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Test | Detroit : Become Human – PS4 – Narration géniale, écriture bancale

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La richesse de Heavy Rain et la profondeur de Beyond : Two Souls se rencontrent dans Detroit : Become Human, le dernier-né du studio français Quantic Dream. Son jeu le plus abouti, certes, mais qui souffre encore de quelques errances scénaristiques…

Un après-midi avec Detroit : Become Human sur PS4

Pour beaucoup de gens, Quantic Dream, c’est Heavy Rain, jeu qui a démocratisé le studio. Un jeu qui pose aussi les jalons de Detroit : Become Human, j’y reviendrai. Pourtant, le studio français existe depuis plus de 20 ans et son premier jeu The Nomad Soul, mettant en scène un certain David Bowie, date de 1999. Ma relation avec Quantic Dream remonte à 2004. Je tombe par hasard sur un jeu qui, bien que perfectible, marquera mon parcours de gamer. Il s’agit de Fahrenheit, titre au gameplay minimaliste qui propose une approche beaucoup plus cinématographique du jeu vidéo, tout en restant dans le carcan ludique. Son histoire, mêlant enquête policière et ésotérisme, donne lieu à des scènes mémorables, malgré une écriture bancale sur la fin. Reste que David Cage montre le potentiel de son concept. Un potentiel à son apogée avec Detroit : Become Human.

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Bienvenue dans Detroit : Become Human, je serai votre assistante…

Film ou pas ? Fin du débat

Chaque fois, c’est la même histoire. David Cage annonce un jeu révolutionnaire. Une nouvelle façon d’aborder le jeu vidéo. Et des hordes d’internautes de lui reprocherde réaliser un film. J’ai toujours eu la faiblesse de croire que la vérité se situait au milieu. Je pense sincèrement que Quantic Dream a développé le concept de narration interactive triple A. Ce qui donne lieu effectivement à des scènes cinématisées où le gameplay se réduit à une succession que QTE. Mais Cage ne s’en est jamais caché. Il a toujours défendu l’idée de proposer une aventure interactive mettant l’accent sur l’immersion, l’attachement et la difficulté de prendre des décisions difficiles. C’est exactement le même concept qui a valu sa gloire à Telltale Games avec The Walking Dead en 2012, soit deux ans après Heavy Rain.

Je tiens donc à insister sur le fait que Detroit : Become Human – comme tous les autres titres du studio français – est bien un jeu vidéo et non un film. Il me semble important de poursuivre la lecture de ce test en gardant ce postulat en tête. D’autant que d’un point de vue purement vidéoludique, Detroit est le titre le plus abouti de Quantic Dream. Même le gameplay se paie quelques frivolités. On retrouve bien sûr les QTE si chers au studio pour des actions aussi triviales que ramasser du papier. On a également droit à des séquences plus dynamiques, ainsi qu’à des analyses de situation permettant aux androïdes de choisir la meilleure option à suivre, quitte à se planter sciemment. Mais vous l’aurez compris, on ne joue pas à un jeu Quantic Dream pour ses mécaniques sophistiquées.

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Ouvrir la porte ? Check.

Varibles, variables everywhere

S’il fallait grossièrement résumer, je dirais que Heavy Rain et Beyond : Two Souls (dernier titre de David Cage, 2013) se complètent. Le premier propose un véritable impact sur la narration, avec des conséquences multiples tant au fil de l’histoire qu’à la fin. Mais, pour une série de raisons, le jeu manque de profondeur et on ne s’attache que superficiellement aux personnages. Le second inverse la donne. Beaucoup moins riche narrativement que son aîné, je me souviens de quelques scènes qui m’ont marqué, m’ont fait réfléchir et ont surtout suscité une grosse dose d’empathie vis-à-vis de l’héroïne. En lançant Detroit : Become Human, j’ai rapidement constaté que le dernier-né de Quantic se situait entre ses prédécesseurs.

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De l’empathie ET des choix à conséquence ? Je dis oui !

Tout d’abord, sa narration. La fin de chaque scène de Detroit : Become Human propose une arborescence des (très) nombreux choix et embranchements possibles. Si quelques-uns restent timides, la majorité s’avère étourdissante. Fuir, attaquer, tuer, patienter, protester, ne rien dire, débloquer telle voie, passer à côté de telle autre… On se retrouve dans un énorme labyrinthe de possibilités qui ne donnent qu’une envie : y replonger depuis le début pour voir ce qu’on a manqué. Toutes les expériences qui me sont parvenues, ainsi que les miennes, confirment le potentiel de rejouabilité de Detroit. S’il ne faut compter que 8 à 10 heures pour boucler l’aventure, il est possible de la relancer une à deux fois sans trop de redite. Si les variables ont toujours fait partie de la philosophie gaming de Quantic Dream, le studio est aujourd’hui au sommet de son art.

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Des choix, des choix, toujours des choix

Les robots, ils sont gentils

Quand j’affirme que l’écriture est meilleure que dans Heavy Rain, c’est à moitié vrai. En effet, les débuts de Detroit : Become Human sont prometteurs. Ils posent les enjeux d’une société post-moderne confrontée à la menace fantasmée de son extinction face aux machines (un peu comme les adeptes du Grand Remplacement). De nombreux humains sont irrationnels, effrayés par leur vision étriquée de l’Histoire, de l’humanité et de la civilisation. Les machines représentent une menace. En parallèle, celles-ci développent ou miment une conscience et donc des besoins primaires attribués aux humains. Les androïdes souhaitent vivre, être libres, aimer, et toutes ces émotions vitales essentiellement humaines. Le concept, loin d’être original, demeure intéressant, en particulier à notre époque. Et Detroit aborde ces questions de manière intéressante, du moins dans un premier temps.

Hélas, en progressant, les qualités scénaristiques se dispersent, jusqu’à nous laisser face au script d’une série B qui traite un sujet éminemment important avec une paresse et une facilité déconcertantes. Un peu comme 24 Heures Chrono ou Homeland pour le terrorisme. Quelques scènes sortent du lot, à la manière de Beyond : Two Souls, et suscitent l’empathie ou le conflit chez le joueur. Mais le traitement de l’histoire et des personnages ne cesse de se vautrer dans un schéma aussi binaire que classique à mesure qu’approche l’épilogue. On en perd l’attachement aux personnages, très inégaux par ailleurs. Ce qui m’amène à une question sur les jeux écrits par David Cage. Fait-il relire ses scripts ? Si oui, des tiers ont-ils leur mot à dire ? Car j’ai l’impression que, au-delà de l’intérêt du sujet, Cage a du mal à écrire des scénarios à la hauteur de ses ambitions. Il faut y remédier !

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Quand tu commences avec une super histoire et que tu finis sur Fox News

Sous une belle couche de vernis

Si l’on ne retiendra malheureusement pas Detroit : Become Human pour sa profondeur scénaristique, il marquera tant par ses variables que son esthétique. La direction artistique nous plonge dans une ville anciennement paupérisée et qui a connu un regain économique ponctuel grâce à la commercialisation des machines. Un phénomène qui, en réalité, n’a fait qu’accentuer en coulisses la pauvreté et toutes les dérives auxquelles celle-ci peut donner naissance. Cette dimension du jeu est habilement retranscrite à l’écran, même si le jeu s’y attarde de moins en moins au fil de l’histoire. S’y ajoutent les thèmes musicaux propres aux trois protagonistes du jeu. La BO propose des thèmes variés et savamment composés, même s’ils ne touchent pas tous avec la même intensité. Quant à l’ambiance sonore, elle relève du travail d’orfèvre et contribue grandement à l’immersion.

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3 personnes pour 3 histoires

Enfin, le moteur graphique du jeu explose la rétine. Detroit est ni plus, ni moins le jeu vidéo le plus photoréaliste existant à ce jour. On reconnaît sans peine chacun.e des acteurs/actrices et on reste bouche bée devant le soin apporté aux détails. La peau des personnages, leur couleur, leur pilosité, les éléments de décor comme la texture de la neige ou ses flocons qui pullulent à l’écran. Avec sa démo Kara, David Cage avait annoncé la couleur mais Detroit : Become Human est au top du classement des plus beaux jeux PS4. Tout simplement waouw ! Ma PS4 classique n’a pas échappé à quelques chutes de framerate mais celles-ci furent trop peu nombreuses pour que je m’en formalise. Je ne peux en dire autant pour les animations toujours aussi rigides des personnages (ça fait 2010…), qui cassent un peu l’immersion.

Detroit
Magnifique, ce jeu !

J'ai aimé

  • Merveilleusement beau !
  • Des choix à donner le tournis
  • Direction artistique et BO superbes
  • Propos de base très intéressant
  • 3 personnages pour 3 points de vue

J'ai pas aimé

  • Écriture bancale sur la seconde moitié
  • Manque de nuance et de profondeur sur la fin
  • Animations des personnages rigides
  • Clichés du genre rends ton badge !

Résumé des scores

Graphismes
Jouabilité
Bande son
Scénario
Durée de vie

Humain

Je l'attendais de pied ferme et je ne suis pas déçu. Detroit : Become Human est un des meilleures expériences de narration interactive. Dommage que l'écriture s'essouffle sur la seconde partie du jeu.

Revue de presse

 7/10

Gamekult

 –/20

Gamergen

 17/20

JV.com

 8/10

Gameblog

On y était presque !

Detroit : Become Human est incontestablement le jeu le plus abouti de David Cage. Beau à mourir, extrêmement riche dans ses embranchements et globalement immersif, le jeu s’érige enfin à la hauteur des promesses de David Cage. Ou presque. Malgré un très bon départ proposant un scénario sous trois perspectives, abordant des thématiques complexes et contemporaines, Detroit cède aux maladresses scénaristiques et aux stéréotypes les plus bourrus du genre policier (“rendez vot’ badge, Callahan !”). Il propose cependant une aventure rejouable et modulable, dans une ambiance finement maîtrisée grâce à une direction artistique aux petits oignons et trois compositeurs investis, bien qu’irréguliers. Non, Detroit : Become Human n’est toujours pas le messie du jeu narratif, mais il en deviendra l’un des représentants les plus emblématiques. Gageons que Cage s’entourera de meilleurs scénaristes la prochaine fois.

Plus d’infos sur le site officiel de Detroit : Become Human.

À très bientôt sur Sitegeek,

Musa

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Human after all


Detroit: Become Human
Développeurs Sony
Editeur Sony 
Date de sortie 25 May 2018
Prix 69,99

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Bande-annonce :

Galerie :

A propos Musa

J'aime tout mais je suis difficile. Voilà qui me résume bien. Littérature, cinéma, jeux vidéo, séries, animés, comics, mangas, jeu de rôle papier, etc. Ce qui compte pour moi, c'est de distinguer ce que j'aime de ce qui est bon ou mauvais. Car non Einstein, tout n'est pas relatif !

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