Les vampires. Voilà bien un genre que je n’espérais plus trouver dans un jeu vidéo… Mais si DONTNOD a bien répondu à mes prières non-formulées, pas sûr que Vampyr réponde à toutes mes attentes.

Un après-midi avec Vampyr sur PS4

Depuis Vampire : La Mascarade – Redemption, adapté du jeu de rôle papier éponyme, je n’attendais de jeu vidéo mettant en scène nos immortels. Ces derniers ont connu leur heure de gloire dans les années 90 et début 2000, avant d’en être réduits à briller comme des diamants au soleil ou à enchaîner les triangles amoureux improbables. Bref, la pop culture n’a pas été tendre avec les suceurs de sang ces dernières années, je ne m’attendais donc pas à un jeu vidéo de la trempe de Vampyr. C’était sans compter sur Focus Home et DONTNOD, qui annoncèrent le jeu en 2015, explosant mon hype-o-mètre. Le titre n’a ensuite plus vraiment donné signe de vie (héhé pas mal, celle-là…), jusqu’à une date de sortie plus tôt cette année. Et si je me réjouissais de mettre mes griffes sur ce jeu, je dois dire que je reste un peu sur ma soif…

Vampyr

Mais, mais… J’en attendais tellement de ce jeu !

Drink. Fight. Repeat.

 

On n’attend pas forcément d’un jeu s’appelant Vampyr des mécaniques complexes, en particulier lors des combats. Ce qui n’a pas empêché DONTNOD de nous proposer quelque chose de plus subtil qu’un vulgaire beat’em all. Un choix louable, s’il n’était pas saboté par un gameplay affreusement mou et des combats inutilement techniques. Enfin, outre leur technicité, c’est l’absence de cohésion entre ses différents rouages qui fait dérailler la machine. Concrètement, quel est le problème ? Le Dr. Jonathan Reid, fraîchement transformé, a besoin de sang. Jusque là, rien d’anormal. Sa jauge d’hémoglobine lui permet notamment de mobiliser ses pouvoirs vampiriques, comme par exemple régénérer sa santé.

Là encore, on se dit que l’idée est bonne. Dans les faits, ça donne ceci : Reid affronte un boss. On utilise sa griffe pour le blesser. On prend des coups. Régénération. Oups, jauge de sang vide. Il faut hébéter l’ennemi pour boire son sang. Pour ce faire, on donne des coups non-létaux jusqu’à vider la jauge d’endurance adverse. Ça y est, on peut boire son sang. Zut ! Pendant qu’on essayait de l’hébéter, on a encore reçu des coups. Nouvelle régénération qui pompe la jauge de sang fraîchement remplie. Oups ! Jauge de nouveau vide. On recommence… … … Et dites-vous que le processus est aussi fastidieux que ne l’est la lecture de ces quelques lignes. Bref, une bonne idée mal exécutée qui procure plus de frustration que de satisfaction. Je salue sincèrement la volonté de produire quelque chose de subtil, mais j’attends personnellement quelque chose de plus dynamique et puissant quand j’incarne un vampire.

Vampyr

Toi, après avoir perdu trois fois contre le même boss…

On fait quoi de son temps libre quand on est immortel ?

 

Heureusement, on peut toujours compter sur DONTNOD pour ne pas limiter ses jeux à de banales séquences d’action, aussi molles soient-elles. Vampyr propose ainsi un univers très riche, qui manque peut-être d’activités secondaires à proprement parler, mais offre de nombreuses interactions et découvertes immergeant le joueur. Le lore, par exemple, se compose d’une flopée de textes à dénicher ci et là qui rendent cet univers incroyablement vivant (quelle ironie !). Une lettre laissée par un mari qui s’est suicidé, une notice alertant la population sur l’épidémie, un poster de propagande… un joueur attentif notera avec joie la richesse contextuelle de cette bonne vieille Londres version 1918.

Vampyr

Pas mal de trucs sympa à lire mais les textes sont horriblement petits

Outre le scénario principal, que je n’ai pas eu le courage de terminer, Vampyr propose pas mal de missions annexes ainsi qu’une courbe de progression engageante. Celle-ci implique un arbre de compétences assez vaste qui requiert de l’XP (j’y reviendrai), une gestion de son équipement via un système de crafting, ou encore la stabilité des quartiers. Chaque quartier de Londres peut se trouver dans un état totalement différent selon l’implication du joueur. Selon que vous en preniez soin ou que vous y sévissiez, ces quartiers pourront prospérer ou sombre dans l’abîme. Enfin, en théorie en tout cas. Je n’ai franchement pas eu l’impression que l’état d’un quartier avait un véritable impact sur mon expérience. Du reste, les à-côtés que propose Vampyr s’avèrent relativement classiques, en dehors des nombreuses et intéressantes lectures qui dessinent un univers sombre et digne de la promesse du jeu.

Vampyr

Malheureusement, on peut évoluer que depuis un refuge

 

Entretien avec un vampyr

 

On a fait le tour des combats nazes et des activités annexes relativement anecdotiques. Que reste-t-il à ce Vampyr ? Eh bien, après réflexion, je pense que le coeur du jeu tient de sa composante “sociale” (j’insiste sur les guillemets). Reid peut parler à virtuellement n’importe quel PNJ. S’ensuit une discussion avec choix de dialogues classiques qui, de prime abord, se ressemblent. Or, Reid peut en apprendre plus sur les PNJ soit en discutant avec d’autres, soit en trouvant un élément débloquant de nouveaux dialogues. Ces discussions permettent d’enrichir la relation entre le vampire et les très nombreux personnages qui peuplent cette ville de Londres complètement ravagée par la grippe espagnole.

Vampyr

Faites connaissance avec tous les PNJ du jeu

Mécaniquement, ces interactions se traduisent par plus de XP si Reid décide de boire le sang d’un PNJ. Et c’est là que Vampyr devient vraiment intéressant. Contrairement à de nombreux RPG qui jaugent leur morale de manière quasi mathématique, le titre de DONTNOD opte pour une approche beaucoup plus immersive. Si Reid boit le sang d’un quidam, il gagne potentiellement beaucoup de XP précieux. En revanche, en ayant tissé des liens avec le personnage, prendre la décision de le vider de son sang devient nettement plus délicat. L’effet sur le joueur un minimum investi est garanti. On en vient à choisir ses victimes, sans compter les conséquences de cet acte funeste. Pour ma part, cela n’a pas suffi à me convaincre de terminer le jeu. En revanche, je suis convaincu qu’il existe un public pour de telles mécaniques qui méritent vraiment qu’on s’y intéresse, vu leur potentiel.

Vampyr

Lui, c’est un sale con… Je peux donc lui pomper le sang

Beauté éternelle ?

 

L’esthétique de Vampyr illustre parfaitement la dichotomie du jeu. Sa direction artistique sublime côtoie des graphismes indignes d’une PS4, cumulée à une framerate tout au plus correcte. La modélisation des personnages ainsi que leur animation me rappellent certains jeux PS3. Il s’agit plus d’une impression subjective que d’une comparaison graphique. Quoi qu’il en soit, sans être moche, Vampyr se paie les graphismes d’un jeu à moyen budget sur PS4 et enchaîne les longs chargements, très agaçants quand on quitte ou entre dans les immeubles accessibles de Londres. La modélisation entrave donc l’immersion, tandis que les animations manquent de relief (je vous ai déjà parlé des combats mous ?). J’insiste, ce n’est pas moche, mais ce n’est pas particulièrement beau non plus.

Vampyr

On a vu plus beau, comme jeu…

Quand je dis que ce n’est pas “beau”, au sens technique s’entend. Comme je le mentionnais plus haut, la direction artistique est magnifique. Les amateurs d’univers lovecraftiens adoreront se plonger dans ce cadre lugubre, sombre, daté et nimbé de surnaturel. Une immersion amplifiée par une bande sonore qui ne joue aucun air mémorable mais qui compose avec des thèmes d’ambiance parfaits qui se fondent merveilleusement dans le décor. Un constat plus mitigé pour les doublages inégaux. Enfin, on se délecterait de parcourir les ruelles obscures de Londres si le jeu disposait d’une carte plus claire et d’un système de voyage rapide – un indispensable dans un jeu qui se donne des airs d’open-world.

Vampyr

… et plus lisible, comme carte

J'ai aimé

  • On incarne un vampire...
  • Un univers très immersif
  • Direction artistique et musique au point
  • Boire le sang des PNJ, un dilemme moral

J'ai pas aimé

  • ... qui sait pas se battre
  • Graphiquement très moyen
  • Difficile de retrouver son chemin
  • Chargements longs
Vampyr est l'illustration parfaite du jeu imparfait qu'on aimera ou détestera, en fonction de ses attentes et de ses préférences. On l'aimera à mourir, ou on lui souhaitera la mort. Quel camp avez-vous choisi ?

Résumé des scores

Graphismes
Jouabilité
Bande son
Scénario
Durée de vie

À mort !

Vampyr est l'illustration parfaite du jeu imparfait qu'on aimera ou détestera, en fonction de ses attentes et de ses préférences. On l'aimera à mourir, ou on lui souhaitera la mort. Quel camp avez-vous choisi ?

Revue de presse

 5/10

Gamekult

 16/20

Gamergen

 15/20

JV.com

 7/10

Gameblog

Y a pyr comme jeu

Y a des jeux qu’on a vraiment envie d’aimer. Dont on ne souhaite absolument pas sortir déçus. Vampyr faisait partie de ces jeux. Enfin, un studio compétent nous promettait d’incarner un vampire, avec tout ce que ça implique. Et visiblement, ça n’implique pas des combats dégageant l’illustre puissance de l’immortel. Au lieu de ça, on se retrouve avec des combats mollassons, auxquels s’ajoutent des graphismes lambda et des à-côtés anecdotiques. Heureusement, Vampyr se rachète avec un système morale ingénieux et un univers extrêmement riche. Encore faut-il que ça compense ses tares, une question à laquelle chacun.e devra répondre individuellement. En ce qui me concerne, j’ai décroché. Dommage, j’avais vraiment envie de l’aimer, ce jeu !

Plus d’infos sur le site officiel de Vampyr.

À très bientôt sur Sitegeek,

Musa

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Un Vampyr


Vampyr
DéveloppeursFocus
EditeurFocus 
Date de sortie5 June 2018
Prix 22,99

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