Un message vocal paniqué, un appartement qui n’a plus rien de rassurant, et une console de jeu tout droit sortie des années 90 trouvée dans une boite aux lettres. Voilà comment démarre Looking For Fael, et voilà aussi comment j’ai fini par oublier l’heure du dîner à cause de mon aventure.
Looking For Fael est un escape game en vue première personne où l’on explore un appartement aux dimensions mouvantes pour retrouver la trace d’un colocataire disparu. Encore en préparation, le jeu impressionne déjà par son sens du détail et sa mécanique de puzzle à la Game Leaf, clin d’œil assumé aux consoles portables des années 90.
Looking For Fael : de quoi s’agit-il exactement
Le pitch du jeu tient en une phrase trouvée sur votre répondeur automatique : Fael, votre colocataire, s’est perdu dans votre appartement. Sauf que cet appartement, vous le connaissiez par cœur, et il se met soudain à se plier, se dédoubler, se réinventer pièce par pièce. Looking For Fael prend la forme d’un escape game à la première personne où chaque indice compte : un code griffonné sur un post-it, une date sur un calendrier, un pictogramme planqué dans un tableau. Le jeu vous prévient d’emblée qu’un carnet de notes n’est pas un gadget de collectionneur mais un outil de survie.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Genre | Aventure, puzzle, exploration en première personne |
| Développeurs | Swing Swing Submarine, La Poule Noire |
| Éditeur | ARTE France |
| Direction artistique | Benoît “Beloup” Leloup |
| Plateforme testée | PC (Steam, via démo) |
| Date de sortie | 2026 (date précise non communiquée) |
| Mode de jeu | Solo |
| Langue | Doublage et sous-titres français complets |
| Configuration minimale | Windows 10 64 bits, Intel i5-4690K, 8 Go de RAM, GTX 1060 |
| Prix | Non communiqué à ce jour |
Design et conception : quand une BD prend vie
La première chose qui saute aux yeux dans Looking For Fael, c’est sa patte graphique. On sent tout de suite que le jeu vient de l’imaginaire d’un auteur de bande dessinée plutôt que d’un simple studio de développement. Les couleurs sont franches, les pièces regorgent de détails à la limite du cabinet de curiosités, et chaque nouvelle salle traversée change complètement de registre visuel, entre salon banal, salle de cinéma improbable ou pièce envahie par la végétation. Ce n’est pas juste joli pour être joli : chaque décor sert la narration, un peu comme si on tournait les pages d’une BD dont on serait le héros et franchement, le tout se laisse parcourir de façon très agréable.
Test Looking For Fael : performances et usage
Sur le papier, Looking For Fael ressemble à beaucoup d’escape games vidéoludiques. Dans les faits, la structure narrative change la donne. On avance d’une version de l’appartement à une autre, chacun fonctionnant comme un puzzle autonome, mais avec un principe très malin : une action posée dans une pièce peut avoir des répercussions ailleurs. Ce fil rouge entre les zones donne au jeu une texture plus proche d’un jeu d’énigmes façon Blue Prince que d’un point-and-click classique, sans être un clone pour autant.
La vraie surprise reste la Game Leaf, cette console fictive tout droit sortie des années 90, qu’on utilise en jeu pour résoudre des mini-puzzles inspirés de mécaniques old school façon Tetris, sans s’y limiter. L’idée de faire d’un objet diégétique un véritable outil de gameplay, et pas un simple gadget cosmétique, fonctionne redoutablement bien. On sent que les développeurs ont voulu flatter la fibre nostalgique sans tomber dans le fan-service creux et c’est très bien.
Sur la partie prise en main pure, rien à signaler de rédhibitoire : les contrôles restent simples, la progression dans les différentes versions de l’appartement est lisible malgré la complexité des lieux qui évoluent constamment, et l’ergonomie générale ne demande pas un doctorat en level design pour être comprise. Le vrai piège du jeu, c’est plutôt le temps. Car une fois lancé dans la collecte d’indices, il est plutôt difficile de lâcher la souris avant d’avoir bouclé un niveau.
Face à la concurrence
Looking For Fael navigue dans les eaux déjà fréquentées par Blue Prince ou Gorogoa, ces jeux où l’exploration et la logique comptent plus que les réflexes. La comparaison avec Blue Prince tient surtout à cette sensation de bâtiment qui se réinvente au fil de la progression, mais Looking For Fael mise davantage sur la narration façon thriller domestique et sur son identité graphique très marquée, plutôt que sur la génération procédurale de pièces. Enfin, et face à des mastodontes du genre comme la série The Room, le jeu se distingue par son ambition scénaristique et son ton plus mélancolique que purement mécanique.
Avis Looking For Fael
Inutile de tourner autour du pot, Looking For Fael a tout pour séduire un public très large. L’idée de transformer le concept d’escape game en véritable jeu vidéo narratif tombe à point nommé, à une époque où le genre escape room cartonne dans la vraie vie comme sur les plateaux de télé. Que vous soyez plutôt joueur du dimanche ou complétiste maniaque qui note tout dans un carnet, ce jeu semble taillé pour vous garder devant l’écran plus longtemps que prévu. De plus, il plaira aux nostalgiques des années 90, tout comme aux amateurs de bandes dessinées. Il s’agit donc ici d’un grand oui pour ce jeu dont je n’attendais rien de précis, mais qui a quand même réussi à me tenir en haleine des heures durant. En bref, essayer Looking for Fael, c’est l’adopter !






