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Critique | Solo : A Star Wars Non-Story

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Après un Rogue One dépassant nos attentes, nous nous sommes montrés trop optimistes et avons compté sur Solo : A Star Wars Story pour réitérer l’exploit… Erreur !

Le danger des films solo

J’avais un mauvais pressentiment avant de visionner Rogue One. Pourtant, comme je l’écrivais dans ces colonnes, le film m’avait laissé une bonne impression. Celle d’avoir assisté à un spectacle estampillé Star Wars à la fois divertissant, satisfaisant et dans l’ensemble cohérent. De quoi booster mon feeling-o-mètre et nourrir un soupçon de hype avant de regarder Solo. Autant vous dire que le pétard était trempé. J’ai vraiment déchanté face à ce film plutôt quelconque.

On a longtemps reproché à Disney d’exploiter Star Wars comme une vulgaire machine à fric. C’était pardonnable, tant que les films offraient une raisonnable dose de satisfaction. Or, Solo montre un gros signe d’essoufflement. Mal rythmé, niais, moyennement joué, long et à peine drôle, le film me laisse sur un sentiment très mitigé – pour rester poli. Restent quelques qualités que je soulignerai plus loin mais dire que je m’attendais à mieux serait un gros euphémisme.

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En même temps, on aurait dû le voir venir avec ces bonnes bouilles de champions !

Mi-figue, millenium

Globalement, le rythme de Solo pose un sérieux problème. Le film démarre sur les chapeaux de roue et défile à vive allure pendant la première moitié. Tout se passe trop vite. On revient brièvement sur la jeunesse de Solo sur Corellia, on apprend comment il est devenu pilote et le film pose l’enjeu dramatique du scénario. Celui qui va motiver le personnage à poursuivre sa quête. Premier problème : cet objectif va violemment perdre de son intensité, quitte à devenir anecdotique à la fin. La deuxième partie du film souffre quant à elle d’un rythme bien plus lent et ennuyeux (j’ai vraiment failli m’assoupir… mais j’étais fatigué, c’est peut-être lié).

Au-delà du rythme et des enjeux peu engageants du film, celui-ci offre des pistes intéressantes en méta. Par exemple, Solo prend une tournure intéressante quant à son exploitation future au sein de la saga. Le film justifie même son existence au sein de l’univers canonique de Star Wars – je ne vous en dis pas plus -, même s’il le fait de manière un peu abrupte façon deus ex machina. Retour au film lui-même : Ron Howard y coche toutes les cases du fan service. On y apprend ainsi comment Solo a réussi le Raid de Kessel en 12 parsecs (enfin !), comment il a rencontré Chewie, comment il a gagné le Faucon Millenium contre Calrissian. Bref, la genèse du contrebandier le plus fringant de la galaxie.

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Le début d’une longue amitié…

Ça se regarde, quoi…

Si les références réjouiront les fans, les éléments se cantonnant au film s’avèrent nettement moins convaincants. Entre le scénario d’une pauvreté affligeante, avec son gentil bad boy qui a bon fond et son méchant très très méchant, la trame laisse peu de place à la nuance, à la subtilité. L’humour tombe lui aussi à plat, malgré quelques vannes réussies. Mais le véritable problème de Solo, c’est qu’il peine à nous tenir en haleine. Et ce n’est pas uniquement la faute aux personnages peu inspirés ou aux enjeux bancals. Il manque à Solo cette dose d’épique qu’on retrouve dans le dernier tiers de Rogue One et qui est indispensable dans un bon Star Wars.

En résumé, il ne faut rien attendre de l’écriture de ce Star Wars qui usurperait presque son sous-titre. On peut, à défaut, se consoler avec une musique dans le ton composée par John Powell (et un thème principal signé John Williams). Quelques séquences d’action, dynamiques pour certaines, permettent également de donner vie à ce cadre par ailleurs terne. Quant à l’aspect visuel, il respecte l’univers dont il est partie. Et puisque la galaxie lointaine est vaste, on a même droit à des décors inédits. Cela dit, pas sûr qu’on retienne Solo pour tout ça…

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Ça fait un peu du Star Wars générique, non ?

On regretterait presque Jar Jar

Un mauvais scénario peut être sauvé par un casting solide et de bons personnages. Mais là encore, Solo pèche. Commençons par le bon. Donald Glover est magnifique en Lando Calrissian. On reconnaît immédiatement le futur ex-contrebandier gentleman. La prestation de Thandie Newton, plus subtile qu’il n’y paraît, est tout à fait convaincante. Quant à Woody Harrelson, il occupe plutôt bien le rôle de mentor pour un Solo jeune et insouciant. Dommage toutefois que l’écriture rate le personnage et son évolution. Notez que je n’ai pas encore mentionné Alden Ehrenreich. Il dégage un air arrogant à-la-Solo. On peut même parfois déceler les lointains traits de Harrison Ford. Mais l’acteur manque diablement de charisme et son sourire donne plus envie de lui en coller une que de secrètement l’aimer.

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À quand le film Lando ? (Il sera probablement meilleur…)

Une fois qu’on sort de ce quator, le reste du casting fait peine à voir. En mentionnant Solo dans mes attentes cinéma de 2018, j’avais mentionné Emila Clarke comme facteur à risque. J’avais visé juste. Un peu trop, même ! L’actrice se paie une piètre performance. Son jeu, extrêmement pauvre entre son sourire béat et ses grands airs de mauvais théâtre, empêche de lui accorder une quelconque crédibilité. Paul Bettany se voit quant à lui entièrement gâché dans son rôle de méchant de dessin animé télé. On ne peut même pas compter sur Phoebe Waller-Bridge dans son rôle de robot proto-vegan bien trop caricatural pour être drôle (et je vous rappelle qu’on parle de la saga qui a fait de C-3PO une égérie). Heureusement, il reste Chewbacca ! (Oui, on en est là…)

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“Alors là, j’exprime la joie…”

Quelle grande gueule, ce Solo !

Quand Obi-Wan Kenobi rencontre Han Solo pour la première fois, il laisse entendre que le bonhomme est un vulgaire criminel qui parle beaucoup. Heureusement, le pilote montre très vite qu’il est capable de lier le geste à la parole. Malheureusement, dans Solo, on a l’impression de découvrir l’incarnation imaginée par le vieux Jedi. Un pilote arrogant, sans aucune personnalité et à la prestation bancale. Le film, qui s’articule autour de ce personnage, manque de relever le niveau avec un casting moyen, une écriture quelconque et une mollesse qui fait tache à côté de l’étiquette “A Star Wars Story”. Solo reste malgré tout passablement divertissant et permet de passer un moment agréable en grignotant mais les fans auront vite fait de l’oublier.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à faire un tour sur le site officiel de Solo : A Star Wars Story.

À bientôt sur Sitegeek.fr,

Musa

Bande-annonce

A propos Musa

J'aime tout mais je suis difficile. Voilà qui me résume bien. Littérature, cinéma, jeux vidéo, séries, animés, comics, mangas, jeu de rôle papier, etc. Ce qui compte pour moi, c'est de distinguer ce que j'aime de ce qui est bon ou mauvais. Car non Einstein, tout n'est pas relatif !

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