En 1996, l’éditeur de jeux vidéo  Visco profitait de toutes les occasions pour s’inspirer des licences les plus rentables du marché, les copier et les commercialiser sous des noms plus ou moins originaux. Breakers Revenge, fait partie des 1001 clones du mythique Street Fighter 2. 25 ans plus tard, la maison PixelHeart a récupéré la licence Visco et nous sert sur un plateau de diamants une édition AES de ce titre qui n’avait jusque-là été porté que sur MVS. Nouvelle opportunité de dupliquer un chef-d’œuvre ou coup de génie ?

C’est l’histoire de Breakers, la revanche du retour du copieur copié

Revenge, my name is Breakers, enfin je crois!

Breakers, 1er du nom, est sorti en 1996 aux formats Neo Geo MVS et AES. En développement depuis 1994 et après avoir subi moult changements de noms, le titre semblait avoir trouvé son identité. Néanmoins, en 1998, Visco a décidé de balancer une ultime refonte de son jeu de combat et l’a rebaptisé Breakers Revenge, uniquement au format arcade MVS. Ce dernier opus ne va pas révolutionner l’héritage de son ainé.

Il se contente en effet d’apporter un personnage supplémentaire, Saizo le ninja badass, un réglage au niveau du handicap en mode versus et quelques modifications graphiques dans les décors. Bizarrement, un personnage a troqué sa nationalité italienne contre la française. Je suppose que c’est une histoire de coupe du monde de football… En 2016, le titre sort officiellement dans un format AES inédit! C’est en 2020 que PixelHeart et JoshProd récupèrent la licence Visco et continue de la distribuer au sein d’un catalogue AES de plus en plus fourni.

 

La version de Breakers Revenge by PixelHeart

En s’attaquant au catalogue Neo Geo AES, PixelHeart se frotte au public le plus exigeant de la sphère vidéoludique. SNK, c’est un autre monde. Ainsi, l’équipe s’associe aux maîtres de l’underground confidentiel  de ce microcosme si particulier et décide de produire un jeu aussi fidèle que possible à ce que proposait SNK dans les années 90’s. La boite du jeu du type Snaplock est superbe, les premières versions arboraient le logo SNK. Ce logo disparait dans les dernières versions, à la fois pour cause de pénurie, mais aussi pour respecter le fait que le jeu n’est pas concédé sous la licence officielle de SNK corporation.

La boite et la jaquette japonaise respectent parfaitement le format d’une boite SNK classique. Seul le logo Neo Geo bleu et jaune laisse place à un logo blanc AES. La cartouche est livrée avec un deuxième insert, qui arbore le logo PixelHeart au lieu du logo AES. Le manuel en japonais respecte parfaitement le cahier des charges classiques et profite d’un bel emballage baggy. Quant au plus important, la cartouche, elle est équipée d’une PCB réalisée pour le jeu, pas de sacrifice de vieille cartouche comme on peut le voir avec certaines conversions qu’on trouve sur les sites d’enchères.  Cet ensemble a un prix : 399 euros. Welcome to the Neo Geo World.

 

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Alors on teste!

Scénario

Comme à l’accoutumée, une sélection de combattants prennent part à un tournoi martial afin de déterminer qui a la plus grosse et remporter un pactole non négligeable. Le vil manipulateur derrière cette organisation n’est autre que le vilain Baï Hu, lui-même possédé par un esprit démoniaque qui se nourrit de l’énergie de ses victimes. Avant de vous lancer, sachez que personne n’est jamais sorti vivant de ce pugilat annuel, le F.I.S.T. (Fighting Instinct Severe Tournament). Les intentions de chaque participant ne sont pas mises en avant, money, money money comme chantaient les Suédois…

Technique

Ce remaster du jeu éponyme originel n’apporte presque rien de plus que son prédécesseur. L’esthétique des décors est toutefois remaniée. Les tons moins flashy, laissent place à un côté plus gris, plus sombre. Personnellement, j’aime l’aspect too much et kitsch de l’arcade survitaminé, surtout dans la perspective nostalgique. Toutefois, si l’on envisage cette modification en 1998, avec les codes de l’époque, cela peut s’expliquer par le souhait d’apporter de la gravité à l’ensemble. Tout cela pour filer un coup de maturité à un titre qui vient tout de même se frotter à une concurrence féroce à l’époque.

A coté de cela, les décors brillent par leur richesse, les personnages, bien que souvent calqués des belligérants des autres ténors du vs fighting de l’époque, parviennent à dépasser leurs égéries et dégagent une classe folle ! Le nombre des avatars est assez limité mais tient la route. Entre Sho (un Ryu upgradé), Alsion III (Le pharaon inspiré de Dhalsim), Dao Long (Le Bruce Lee-like façon Kim Dragon dans World Heroes), Tia (la babe mix entre Chun Li et Mai), … vous aurez l’embarras du choix. Les musiques sont bien pêchues, les bruitages classiques et la voix off légèrement nasillarde confèrent un côté très manga à l’expérience.

 

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Jouabilité

De prime abord basique, le gameplay est en lien direct avec le titre du jeu. A priori basé sur les 4 touches classiques pied fort, pied faible, poing fort, point faible, la subtilité réside dans les attaques spéciales, et plus particulièrement dans les techniques de contre. Votre barre d’énergie classique diminue au gré des coups que vous encaissez, pendant que celle des coups spéciaux augmente. Une fois remplie, cette jauge libère l’accès à une des trois furies dévastatrices, selon le niveau de remplissage. L’astuce est de conserver cette jauge à son maximum car on peut également contrer une furie avec une autre, ceci justifiant le combo breaker. Ces mécanismes vus et revus sont maitrisés à la perfection et cela confère à Breakers, un plaisir de jeu terriblement fun, easy access et évolutif, la force du titre assurément.

Plaisir du testeur

Vous l’aurez compris, je m’éclate avec ce Breakers bis. En compilant les atouts classiques et maitrisés des jeux de combat classiques de l’arcade, il est parvenu, sans grande originalité à me séduire. N’ayant pas spécialement le temps de consacrer 10 heures à un jeu avant de m’y sentir bien, j’ai immédiatement été emballé par sa prise en main familière. Le fait de pouvoir m’appuyer sur mes acquis de old school gamer, pour y revenir avec de l’ambition en travaillant mon skill, en fait un des titres rétros les plus plaisants auxquels j’ai joué récemment; de surcroit, dans des conditions authentiques d’époque, sur ma Neo Geo AES.

Mon AES a le sourire.

J’achète ou je n’achète pas ?

Je suis venu, j’ai vu et j’ai acheté. Certes, la somme frise l’indécence, mais profiter d’un titre neuf, officiellement releasé, par un éditeur qui maintient en vie la ludothèque Neo Geo AES, couplé à la qualité et au fun procuré par Breakers Revenge, peuvent expliquer la folie de la dépense. La Neo Geo a sélectionné son public. Elle l’a aussi saigné. Certains diront que “quand on aime, on ne compte pas”, d’autres crieront au braquage, et Montaigne pourrait conclure par “Chaque usage a sa raison”.

Si vous désirez vous forger votre propre avis, il reste une poignée d’exemplaire AES sur le site PixelHeart. Vous pouvez également y trouver une version Dreamcast plus abordable, du premier Breakers. Et si vous passez à la caisse, n’oubliez pas d’utiliser notre coupon  pour une réduction de 10% valable jusqu’au 28 février 2021 : SGPIXFEV  sur le site PixelHeart.

Vega