Après avoir vu la Switch 2 faire tourner Dragon’s Dogma 2 sans broncher, je lui ai confié Tormented Souls 2, le survival horror chilien aux caméras fixes qui sent bon la naphtaline et le couloir mal éclairé. Je n’avais jamais touché à la série : c’est donc en parfait novice, écouteurs vissés sur les oreilles, que j’ai poussé les grilles de le Villa Hess pour cette version qui débarque le 15 octobre.
Tormented Souls 2 arrive sur Switch 2 dans une version fluide qui rend un hommage appuyé aux Resident Evil de l’ère GameCube, portée par des énigmes brillantes et une ambiance qui fait vraiment sursauter en mode portable. Son combat raide et son scénario recyclé l’empêchent de rejoindre les maîtres du genre, mais les nostalgiques des caméras fixes auraient tort de passer à côté.
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Caractéristiques de Tormented Souls 2 sur Switch 2
Déjà sorti sur tous les autres supports l’année passée, le jeu de Dual Effect s’installe sur la console de Nintendo. Voici l’essentiel, sans remplissage.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Titre officiel | Tormented Souls II |
| Développeur | Dual Effect (Chili) |
| Éditeur | PQube |
| Genre | Survival horror à caméra fixe |
| Version testée | Nintendo Switch 2 |
| Sortie Switch 2 | 15 octobre 2026 |
| Autres plateformes | PC, PS5 |
| Contrôles | Mode tank ou modernes, bouton d’esquive |
| Sauvegardes | Limitées, mode assisté disponible |
| Lieux | Villa Hess : couvent, centre commercial, école |
| Armement | Armes de fortune modifiables (cloueuse, tronçonneuse), sélection rapide |
| Durée de vie | Environ 25 h selon un testeur |
Design et conception : l’ombre de Resident Evil
Premier constat dès le lancement de Tormented Souls 2 : ce jeu affiche clairement son amour pour ses inspirations. Caméras fixes, contrôles « tank », inventaire géré au compte-gouttes, tout le vocabulaire de Resident Evil est récité ici avec un accent chilien, et franchement, le studio maîtrise sa grammaire. De fait, les plans sont composés comme des tableaux, chaque angle mort cache une menace et les changements de caméra sont assez bien réussis, ce qui est rare pour un jeu du genre.
Le jeu nous propose d’incarner Caroline Walker qui emmène sa sœur Anna, hantée par des visions macabres dans la mystérieuse clinique de Villa Hess, au cœur des montagnes du sud du Chili. Mais pas de bol puisque derrière les sourires du personnel se cache en réalité une secte menée par Mère Lucia, qui enlève Anna et pousse Caroline à affronter les horreurs de la ville. Bref vous l’aurez compris, le scénario reste assez sommaire et sent même un peu le réchauffé.
Ceci dit, là où le premier épisode restait enfermé dans un hôpital, cette suite prend de l’ampleur. Car au-delà du complexe de la Villa Hess, c’est carrément une petite ville qui s’offre à nous : un couvent qui a visiblement renoncé à la lumière du jour, un centre commercial abandonné, une école désaffectée, rien n’a été oublié pour nous offrir une bonne dose de frayeur. À savoir que derrière chaque lieu, on retrouve son double cauchemardesque, qui offre deux fois plus de fun.
Malheureusement, les finitions de Tormented Souls 2 restent un peu inégale. Les décors fourmillent de détails certes, les personnages beaucoup moins, et ce décalage casse parfois l’immersion. Pourtant, la dernière console de Nintendo n’y est pour rien puisqu’il en allait de même sur les autres supports. En revanche, les effets sonores sont vraiment très réussis : grincements, respirations, pas qui résonnent à l’étage, le mixage fait facilement la moitié du travail.
Tormented Souls 2 : performances sur Switch 2
Cette bande sonore, je l’ai surtout savourée en mode portable, écouteurs dans les oreilles. Car c’est là que Tormented Souls 2 m’a véritablement scotché. Sursauter devant un petit écran tenu à cinquante centimètres de mon nez, affalé dans mon canapé, lampe allumée, ça ne m’arrive pas souvent. Techniquement, rien à redire : le jeu tourne sans broncher. Petite ironie au passage, nos confrères avaient relevé des soucis de performances sur PS5, et voir la petite dernière de Nintendo tenir la route a quelque chose d’assez réjouissant, surtout vu le contexte actuel.
Dans la pratique, la boucle de gameplay est assez classique et c’est tant mieux : des couloirs qui se recoupent, un raccourci qu’on déverrouille, la bonne clé qu’on rapporte trois salles plus loin, tout y est. La vraie nouveauté tient surtout aux pouvoirs de Caroline, capable de passer d’une réalité à l’autre et de modifier le passé pour remodeler le présent. Et force est de constater que ça renouvelle franchement bien l’exploration et nourrit le gros point fort du jeu : ses énigmes riches et tordues, juste comme il faut.
Les combats par contre, c’est une autre histoire. Je dirais même que c’est le gros point faible de Tormented Souls 2. Certes, toutes les armes se modifient et s’échangent à la volée grâce à la sélection rapide, Caroline dispose même d’un bouton d’esquive, et pourtant tout reste raide, beaucoup trop raide. J’aurais apprécié que plus d’efforts soient faits sur un gameplay portés par un système de contrôle moderne. Malheureusement, on a constamment l’impression d’être sur PS1 tant on croirait conduire un trois tonnes sur l’autoroute.
Signalons malgré tout que l’on retrouve des sauvegardes limitées comme à la bonne vieille époque et qui feront probablement grincer les dents de la génération autosave, ainsi qu’une gestion de l’inventaire comme on n’en fait plus, ce qui plaira plaira aux vétérans de la première heure. Signalons toutefois qu’un mode facile permet d’adoucir un peu l’épreuve. Autre bon point, la durée de vie du titre tourne environ autour des 25 heures. C’est copieux, parfois même épuisant tant la tension ne retombe jamais, mais c’est vraiment très bien pour un Double A à moins de 40 euros.
Face à la concurrence
Le rival de Tormented Souls 2 sur Switch 2 s’appelle bien entendu Resident Evil Requiem. Alors oui, Capcom joue dans une autre division, avec un budget, une mise en scène et des personnages autrement plus aboutis, mais sans ce culte de la caméra fixe que Dual Effect entretient avec une ferveur quasi monastique. Envie d’un blockbuster ? Requiem. Envie de retrouver vos vieilles sensations ? C’est par ici que ça se passe !
L’autre option, c’est le premier Tormented Souls. Plus court, plus confiné, plus obscur dans ses énigmes : cette suite en corrige une bonne partie des défauts. Le scénario reste le maillon faible commun aux deux épisodes, avec un point de départ largement recyclé et des personnages qui s’oublient vite. Le récit installe malgré tout une angoisse permanente, et c’est ce qu’on lui demande avant tout.
Avis Tormented Souls 2
Arrivé sans connaître la série, je ressors de Tormented Souls 2 converti. Le jeu ne réinvente pas la roue et il n’en a jamais eu l’intention : il récite ses classiques avec une sincérité rare, de chouettes énigmes et une ambiance qui fonctionne étonnamment bien sur un écran de poche. Les fans de la première heure de Resident Evil vont s’y sentir comme chez eux, et les curieux comme moi se rappelleront ce que la peur voulait dire à la fin des années 90. Un conseil si vous jouez en portable : mettez des écouteurs, le jeu le mérite et vos nerfs le sentiront passer.






