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Star Wars Les Derniers Jedi

Critique | Les Derniers Jedi – Le Star Wars de la rupture

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Si Le Réveil de la Force n’avait pas convaincu tout le monde, Star Wars : Les Derniers Jedi risque de diviser les fans plus que jamais. Moi, j’ai adoré…

Que penser de cette postlogie… ou suilogie ?

Disclaimer : je suis un inconditionnel de la saga, il est donc possible que mon esprit critique flanche par moments. Par exemple, contrairement à beaucoup de spectateurs, j’ai beaucoup aimé Le Réveil de la Force, malgré son quasi-plagiat. En fait, j’avais tellement peur d’être déçu ou que l’esprit Star Wars soit dénaturé que la surprise fut ô combien agréable. Quelle joie en effet de renouer avec cet univers si riche et auquel les fans ont tant contribué. C’est donc avec trépidation – mais toujours un peu de réticence – que j’attendais Les Derniers Jedi. Je le digère encore mais, s’il n’est pas exempt de défauts et s’il fera jaser bien des padawans, j’en sors très satisfait.

Autre préambule, essentiel pour comprendre ma critique. En 1977, l’épisode IV avait suscité son lot d’incompréhensions, avant de devenir le phénomène de la pop culture que nous connaissons. Ce n’est qu’en prenant la trilogie dans son ensemble que nous pouvons apprécier le propos de George Lucas ainsi que les prémices de sa saga épique. Cette précision est importante car les détracteurs de Les Derniers Jedi y imputeront des défauts qui n’en seront qu’en fonction de l’épisode IX. Du coup, chaque fois que je soulèverai un défaut-qui-n’en-est-pas-vraiment-un-car-la-trilogie-n’est-pas-terminée, j’écrirai “Ouais mais trilogie !“. Vous voilà prévenus ! Et que la Force… quoi ? Non ? Too much ?

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Le conflit intérieur chez certains fans… Aimer ou détester Les Derniers Jedi ?

Une Force pas si binaire

Les Derniers Jedi marque une rupture. Tant scénaristique qu’esthétique (j’y reviendrai). Il reste un Star Wars à part entière mais il se démarque à bien des égards des autres épisodes. À commencer par la nuance très subtile qu’a tenté d’y inclure Rian Johnson. Les “bons” et les “méchants” existent toujours, certes, mais à ce schéma typique de la saga s’ajoute un brin de complexité. Cette complexité qu’on attendait de la prélogie, qui n’est jamais parvenue à la retranscrire habilement. Les Derniers Jedi ose aborder les similitudes entre le Premier Ordre (= l’Empire) et la Résistance (= les Rebelles). Il explore également la sacralité (ou non) des Jedi, la mystique de la Force en osant remettre en question un ordre que l’on croyait fondamentalement bon.

Le film va même jusqu’à de transcender ces questions et propose, à plusieurs reprises, de revoir l’univers sous un autre regard. Malheureusement, on sent l’impact Disney qui ne laisse finalement que peu d’espace à ces questions, pour revenir à un schéma plus traditionnel. Ou alors s’agit-il d’un manque d’ambition du scénariste, qui aurait clairement pu pousser le bouchon. Le scénario reste globalement très satisfaisant et malgré ses sursauts de nuance, Les Derniers Jedi plaira au grand public ainsi qu’à une partie des fans. D’autres risquent de basculer du côté… quoi ? non ? Toujours pas de jeu de mots facile ? OK.

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Bon OK, là on sait quand même qui est le gentil et qui est la méchante…

Là où il y a de la lumière…

Mais bon ne veut pas dire parfait et le scénario traîne tout de même quelques boulets. Tout d’abord le souci du contexte, hérité de l’épisode VII. Dès le texte défilant, on se rappelle à quel point on ne sait rien sur l’état du monde. Le Premier Ordre, qu’on aurait pu suspecter d’être un groupe renégat moyennement important, règne en réalité sur la galaxie. Comment ? Quand ? L’Alliance n’avait-elle pas gagné dans Le Retour du Jedi ? Que s’est-il passé ? Que Le Réveil de la Force fasse l’impasse dessus, pourquoi pas ? Rester deux épisodes sans réponses, c’est tout de suite moins compréhensible (oui mais trilogie !).

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On a tout de même quelques réponses hein, rassurez-vous !

S’il se paie un rythme effréné, Star Wars : Les Derniers Jedi compte sur une tonne de rebondissements inattendus pour tenir le spectateur en haleine. Un pari risqué car il ne s’agit pas de simples revirements secondaires mais bien d’éléments qui bouleversent la trame. Et pas seulement de l’épisode tant ils redistribuent les cartes de l’univers Star Wars. Le problème, c’est que ces tournures dramatiques ne prennent pas encore toutes sens (oui mais trilogie !), même si elles annoncent des perspectives très intéressantes pour la fin. Mais encore une fois, ces choix narratifs déstabiliseront et diviseront, Reddit risque de surchauffer cette semaine ! Pour ma part, je suis conquis et j’ai hâte de voir la suite (en espérant vivement ne pas être déçu).

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Alors ça, je l’avais pas vu venir…

Trop de Stars tue Star Wars ?

Dans l’ensemble, Star Wars : Les Derniers Jedi peut compter sur un bon casting et d’excellents personnages. De base, du moins. Malgré une présentation parfaitement ficelée dans Le Réveil de la Force, le trio de tête s’avère plus irrégulier ici. Poe, notre pilote à la tête brûlée, a toujours droit à son heure de gloire dans son X-Wing et prend une part active à la trame. Rey s’avère un peu plus en retrait, malgré quelques moments intenses, et n’offre toujours pas de réponses satisfaisantes quant à son lien avec la Force. Finn, quant à lui, ne sert pas à grand-chose, si ce n’est à inclure un message anti-militariste qui aurait bien pu se casser la figure sans cette petite dose de nuance injectée au scénario (ouf !). Quant à BB-8, il reste la mascotte du film (contrairement aux Porgs, inutiles et présents uniquement pour vendre des peluches) !

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Vite BB-8 ! À mon X-Wing !

Les vétérans, eux, en jettent ! La Générale Leia nous offre, par le biais de la regrettée Carrie Fisher, une prestation digne de son grade. On sent que le personnage a gagné en sagesse et en maturité, malgré une détermination ternie par le temps. Mais c’est son fils, Kylo Ren, qui sera le personnage le plus fascinant ou le plus haï de ce volet, selon les avis. Il contribue grandement aux bouleversements scénaristiques de la saga mais à la fin du film, on ne sait toujours pas trop quoi en faire (oui mais trilogie !). Je ne consacrerai en outre qu’une phrase à Rose, un nouveau personnage qui démarrait bien, avant de s’enfoncer dans un marasme indigeste de niaiserie. Etle meilleur pour la fin : Luke Skywalker. Après une absence terriblement frustrante, le plus puissant des Jedi – titré amplement mérité – revient en “Force” (celle-là, elle est bien, non ?).

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Adieu, Princesse…

La blague de trop ?

Si Star Wars : Les Derniers Jedi peut dans l’ensemble compter sur une belle brochette de personnages, c’est grâce à la prestation des acteurs et actrices. Une prestation qui oscille entre le drame et l’humour, un trait propre à la saga et légèrement suralimenté dans cet épisode. On frôle en effet l’écoeurement à quelques reprises, la petite blague de trop parfaitement incarnée par un C-3PO qu’on interrompt en général et qui parvient, ici, à terminer son intervention… Heureusement, ces excès d’humour sont trop peu fréquents pour gâcher le film.

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Quoi ? Je peux terminer ma phrase ? Vraiment ? #Consécration

La Guerre des Étoiles, c’est plus ce que c’était…

J’ai toujours beaucoup de mal avec les changements de réalisateur entre plusieurs épisodes. Ce qui n’a pas empêché Irvin Kershner de nous livrer un excellent épisode V en 1980. Mais à l’époque, il y avait un certain George Lucas derrière la caméra pour chapeauter le tout. Aujourd’hui, le passage de J.J. Abrams à Rian Johnson marque des différences notables dans la réalisation. Ça reste du Star Wars mais le film se permet tout de même quelques libertés qui pourraient interpeller. Star Wars s’est toujours distingué par son univers propre qui, malgré ses analogies au nôtre, a créé sa propre identité. Or, Les Derniers Jedi renvoie par exemple bien trop à notre monde lors d’une assez longue séquence, nous sortant brutalement du rêve pour une scène presque James Bond-esque. Sans compter que cette séquence semble inutile (oui mais trilogie !).

Quant à l’esthétique, Rian John manie bien la caméra et peut remercier son directeur de la photographie pour quelques plans magnifiques. J’ignore si c’est uniquement le fan en moi mais j’ai ressenti des frissons à plusieurs reprises, ce qui ne m’arrive pas souvent au cinéma. Les Derniers Jedi emprunte quelques pirouettes de mise en scène à plusieurs genres avec une certaine justesse. Je pense notamment aux affrontements assez variés et pourtant tous divertissants, malgré un goût de trop peu en ce qui me concerne.

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C’est Luke ! C’est Luke ! C’est Luke !

Les Derniers Jedi, tu l’aimes ou tu le quittes !

Difficile de rester concis en abordant l’un des films les plus attendus de l’année. Aussi je me contenterai de rappeler la chose suivante : Star Wars est, contrairement à bien des oeuvres, un univers vivant, presque organique. Comme une éponge, il s’est construit bon gré, mal gré en assimilant l’investissement des fans. Non pas qu’ils aient influé sur l’oeuvre mais ils se sont tellement investis dans cette saga et ses produits dérivés qu’il est littéralement impossible de satisfaire tout le monde. Peut-être Rian Johnson l’a-t-il compris et a décidé d’assumer son parti pris. Un choix qui ne s’épargne pas quelques défauts objectifs mais qui va surtout marquer une rupture. On aura ceux qui adorent comme moi et ceux qui laisseront tomber cette nouvelle trilogie. Reste à espérer que l’épisode IX livre une fin à la hauteur des promesses de cet épisode.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à faire un tour sur le site officiel de Star Wars : Les Derniers Jedi.

J’aimerais beaucoup vous en dire plus mais pour éviter de spoiler, toutes les discussions concernant le film même se dérouleront en commentaires. À vos claviers !

À bientôt sur Sitegeek.fr,

Musa

Bande-annonce

 

A propos Musa

J'aime tout mais je suis difficile. Voilà qui me résume bien. Littérature, cinéma, jeux vidéo, séries, animés, comics, mangas, jeu de rôle papier, etc. Ce qui compte pour moi, c'est de distinguer ce que j'aime de ce qui est bon ou mauvais. Car non Einstein, tout n'est pas relatif !

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