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Critique | Mission Impossible : Fallout – Incontestable blockbuster de l’été

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Malgré ses 22 ans, un cinéma complètement transformé et 5 épisodes déjà sortis, la série Mission Impossible ne montre toujours aucun signe d’essoufflement avec Fallout. Et elle doit cet exploit en grande partie à un Tom Cruise au top de sa forme.

Mission Impossible Forever

De base, je n’étais pas fan de Mission Impossible. La série, j’entends, car le premier film reste à mon sens l’un des meilleurs films d’action des années 90. Bien rythmé, plein de rebondissements, avec un money shot mémorable sur la fin. Le film avait tout pour divertir et raviver une licence qui avait plutôt mal vieilli. Mais j’ai vite décroché avec le second film, visuellement explosif mais manquant cruellement d’esprit, la faute à un John Woo qui n’a jamais trouvé sa place à Hollywood (alors qu’à Hong Kong, il compte quelques perles !). Ce n’est que dans les années 2010 que j’ai repris la saga avec un troisième volet digne du premier. J.J. Abrams, devenu producteur depuis, signait un retour magistral pour Ethan Hunt et sa bande.

Un succès qui a vu défiler les suites, avec Brad Bird (Les Indestructibles) aux commandes pour l’excellent Ghost Protocol, tandis que Christopher McQuarrie s’est chargé de Rogue Nation. Un choix judicieux, le bonhomme étant un habitué du cinéma d’action : Usual Suspects, Jack Reacher, le sous-estimé Edge of Tomorrow… Bon, il a aussi fait le reboot de La Momie mais personne n’est parfait, OK ? C’est McQuarrie qui réalise Mission Impossible : Fallout, qui peut compter sur un rythmé effréné, des scènes d’action haletantes, une ambiance variée et surtout Tom Cruise ! Rien à faire, après 22 ans, la star hollywoodienne tient cette série sur ses épaules et Fallout ne déroge pas à la règle.

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Bon, on est bien d’accord, la star… c’est moi !

Mission Impossible : Tom Cruise

J’insiste : la saga Mission Impossible, c’est lui. Dès le premier épisode, Tom Cruise a donné vie au personnage d’Ethan Hunt. Beau, vif, drôle, charismatique, touchant et diablement efficace, le personnage figure au panthéon des héros d’action. Même si depuis quelques épisodes, Cruise s’est entouré d’un casting secondaire plus actif (avec un Ving Rhames présent depuis le tout début, respect !), il n’y aurait plus de Mission Impossible sans lui. Et si j’en crois un article de Rotten Tomatoes selon lequel plus Cruise court dans un film, plus celui-ci a du succès, Fallout devrait péter le box office. En effet, l’acteur – qui réalise ses propres cascades – court énormément dans Fallout. Quand il ne roule pas en moto, ne saute pas d’un avion ou ne pilote pas un hélicoptère (il a appris en 6 semaines…).

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– Tom, tu peux escalader une montagne ?
– OK !

Mais plus globalement, Tom Cruise est un vestige vivant, dans une industrie complètement transformée. Souvenez-vous des années 80/90, quand une seule tête d’affiche pouvait rameuter les foules dans les salles obscures. Le concept du film-vedette a disparu, cédant la place à une promotion plus conceptuelle, basée sur l’écriture, des castings surgonflés, des univers étendus. Tom Cruise est l’un des rares acteurs à faire vivre ce vieux schéma. Et le plus surprenant, c’est qu’avec la série Mission Impossible, ça marche ! Tom Cruise reste à lui seul un acteur “bancable”, une prestation qu’il convient de saluer. Mieux encore, après avoir vu Fallout, on constate que l’acteur de 56 ans en a encore plus sous le capot que des bien plus jeunes. Je vous ai parlé de ses cascades ?

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– Tom, faut que tu t’accroches à un hélico au-dessus d’une vallée.
– Pas de problème !

Laissez-moi respirer !

Que nous propose donc Mission Impossible : Fallout ? Des scènes d’action qui s’enchaînent jusqu’à couper le souffle. De tous les films de la saga, il s’agit probablement du plus nerveux. On s’agrippe à sa chaise jusqu’à la dernière seconde, en se demandant chaque fois comment les membres de l’Impossible Mission Force vont s’en sortir. Pour vous donner une idée du rythme explosif du film, en une petite demi-heure, Fallout enchaîne trois courses-poursuites. Trois. En moto, en camion et en vieille BMW. Et le tour de force de McQuarrie, c’est qu’il gère si bien la réalisation qu’on se fiche d’assister à la même pirouette trois fois d’affilée. De même, malgré sa surabondance dans le film, l’action ne provoque aucune overdose, ou alors très peu sur la fin qui tire un chouia en longueur.

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– Tom, tu affrontes le trafic parisien en moto ?
– Ah c’est chaud quand même… bon OK, YOLO !

Tenir en haleine le spectateur durant près de 2h30 n’est pas une mince affaire. Si Fallout s’en sort si bien, c’est aussi grâce à la recette Mission Impossible, qui alterne entre action, humour, tromperie, rebondissement. Dans la forme, ça tient. Dans le fond, Fallout se situe légèrement en deçà de ses aînés. Tout le scénario part d’une erreur impardonnable, un “gaffe” en grand contraste avec les exploits quasi miraculeux d’Ethan Hunt. La trame lutte constamment contre ses incohérences, une dimension savamment masquée par le dynamisme de Fallout. Si bien que je ne me suis fait la réflexion qu’après avoir visionné le film. Ce n’est pas bien grave et les Mission Impossible (hormis peut-être le premier) n’ont jamais brillé pour leur trame. On peut juste regretter que Fallout soit un cran dessous.

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Quoi ? Fallait un scénar’ ficelé ?

Explosion des sens

Mais revenons quelques instants à la forme. Dans l’ensemble, McQuarrie gère parfaitement la caméra. En particulier lors des scènes d’action prépondérantes du film, dont chaque plan raconte quelque chose. La tension s’en voit renforcée, avec de légers sursauts à chaque coup, chaque collision, chaque plongeon. La diversité de l’action permet également d’apprécier le film sous des angles différents, selon que les personnages se battent au corps à corps ou qu’ils tentent d’éviter une catastrophe sur le fil.

On peut toutefois souligner quelques failles dans la cuirasse. Je pense notamment à l’un ou l’autre effet numérique qui casse l’immersion du spectateur attentif à un moment inopportun. Surtout dans un film qui privilégie les cascades au CGI. Mais il faut vraiment garder l’oeil ouvert pour le remarquer, tandis que ces occurrences sont proportionnellement minimes à côté des nombreuses qualités du film. Enfin, la musique à proprement parler reste plutôt en retrait, malgré le remaniement du thème classique. Mission Impossible : Fallout a opté pour des thèmes d’ambiance plus marqués, contribuant une fois de plus à l’intensité de l’action. Vu le résultat, on ne peut que féliciter l’équipe du film pour ce choix fort judicieux.

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– Tom, tu peux sauter d’un avion ?
– Lance la musique !

Un méchant très très méchant…

J’ai déjà abordé les faiblesses du scénario plus haut. Je pense que la faute revient en grande partie à son antagoniste. Sans spoiler, celui-ci se targue de motivations grandiloquentes, construites sur les fondements posés dans Rogue Nation. Les enjeux semblent grandioses, leur potentiel énorme. Ainsi, le film démarre en trombe et pose les bases d’un film plus sombre, plus complexe et surtout aux finalités beaucoup plus percutantes que dans les volets précédents. Le souci, c’est que le film se disperse et n’aborde plus jamais les questions du début, ou très peu. De même pour les motivations du méchant, qui font l’effet d’un vulgaire pétard mouillé. Il faut croire que tout cela a eu un impact sur Sean Harris, qui interprète un Solomon Lane assez banal.

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T’as vu mon look de méchant ?

Un mot sur le reste du casting, tout de même. Le duo Ving Rhames et Simon Pegg en comic relief fonctionne toujours aussi bien, d’autant que le premier nous montre des facettes plus touchantes de sa personnalité. Si Rebecca Ferguson pouvait laisser perplexe dans Rogue Nation, elle intègre nettement mieux l’équipe dans cet épisode. Personnellement, je regrette l’absence de Jeremy Renner – j’avais complètement zappé qu’il ne jouait pas dans celui-là, la faute au vilain et très attendu Infinity War 2. Je trouvais son personnage et la prestation de l’acteur parfaits pour un second rôle dans un Mission Impossible. Quoi qu’il en soit, les acteurs et actrices endossent parfaitement leurs rôles respectifs, à l’exception peut-être d’un Henry Cavill plutôt monochrome.

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Pourtant, cette fois on a laissé la moustache…

22 ans et toutes ses dents !

Quand j’ai appris la sortie de Mission Impossible : Fallout, j’étais assez perplexe. Un sixième épisode, vraiment ? Et prendre le risque de gâcher une saga qui a tenu si longtemps ? Je me demandais raisonnablement comment les producteurs allaient maintenir l’intérêt du public pour une série vieille de 22 ans. Vingt-deux ans ! Et ils y sont parvenus, grâce à un réalisateur qui maîtrise son sujet et un Tom Cruise qui se donne corps et âme (mais surtout corps) à cette série qu’il n’a pas fini de faire briller. Reste plus qu’à attendre la confirmation d’un épisode 7 qui, espérons-le, perpétuera l’exploit de ses prédécesseurs. En attendant, le blockbuster de cet été n’attend plus que vous, avec tous les succulents ingrédients qu’on attend d’un Mission Impossible.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à faire un tour sur le site officiel de Mission Impossible : Fallout.

À bientôt sur Sitegeek.fr,

Musa

Bande-annonce

A propos Musa

J'aime tout mais je suis difficile. Voilà qui me résume bien. Littérature, cinéma, jeux vidéo, séries, animés, comics, mangas, jeu de rôle papier, etc. Ce qui compte pour moi, c'est de distinguer ce que j'aime de ce qui est bon ou mauvais. Car non Einstein, tout n'est pas relatif !

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