Alors que les géants du cloud américains et chinois dominent outrageusement le marché, un acteur suisse continue de tracer sa route avec une insolente réussite. Infomaniak, l’hébergeur qui monte, vient d’annoncer une profonde restructuration de sa gouvernance. L’objectif ? Blindage stratégique et accélération industrielle pour prouver qu’un modèle indépendant et local peut non seulement survivre, mais surtout s’imposer face aux GAFAM.
Un modèle d’indépendance unique dans la tech européenne
Ce qui frappe d’emblée chez Infomaniak, ce n’est pas seulement sa croissance technique, mais son modèle d’actionnariat. Contrairement à de nombreuses pépites de la tech qui finissent par céder aux sirènes des fonds de pension ou des mastodontes du secteur, le capital d’Infomaniak est détenu à 100 % par ses propres collaborateurs (actuellement 10 % d’entre eux). Cette structure garantit une liberté totale dans les choix technologiques et industriels, sans pression de dividendes immédiats ou d’influences extérieures.
C’est cette indépendance qui permet aujourd’hui au groupe de revendiquer un chiffre d’affaires de 56 millions de francs suisses en 2025, affichant une progression fulgurante de 50 % en seulement trois ans. Pour soutenir cette dynamique, l’entreprise prévoit d’injecter 200 millions de francs dans ses infrastructures de centres de données et dans le développement de ses capacités en intelligence artificielle souveraine. Un signal fort envoyé au marché : la Suisse compte bien rester un pôle d’excellence pour le cloud européen.
Une gouvernance musclée pour un passage à l’échelle
Pour passer de “l’hébergeur de passionnés” à un “opérateur d’infrastructures critiques”, Infomaniak a compris qu’il fallait muscler son Conseil d’administration. Historiquement resserrée autour de son fondateur Boris Siegenthaler et de Frank Guemara, la gouvernance accueille désormais deux pointures du secteur public et de la tech. Ce renforcement marque une étape clé pour accompagner le triplement des effectifs de l’entreprise, passés de 105 collaborateurs en 2019 à plus de 316 début 2026.
L’arrivée de Patricia Solioz Mathys en tant que Vice-Présidente apporte une expertise précieuse dans la gestion de grandes infrastructures complexes et le dialogue avec le secteur institutionnel. À ses côtés, l’intégration de Paul Such est un véritable “coup de maître” pour la crédibilité sécuritaire du groupe. Pionnier de la cybersécurité en Suisse et fondateur de SCRT, Paul Such renforce la dimension “cyber” d’Infomaniak à une époque où la souveraineté des données est devenue un enjeu géopolitique majeur.
L’IA et le Cloud souverain comme fers de lance
L’ambition d’Infomaniak ne s’arrête pas aux frontières helvétiques. La croissance est portée par l’ensemble des marchés européens, avec des bonds spectaculaires en Allemagne (+69 %), en Italie (+59 %) et une progression solide en France et en Belgique (+19 %). Cette expansion repose sur une promesse simple mais radicale : offrir des services cloud et des solutions collaboratives (IA, stockage, mail) qui n’ont rien à envier aux leaders mondiaux en termes de performances, tout en garantissant une protection totale de la vie privée.
En maîtrisant ses compétences de bout en bout et en investissant massivement dans la R&D, l’entreprise se positionne comme l’alternative crédible aux hyperscalers extra-européens. Le message de Boris Siegenthaler est clair : construire une infrastructure numérique européenne qui soit à la fois souveraine, indépendante et durable. Pour les utilisateurs, c’est l’assurance d’un service qui respecte les engagements écologiques et légaux locaux, loin de l’opacité de certains concurrents outre-Atlantique.
Conclusion : Un futur sous le signe de la maîtrise locale
Infomaniak prouve qu’il est possible de concilier croissance industrielle et éthique technologique. En structurant sa gouvernance pour anticiper les défis de demain, le groupe suisse se donne les moyens de ses ambitions. Entre investissements massifs dans l’IA et sécurisation maximale des données, Infomaniak s’impose comme un rempart essentiel pour ceux qui refusent de mettre tous leurs œufs dans le même panier américain.
Et vous, seriez-vous prêts à basculer l’intégralité de vos services cloud vers une solution 100 % européenne et indépendante ? On attend vos avis dans les commentaires !



