On a tous connu ce moment de solitude. Ce moment précis, dans un RPG aux mécaniques denses, où l’on reste planté dix minutes devant un menu d’équipement, les yeux plissés, à essayer de comprendre si ce “+3% de pénétration d’armure” vaut mieux que le “+15 de Force brute”. Généralement, ça finit mal : on équipe le truc qui brille le plus, on part au combat, et on se fait laver par le premier boss venu.
C’est exactement ce qui m’est arrivé sur Expedition 33. Bloqué, frustré, prêt à rage-quit. Sauf que cette fois, au lieu d’aller pleurer sur un Wiki obsolète bourré de pubs, j’ai dégainé mon smartphone. J’ai pris mon écran en photo et j’ai demandé à l’IA de faire le tri. Résultat ? Ce n’est plus de la triche, c’est du coaching de haut vol. Retour sur une expérience qui a changé ma vision du jeu vidéo.
L’impasse du niveau 16 : quand le “bourrinage” ne passe plus
Tout allait bien jusqu’au niveau 16. J’avançais dans l’histoire, confiant, distribuant mes points de statistiques comme je le fais depuis 20 ans dans n’importe quel jeu de rôle : de la Force, encore de la Force, et un peu de Force pour le dessert. Et puis, je me suis heurté au Lampmaster (le Maître des Lampes).
Ce boss a été un véritable mur. Mes attaques lui faisaient l’effet d’une piqûre de moustique, et lui renvoyait mon équipe au tapis en deux tours. J’avais beau essayer de changer de tactique, rien ne passait. C’est là que j’ai ouvert mon prompt : “Je suis bloqué, mes dégâts sont ridicules, aide-moi à comprendre mes persos”.
L’IA n’a pas juste recraché une soluce. Elle a agi comme un theorycrafter personnel. Elle a immédiatement pointé du doigt mon erreur fondamentale : le Scaling. J’avais totalement ignoré les petites lettres (S, A, B) à côté de mes armes. Je jouais mon personnage principal avec de la Force alors que son arme scaliait sur… la Vitalité. En gros, plus il avait de PV, plus il tapait fort. Une mécanique contre-intuitive pour mon cerveau de guerrier basique, mais logique pour l’IA.
Analyse d’images : l’IA fait du ménage dans l’inventaire
C’est ici que l’expérience est devenue bluffante. J’avais compris la théorie, mais la mise en pratique était un enfer. Mon inventaire débordait de “Pictos” (les mods d’équipement), d’armes et d’accessoires. J’avais la flemme de tout lire.
J’ai donc fait des captures d’écran de mes menus et je les ai envoyées à l’IA. En quelques secondes, elle a analysé chaque ligne de texte. Elle a immédiatement repéré une aberration : j’avais équipé un Picto “Stagger” sur Maelle, alors que son build ne profitait absolument pas de cette stat. “Enlève ça, c’est une place perdue”, m’a-t-elle dit (en substance).
Elle a ensuite optimisé mes synergies pour créer la Boucle de Feu :
• Lune et Maelle utilisent Rain of Fire pour appliquer la “Brûlure”.
• Gustave utilise ensuite From Fire.
Pourquoi ? Parce que From Fire permet non seulement de taper, mais de se soigner automatiquement grâce à la brûlure des ennemis. J’ai transformé mon attaquant en tank auto-guérisseur. J’ai senti la différence dès le combat suivant : le Lampmaster est tombé.
Quand le jeu bouscule vos habitudes : scanner pour s’adapter
Le test ultime de ce “compagnon IA” est arrivé plus tard dans l’aventure. Sans entrer dans les détails de l’histoire, le jeu impose parfois des changements radicaux dans la composition de l’équipe, vous obligeant à jouer avec des configurations ou des personnages que vous n’avez pas forcément optimisés.
Face à ce remaniement imposé, je me suis retrouvé avec un inventaire en vrac et une stratégie à revoir de zéro pour un autre membre de l’équipe. J’ai recommencé le processus : capture d’écran de mon inventaire mis à jour. Et là, l’IA a fait fort.
Elle a déniché une pépite que j’avais totalement zappée au fond de mon sac : un Picto “At Death’s Door” de niveau 8. Je ne savais même pas que je l’avais looté. L’IA a vu ce que mes yeux fatigués avaient raté. Elle m’a guidé pour adapter la stratégie “Sac à PV” sur ce nouveau profil, en combinant ce Picto avec l’équipement Lanceram. Elle a transformé une contrainte scénaristique pénible en une simple formalité, optimisant mes 6 slots de compétences comme un joueur pro jouant à Tetris (Setup > Dégâts > Finisher).
Avis : L’IA, le meilleur Player 2 ?
Au final, l’IA ne a pas joué à ma place ; elle a levé le voile sur des mécaniques obscures que les développeurs expliquent parfois mal. Elle a transformé une frustration de lecture de menus en une gestion stratégique fluide.
Utiliser l’IA pour scanner son inventaire, c’est l’avenir du jeu solo pour ceux qui ont peu de temps ou qui détestent les tableurs Excel. C’est comme avoir un pote expert assis sur le canapé, qui te tape sur l’épaule en disant : “Eh, t’as vu que t’avais cet objet légendaire dans ton sac ?”. Et franchement, ça rend l’aventure beaucoup plus savoureuse.
Et vous, vous avez déjà utilisé l’IA pour vous débloquer dans un jeu ou vous êtes de la team “No Spoil, No Help” ?
Gwen








