Go Nagai a bercé toute une génération de gamins avec ses robots géants, leurs golgoths, leurs pilotes et leurs coups finaux qui font trembler l’écran. Alors quand un shoot’em up de 1999, resté bloqué au Japon pendant 27 ans, ressort enfin chez nous, forcément, ça attire forcément mon attention. Voici mon test de Geppy-X, ou plutôt de sa version remasterisée 2026.
Geppy-X est le remaster d’un shoot’em up culte de 1999, jamais sorti hors du Japon, qui reproduit la structure d’un épisode d’anime de robots géants façon Grendizer. Le fan service est total, mais le format 4/3 et les hitboxes capricieuses limitent l’accessibilité pour le grand public.
Geppy-X, un jeu original de 1999 enfin sorti du Japon
Petit retour en arrière nécessaire. Le Geppy-X original date de 1999, développé et édité par le studio japonais Aroma sur PlayStation, exclusivement au Japon. Le studio a fait faillite juste après, ce qui explique en partie pourquoi le jeu n’a jamais quitté l’archipel, ni même fait son apparition sur le PS Store à l’époque du Game Archives. Ce remaster 2026, développé cette fois par Implicit Conversions et édité par Bliss Brain, débarque donc pour la première fois hors du Japon, un peu plus d’un quart de siècle après sa sortie initiale. Autant dire que l’attente a été longue.
Sur le papier, Geppy-X coche toutes les cases du fan service pour amateur de mecha seventies. Trois jeunes pilotes fusionnent leurs forces pour contrôler le robot combiné Geppy-X et repousser l’Empire Démoniaque de l’Espace. On sent l’influence directe de Grendizer, Mazinger Z et surtout Getter Robo dans le design des ennemis, ces bêtes géantes qui ressemblent furieusement à des golgoths tout droit sortis d’un dimanche matin devant la télé, période Club Dorothée.
Caractéristiques techniques de Geppy-X
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Développeur original | Aroma (1999) |
| Développeur du remaster | Implicit Conversions |
| Éditeur | Bliss Brain Corporation |
| Genre | Shoot’em up 2D à défilement horizontal |
| Sortie originale | 27 mai 1999, Japon uniquement |
| Sortie du remaster | 16 juillet 2026 |
| Plateformes | PC, PS4, PS5, Switch, Xbox Series X|S |
| Nombre de niveaux | 9 niveaux, répartis sur 4 CD à l’origine |
| Formes du robot | X1 (équilibre), X2 (vitesse), X3 (puissance), évolution en Geppy-XX |
| Animation | Plus de 8000 dessins restaurés, 24 images/seconde |
| Confort ajouté | Rembobinage, sauvegarde rapide, tir automatique, filtre CRT |
Design et conception : un vrai dessin animé jouable
Ce qui frappe immédiatement dans Geppy-X, c’est le soin apporté à reproduire la structure d’une diffusion télé d’époque. Générique d’ouverture, découpage en Partie A et Partie B, eyecatch entre les deux, fausse coupure publicitaire, générique de fin, puis prévisualisation du prochain épisode. On ne regarde pas un anime de super robots, on le pilote. Chaque chapitre commence littéralement comme un dessin animé, et cette mise en scène reste, encore aujourd’hui, complètement dingue pour un jeu de tir.
La musique fait le reste du travail. Le générique et les chansons d’insert sont interprétés par des pointures de l’anime song japonais, et ça s’entend. C’est grandiloquent, ça déborde d’emphase, exactement comme il faut pour ce genre de programme. Visuellement, les décors changent bien d’un niveau à l’autre, avec une vraie diversité d’ambiances qui évite la répétition, un défaut fréquent sur les shmups de l’époque.
Test Geppy-X : performances et sensations de jeu
Sur le plan du gameplay pur, Geppy-X repose sur la transformation en temps réel entre les trois configurations du robot, chacune avec ses propres tirs et sa maniabilité propre. Le concept fonctionne bien : basculer entre puissance brute et mobilité selon la situation donne un vrai rythme aux affrontements, loin du simple shoot bête et méchant. Les fins de combat de boss sont couronnées par une animation façon attaque spéciale, très fidèle à l’esthétique Grendizer, et ça fonctionne à chaque fois, même en connaissant la ficelle.
Les défauts, eux, sont bien réels. Les hitboxes souffrent clairement de la forme particulière des robots, ce qui rend certains esquives approximatives et parfois injustes. Le format 4/3 d’origine, conservé pour l’authenticité, manque cruellement de lisibilité sur un écran moderne, on perd en visibilité périphérique là où un shmup a justement besoin d’espace pour respirer. Et comme les niveaux sont courts, se retaper systématiquement les génériques et les fausses pubs à chaque partie devient vite pénible, surtout en mode die and retry.
Geppy-X face à la concurrence
Dans le rayon shmup à thématique mecha, Geppy-X se distingue moins par sa jouabilité pure que par sa mise en scène. Sur le terrain du pur gameplay de tir, d’autres productions plus récentes offrent une lisibilité et une précision de hitbox supérieures. Mais aucune ne pousse aussi loin le concept de “jouer un épisode d’anime”, ce qui reste la vraie signature du titre et justifie à lui seul l’expérience.
Avis Geppy-X : le verdict
Geppy-X est une lettre d’amour assumée à l’âge d’or du mecha japonais, portée par une réalisation sonore et une mise en scène qui n’ont pas pris une ride. Les amateurs de shmup y trouveront un concept de transformation qui tient la route, et les fans de Go Nagai et de Getter Robo seront servis en clins d’œil visuels. Le format 4/3 et les hitboxes perfectibles rappellent en revanche que le jeu a 27 ans, et pourraient rebuter un public plus large habitué au confort moderne. Faut-il replonger dans cette relique remasterisée avec ferveur, ou la laisser aux nostalgiques les plus hardcore ? En ce qui me concerne, j’ai décidé d’y jouer sans modération !







