On ne va pas se mentir, quand on parle de Cloud Computing, les noms qui reviennent systématiquement sont américains. AWS, Azure, Google Cloud… les “hyperscalers” dominent le marché de la tête et des épaules. Pourtant, la résistance s’organise, et pas n’importe comment. Infomaniak, le trublion suisse que l’on connaît bien pour son engagement écologique et sa farouche indépendance, vient de lâcher une véritable bombe dans le paysage du cloud européen. Loin de se contenter de l’hébergement web classique, ils déploient une artillerie lourde de services managés pour venir chasser sur les terres des géants. Kubernetes, GPU pour l’IA, bases de données managées : on fait le point sur cette offensive souveraine.
- Le Cloud Souverain passe à la vitesse supérieure
- Kubernetes et Bases de Données : La fin de la complexité ?
- GPU et Intelligence Artificielle : De la puissance brute
- Quitter AWS et Azure : Le pari de la migration facile
- Un écosystème vert et une Académie pour se former
- Avis : Infomaniak a-t-il les épaules ?
Le Cloud Souverain passe à la vitesse supérieure
Jusqu’ici, si vous vouliez bosser avec le Public Cloud d’Infomaniak, vous aviez accès aux briques fondamentales basées sur OpenStack : du compute (instances), du stockage et du réseau. C’est solide, mais ça demande de mettre les mains dans le cambouis pour tout gérer. Là, changement de paradigme. Le prestataire suisse a passé les 18 derniers mois à développer ses propres surcouches logicielles.
L’objectif ? Proposer enfin des services managés dignes de ce nom. Concrètement, cela veut dire que vous n’avez plus à gérer l’infrastructure sous-jacente, les mises à jour de sécurité ou la maintenance bas niveau. Infomaniak s’occupe de la plomberie, et vous, vous vous concentrez sur votre code et vos applications. C’est exactement ce qui fait le succès des solutions américaines, mais cette fois, c’est conçu, opéré et maîtrisé à 100% en Suisse. Niveau souveraineté des données et protection face aux législations extraterritoriales (coucou le Cloud Act), on est sur ce qui se fait de mieux en Europe.
Kubernetes et Bases de Données : La fin de la complexité ?
C’est le nerf de la guerre pour les DevOps. Infomaniak lance son Kubernetes as a Service (KaaS). Pour ceux qui ont déjà essayé de maintenir un cluster Kubernetes à la main, vous savez que c’est souvent un cauchemar. Ici, la promesse est claire : Infomaniak gère la couche d’orchestration, la haute disponibilité et les fameux “rolling updates” pour les mises à jour sans interruption de service.
Ce qui est intéressant, c’est la flexibilité de l’offre :
- Une offre mutualisée gratuite pour tester ou lancer des petits projets (ce qui est assez rare pour être souligné).
- Des offres dédiées avec SLA pour la prod, incluant plusieurs instances de control plane.
En parallèle, le service Database as a Service (DBaaS) vient compléter le tableau. Fini la galère de l’installation, de la réplication et des backups. Vous déployez des clusters de bases de données prêts à l’emploi. Le système gère tout seul les sauvegardes quotidiennes, le “Point-in-Time Recovery” (pour revenir à un instant T en cas de boulette) et le scaling dynamique. Les données sont réparties sur plusieurs zones de disponibilité, ce qui garantit que votre service tient le coup même si un datacenter a un coup de mou.
GPU et Intelligence Artificielle : De la puissance brute
On ne pouvait pas parler de cloud en 2026 sans aborder l’IA. Infomaniak ne fait pas semblant et sort les muscles avec des instances GPU en accès direct (pass-through). Ce n’est pas juste pour faire joli, on parle de matériel capable d’encaisser du lourd pour le calcul scientifique, le rendu 3D ou l’entraînement de modèles.
Au menu des cartes graphiques disponibles, on retrouve :
- Du classique et efficace : NVIDIA L4, T4 et A2.
- Du très lourd pour l’IA générative : NVIDIA A100 et L40S.
Si vous n’avez pas envie de gérer les GPU, Infomaniak propose aussi des services d’IA à la demande via une API compatible OpenAI. L’idée est géniale : vous pouvez utiliser des modèles Open Source hébergés en Suisse pour faire de la transcription audio, du résumé de documents ou de l’extraction d’infos, sans jamais que vos données ne quittent le territoire européen. Pour les entreprises sensibles (santé, finance, public), c’est un argument massue.
Quitter AWS et Azure : Le pari de la migration facile
C’est souvent là que ça coince. On a beau vouloir de la souveraineté, la “dette technique” et les habitudes prises sur AWS ou Azure rendent la migration effrayante. Martial Fol, le responsable de l’infra chez Infomaniak, a une approche pragmatique : pour lui, migrer vers du Public Cloud standardisé est bien plus simple que de changer une suite collaborative.
Comme Infomaniak s’appuie sur des technologies standards (Terraform, API ouvertes), la promesse est de pouvoir migrer des architectures existantes sans devoir réécrire tout le code. Si vous utilisez déjà des outils d’automatisation et des pratiques DevOps modernes, vous ne serez pas dépaysés. C’est un point crucial pour convaincre les DSI de franchir le pas : on garde les mêmes outils, mais on change de crémerie pour gagner en indépendance et, souvent, réduire la facture.
Un écosystème vert et une Académie pour se former
On reconnaît bien la patte Infomaniak sur l’aspect écologique. Leurs datacenters ne sont pas juste “en Suisse”, ils sont alimentés à 100% par des énergies renouvelables et, cerise sur le gâteau, la chaleur dégagée par les serveurs est réinjectée pour chauffer des logements. C’est du concret, loin du greenwashing habituel.
Pour accompagner cette montée en puissance, ils lancent l’Académie Infomaniak. C’est un programme certifiant pour former les développeurs et les intégrateurs à leurs outils (Public Cloud, kSuite Pro). C’est malin : pour qu’une technologie s’impose, il faut que les gens sachent l’utiliser. Un réseau de partenaires certifiés est déjà là pour aider les entreprises à faire la transition.
Avis : Infomaniak a-t-il les épaules ?
Avec cette annonce, Infomaniak change clairement de division. Ils ne sont plus “juste” une alternative sympa, ils deviennent un concurrent crédible sur le plan technique face aux géants américains, avec l’avantage indéniable de la souveraineté et de l’éthique. L’ajout de Kubernetes managé et des GPU haute performance comble les manques qui pouvaient encore faire hésiter certaines tech companies.
Pour ceux qui veulent tester sans prendre de risque, Infomaniak offre 300 CHF (ou 300 EUR) de crédit cloud valables 3 mois. C’est l’occasion idéale pour monter un petit cluster K8s, tester leur API IA ou faire tourner quelques gros calculs sur une A100 pour voir ce que ça donne.
Et vous, est-ce que l’argument de la souveraineté des données suffit à vous faire envisager une migration hors des GAFAM ?



