Resident Evil Requiem est le neuvième épisode principal d’une saga qui a littéralement inventé le survival horror. Disponible sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2, ce nouvel opus débarque avec une très grande ambition : parvenir à réconcilier les fans de la première heure avec les nouveaux venus, tout en faisant cohabiter horreur pure et action débridée dans un seul et même jeu.
Resident Evil Requiem : le meilleur des deux mondes
Ce qui frappe d’entrée de jeu dans Resident Evil Requiem, c’est l’intelligence avec laquelle Capcom parvient à jongler avec deux personnages. D’un côté, on retrouve Grace Ashcroft, nouvelle protagoniste et analyste du FBI, dont les séquences s’inscrivent clairement dans la lignée de RE7 et RE8. Tout y est : vue à la première personne, inventaire limité, ressources rares et séquences de fuite qui font monter la pression à des niveaux rarement atteints dans la série. De l’autre, Leon S. Kennedy qui fait son grand retour après des années d’absence dans la saga principale, avec un gameplay bourré d’action à la troisième personne qui rappelle immédiatement le légendaire RE4. Là où c’est fort, c’est que les deux styles se complètent à merveille et permettent au titre de séduire autant les fans de la première heure que ceux qui ont découvert la licence sur le tard. À noter que Capcom a eu la bonne idée de permettre de switcher librement entre vue FPS et TPS avec les deux personnages, une feature appréciable même si je vous conseille franchement de jouer le jeu tel qu’il a été pensé par les développeurs : Grace à la première personne et Leon à la troisième.
En ce qui concerne l’aventure, soulignons qu’elle est aussi découpée en deux parties : l’exploration d’un manoir et le retour à Raccoon City, ce qui constitue un véritable cadeau pour les fans de la trilogie originale. On sent que Capcom a voulu faire de cet épisode une célébration de son héritage, et sur ce point, le contrat est rempli. De plus, j’apprécie particulièrement retrouver le stress procuré par la gestion de l’inventaire limité et les mécanismes de craft basés sur la collecte de sang apportent une touche moderne à une mécanique qui était pourtant déjà bien huilée. Capcom joue par ailleurs la carte du fan service dans la seconde moitié du jeu et ça fonctionne, même si on peut légitimement se demander si la licence n’aurait pas pu prendre davantage de risques pour ses 30 ans. Car si Resident Evil Requiem excelle dans ce qu’il fait, il ne réinvente rien et ses mécanismes de progression peuvent parfois sembler un peu désuets. La progression est majoritairement linéaire, même si la section Raccoon City offre davantage de liberté d’exploration avec ses nombreux secrets bien cachés. Les antagonistes manquent également d’originalité et de profondeur, et les puzzles ne cassent pas trois pattes à un canard. Mais bon, on ne va pas se mentir, si on est là c’est bel et bien pour se faire peur, et de ce côté là le jeu fait largement le travail !
Une claque technique et un scénario en dents de scie
Parlons technique, car c’est là que Resident Evil Requiem impressionne le plus. Le RE Engine continue de faire des merveilles : les animations sont bluffantes, les textures somptueuses, le framerate irréprochable. J’ai personnellement joué sur une configuration PC plutôt moyenne et j’ai été impressionné par les performances du jeu, ce qui en dit long sur l’optimisation du moteur de Capcom. Les amateurs d’horreur seront également servis côté gore : c’est sanglant, éclaboussant, viscéral, et ça participe pleinement à l’atmosphère oppressante du titre. Mention spéciale également pour la stabilité du jeu à son lancement, sorti sans bug notable, ce qui est malheureusement devenu suffisamment rare pour mériter d’être souligné. Malheureusement, n’ayant pas eu l’occasion de tester le jeu sur Switch 2, je ne suis pas en mesure de vous conseiller de privilégier ce support. Côté scénario, Resident Evil Requiem propose un bon mélange entre blockbuster et film d’horreur, avec un rythme bien soutenu malgré une progression majoritairement linéaire. La première moitié est vraiment solide et tient en haleine, mais la narration s’essouffle un peu en seconde partie, où le récit devient plus brouillon et où l’on sent que le jeu ne sait plus très bien où il veut aller. Rien de dramatique, mais on reste un peu sur sa faim après un début vraiment très impressionnant.
Avis Resident Evil Requiem
Avec Resident Evil Requiem, Capcom réussit le tour de force de réconcilier deux visions longtemps opposées de la franchise en un seul jeu cohérent et techniquement irréprochable. Les fans de la première heure vont adorer le retour aux sources et le fan service assumé, et les nouveaux venus trouveront une porte d’entrée idéale dans le monde d’Umbrella Corporation. Cela dit, il vaut quand même mieux être un habitué de la licence pour saisir toutes les références à 100% et profiter pleinement de l’expérience. Ajoutons à cela que j’aurais aimé que Capcom, qui est en position de force, ose davantage plutôt que de compiler le meilleur de son catalogue, même si il faut bien reconnaître que c’est fait d’une façon vraiment très intelligente. En bref, Requiem est un grand Resident Evil, mais il lui manque peut-être un petit quelque chose pour entrer dans la légende. Dommage, car tout était réuni pour y parvenir. Une chose est sûre cependant : de nouvelles bases sont solidement posées et si Capcom ose enfin sortir un peu de sa zone de confort, le dixième épisode de la saga pourrait bien s’avérer magistral. Affaire à suivre…






