Certaines licences se retrouvent avec plaisir comme un vieux train électrique ressortie du grenier et Transport Fever 3 en fait partie. Surtout que cette fois, Urban Games relance son simulateur de transport avec la promesse d’un épisode plus vaste, plus profond et plus vivant. J’ai donc posé mes premiers rails avec un vrai sourire de gosse, reste à voir si le train arrivera à l’heure en gare.
Transport Fever 3 est l’épisode le plus complet de la série, avec une vraie campagne historique, une gestion centrée sur la prospérité des villes et un catalogue de plus de 275 véhicules. Seule ombre au tableau, une optimisation PC très inégale qui contraste avec une version PS5 jugée stable.
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Caractéristiques de Transport Fever 3
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Développeur | Urban Games |
| Genre | Gestion, tycoon de transport |
| Date de sortie | 29 septembre 2026 |
| Plateformes | PC (Steam, Epic Games Store, GOG), Mac, Linux, PS5, Xbox |
| Modes de jeu | Campagne, tycoon, bac à sable |
| Campagne | 8 missions historiques doublées (anglais, allemand) |
| Véhicules | Plus de 275 modèles |
| Environnements | 4, dont un biome subarctique |
| Période couverte | De 1900 au futur proche |
| Outils | Éditeur de cartes, mods multiplateformes |
| Éditions | Standard, Deluxe, Collector |
Un moteur maison qui soigne les détails
La première chose à savoir est que Transport Fever 3 tourne avec le moteur maison de Urban Games et ce choix est bien plus stratégique qu’il n’y paraît. Et pour cause, il permet une sortie simultanée sur PC, PS5 et Xbox, alors que son prédécesseur avait fait patienter les joueurs console pendant plusieurs années. Cerise sur le wagon : les mods sont multiplateformes dès le lancement, consoles comprises.
À l’écran, le jeu est franchement chatoyant et plutôt détaillé. De près, les bâtiments et l’éclairage font très bonne impression et on peut même apercevoir des personnages faire leurs vies au détour d’une rue ou l’autre. Le cycle jour/nuit, réclamé quant à lui par la communauté depuis des lustres, débarque enfin et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça en jette. Voir un réseau de lignes s’allumer à la tombée de la nuit, c’est le genre de petit plaisir qui justifie à lui seul quelques heures de contemplation.
Signalons aussi que le terrain de jeu s’élargit avec quatre environnements, dont un biome subarctique inédit, des industries offshore, des hélicoptères et des trams de fret. Une vue à la première personne permet même de monter à bord des trains. Ce qui plaira à n’en point douter aux enfants fans de petits trains qui sommeillent dans la plupart d’entre nous.
Transport Fever 3 : gestion, campagne et optimisation
La boucle de base de Transport Fever 3 ne change pas : relier industries et villes, regarder ces dernières grandir, et garder une entreprise rentable alors que l’entretien de la flotte coute de plus en plus d’argent. La vraie nouveauté, c’est que le profit devient un moyen et non plus une fin. L’objectif consiste désormais à faire prospérer les villes, en jonglant avec le bonheur des habitants, la demande en marchandises, la circulation, la pollution et le bruit. Pour la première fois dans la série, le jeu vient flirter avec Sim City, à la différence que le joueur contrôle aussi chaque étape de la chaîne logistique.
La campagne quant à elle marque enfin une rupture. Les anciennes missions n’étaient guère que des tutoriels déguisés, alors que Transport Fever 3 aligne huit missions doublées, librement inspirées de l’Histoire : le Mardi Gras de La Nouvelle-Orléans en 1906, Woodstock en 1969, le pétrole norvégien en 1971 ou un projet spatial japonais en 2033. Gérer l’afflux de hippies vers un festival, il fallait y penser. Andrew, puis sa petite-fille Andrea, servent de fil rouge, sans former un véritable récit, mais ça reste plus sympa qu’un simple enchainement de missions.
Mais la vraie durée de vie du jeu se joue en mode tycoon, où l’on peut engloutir des centaines d’heures, épaulé par un bac à sable sans contrainte économique et un éditeur de cartes. Par contre, les vétérans regretteront la disparition de la période 1850-1899, puisqu’on démarre désormais en 1900.
Reste la technique, gros point noir sur PC. Et pour cause, le jeu sollicite lourdement le processeur, et j’ai pu constater quelques saccades sur ma config qui n’a pourtant pas l’habitude de faiblir. À savoir que c’est surtout en vue dézoomée que le jeu souffre le plus, ce qui n’aide pas à construire ses routes. Ajoutons à ça quelques chutes de framerate et je suis arrivé à croire qu’il aurait peut-être été préférable que je teste le jeu sur PS5 qui a l’air beaucoup plus stable. Ceci dit, j’ai quand même entendu dire que sur ces versions, l’interface devenait vite pénible à la manette, mais c’est un reproche que l’on fait souvent aux titre de ce genre sur consoles.
Face à la concurrence : l’ombre de Transport Tycoon
Impossible de parler du genre sans évoquer Transport Tycoon, sorti en 1994 sous la plume de Chris Sawyer et édité par MicroProse. Vue isométrique, pixels à gogo, mais déjà cette obsession de relier une mine à une centrale et de regarder défiler les wagons. Transport Fever 3 garde cet ADN intact, avec ses industries à desservir et ses villes qui grandissent au rythme des connexions. Petite ironie au passage, le classique tournait sans broncher sur le PC familial qu’on avait à la maison, alors que son descendant fait transpirer ma RTX 5070 à grosses goutes. Bref pour retrouver l’esprit d’origine sans craquer pour une machine de guerre, il reste toujours OpenTTD, le remake gratuit de Transport Tycoon Deluxe de 1995.
Transport Fever 2 a lui aussi ses arguments, à commencer par les années 1850. Son successeur l’éclipse pourtant sur le contenu, la campagne et la profondeur de gestion, même s’il s’agit en réalité d’une évolution qui me parait on ne peut plus logique.
Avis Transport Fever 3
Inutile de passer par quatre chemin, Transport Fever 3 est franchement sympa. Chatoyant, détaillé, plein de vie et plus complet que ses prédécesseurs, il offre des heures et des heures de jeu à qui aime voir une bourgade devenir métropole grâce à une ligne de tram bien pensée. La campagne apporte enfin un vrai liant, et la gestion gagne en profondeur. Sur PC, une petite prudence s’impose malgré tout tant que l’optimisation ne sera pas améliorée, d’autant plus que les avis joueurs sur Metacritic se montrent bien plus sévères que la presse. Et vous, vous êtes plutôt fidèles aux rails de Transport Tycoon ou vous êtes prêts à vous jeter corps et âme dans ce nouvel épisode ?






