en règle). Une fois vos fichiers Kickstart copiés dans la partition dédiée de la carte SD, le système s’initialise et configure tout automatiquement.
C’est la grande force de cette version 5 : la facilité. Là où configurer un émulateur WinUAE sur PC peut prendre des heures pour obtenir un résultat propre, Pimiga fait le sale boulot pour vous. Les résolutions d’écran, les pilotes graphiques, la gestion des manettes USB… tout est pré-calibré. J’ai branché une manette style 8BitDo, et elle a été reconnue immédiatement pour jouer à Turrican.
Avis Pimiga 5 sur Raspberry Pi
Pimiga 5 est, sans l’ombre d’un doute, la meilleure expérience Amiga moderne accessible au grand public aujourd’hui. Pour le prix d’un Raspberry Pi 400 et d’une carte SD, vous transformez un coin de bureau en musée vivant du jeu vidéo.
C’est beau, c’est rapide, et l’interface Workbench “pimpée” est un régal à explorer même si on ne lance aucun jeu. On sent l’amour du développeur pour la machine de Commodore à chaque pixel. Si vous avez un Raspberry Pi qui traîne dans un tiroir, vous n’avez aucune excuse. C’est le moment de retourner affronter LeChuck ou de marquer des buts en pixel art.
Et vous, c’était quoi votre jeu culte sur Amiga qui vous ferait craquer pour cette installation ?



