8 Eye’s vous emmène dans un futur post-apocalyptique pour récupérer les 8 Eye’s, huit joyaux au pouvoir unique, destinés à préserver la paix dans un monde meurtri par la dernière guerre nucléaire. Dans la peau d’Orin le fauconnier, épaulé par son faucon Curtus, votre mission consiste à traquer les 8 Grands Ducs et à sauver votre Roi, garant d’un avenir paisible.

C’est l’histoire d’un jeu 8-bits, en 1988, qui s’appelle 8 Eye’s

Pitch et origines d’un titre méconnu chez nous

8 Eye’s a été développé par Thinking Rabbit, une bande de développeurs chers à mon cœur car ils avaient déjà exprimé leur talent avec Sokoban, sur IBM notamment. Lorsque j’ai eu écho d’un jeu Nintendo NES, déraciné de ses terres originelles, pour subir une cure de jouvence via les doigts de fée des amis de chez PixelHeart, l’irrésistible envie de le tester m’a envahi. D’autant plus qu’avec ses allures de Castlevania, ce titre annonce du lourd. Sorti en 1988 au Japon sur Famicom, et en 1990 aux USA sur la NES, pourquoi ce titre si prometteur n’avait-il pas été pas été proposé au public européen ? PixelHeart et Joshprod ont décidé de remédier à ce manquement, en éditant sa version internationale du soft en 2019.

La version de 8 Eye’s by PixelHeart

Dans le respect des Gamers amateurs de gros pixels, PixelHeart a conçu un packaging propre et très ressemblant aux boites NES telles qu’elles étaient distribuées à l’époque sur notre continent. Dans une édition limitée à 1000 exemplaires numérotés, avec le certificat d’authentification jeu officiel PixelHeart / JoshProd, le package contient également la cartouche NES et un manuel en bonne et due forme de 16 pages. Cerise sur le gâteau, le tout est inséré dans une crystal box de toute beauté. Tout commence bien.

 

Alors on teste!

Scénario

Comme annoncé en introduction, l’histoire prend place sur terre, dans un futur aux allures médiévale et eschatologique, suite à une explosion nucléaire. Cet accident a dans sa destruction provoqué l’apparition de 8 joyaux aux pouvoirs immenses. L’humanité s’affaire à se reconstruire et à récupérer de ce chaos, sous l’impulsion du Grand Roi. Malheureusement, celui-ci a été enlevé et séquestré par les 8 Grands Ducs, dont les querelles autour des 8 Eyes risquent d’à nouveau plonger la planète dans l’abîme. C’est ici que vous intervenez. Vous incarnez Orin, le plus brave des gardes du Roi. Curtus vous accompagne fidèlement dans cette aventure périlleuse. Vous ne serez pas trop de deux pour défier les huit boss de fin de niveau, chaque niveau prenant place dans un pays différent.

8 pays à explorer

Technique

Esthétiquement, 8 Eyes tient la route. Calqué sur Castlevania, les sprites et les décors n’ont pas à rougir de la comparaison avec le must de Konami. Chaque monde vous plonge dans une ambiance propre et fidèle au pays qu’il représente. Les somptueuses mélodies profitent également à cette immersion internationale. Les bruitages fonctionnent sans marquer les esprits. La palette des couleurs manque parfois de douceur, et pêche par un surdosage des couleurs, qui enlève de sa noirceur au titre. Ne pinaillons pas, ce titre rend hommage à la NES et à son potentiel.

Jouabilité

Avec un gameplay au croisement entre Castlevania et Megaman, 8 Eye’s a des atouts prometteurs. Muni d’une dague pour arme principale, vous vagabondez dans les huit pays au sein desquels se déroule votre aventure. Chaque tableau se clôture par l’affrontement d’un des 8 Ducs, boss de fin de niveau. De surcroit, vous pouvez, et à certains moments devez, utiliser votre faucon pour affliger des dégâts à vos belligérants. Certains passages ne sont d’ailleurs résolubles que via l’utilisation de votre volatile. Toutefois, force est de constater que tous ces bons ingrédients ne suffisent pas à faire prendre la sauce. En effet, votre arme principale a une portée ridiculement courte, ce qui vous empêche d’atteindre un ennemi sans se faire violenter. Les armes spéciales, similaires à l’arsenal de Simon dans Castlevania, sont très utiles mais leur usage n’est pas intuitif.

Quelques armes et un faucon…

Certaines d’entre elles, à l’instar du gameplay de Megaman, ne sont réellement utiles que contre les boss, sinon, elles vous handicapent plus qu’elles ne vous aident. L’inertie du personnage pêche par une forme de lourdeur, ce qui le rend lent, et diminue son efficacité au combat. La gestion du faucon, en mode solo, est imprécise et source d’énervement. En mode deux joueurs, le player 2 contrôlera exclusivement la bête, c’est mieux. Enfin, pour corser encore le tout, les développeurs de Thinking Rabbit, déjà fans de casse-tête dans leur Sokoban, ont pondu des tableaux aux itinéraires labyrinthiques et complexes à tel point qu’il n’est pas rare de se perdre dans les méandres des mondes.

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Plaisir du testeur

Après quelques heures de jeu, j’ai compris pourquoi ce titre n’avait jamais passé l’atlantique pour rejoindre nos contrées européennes. Ardu à la base, ses défauts de jouabilité exaspèrent la difficulté, et votre réussite dépend non seulement de votre sens de l’orientation, de votre maniement des armes, du faucon, mais aussi et surtout de votre patience, voire de votre chance. C’est le point faible du jeu. Mon plaisir a été très relatif. Toutefois, ce titre a trouvé son public à l’époque et certains hardcore gamers en ont fait leur challenge. Cela a du sens chez des joueurs masochistes, pas chez moi.

J’achète ou je n’achète pas ?

En 1990, j’aurais crié au scandale et j’aurais pesté si je m’étais offert ce jeu en import. Trop d’incohérences en termes de gameplay en font un titre réservé aux joueurs fanatiques de difficulté exacerbée. Néanmoins, les amateurs du genre trouveront en 8 Eyes un écho à Castlevania, en moins bon certes mais avec de réelles subtilités en termes de level design et de gameplay. En 2021, c’est un plaisir de rencontrer un titre méconnu sur NES, dans des conditions plastiques parfaites. Disponible pour 39,9 euros sur le site de PixelHeart, le prix raisonnable pourrait piquer votre curiosité, davantage pour l’objet, que pour l’expérience de jeu.

Si vous désirez vous forger votre propre avis, il reste une poignée d’exemplaires NES sur le site PixelHeart. Et si vous passez à la caisse, n’oubliez pas d’utiliser notre coupon  pour une réduction de 10% valable jusqu’au 31 mars 2021 : sgpixmar sur le site PixelHeart.

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