1999, les salles d’arcade se préparent à vivre leurs dernières heures de gloire, et VISCO surf une énième fois sur la vague arcadienne pour sortir, au format MVS uniquement, ce Ganryu. En 2017, PixelHeart et JoshProd ont saisi la balle au bond pour adapter ce titre méconnu de la ludothèque Neo Geo sur Sega Dreamcast.

Quand la Dreamcast s’aventure dans la ludothèque NEO GEO 16-bits

Origine et histoire du jeu

Ganryu est donc passé inaperçu lors de sa sortie au format MVS arcade en 1999. Basé sur un gameplay inspiré de Shinobi et Strider, il n’a pas pu s’imposer dans le cœur des gamers et n’a pas eu droit à sa version AES. Cela en fait un titre très recherché par les collectionneurs/fullsetteurs de cartouches Neo Geo MVS presque exclusivement. C’était sans compter sur l’opportunisme des têtes-pensantes de chez PixelHeart. En effet, en 2017, ils ont lancé une adaptation de ce titre au format Dreamcast. Opportunité de découvrir un titre Neo Geo dans des conditions dignes de ce nom, qu’a vraiment à offrir cette conversion ? Le jeu en vaut-il la peine ? L’adaptation est-elle fidèle à l’originale ? Je vais répondre à toutes ces questions, puisque j’ai la chance de tester les deux titres sur la dernière console de Sega et sur ma borne Rit Legno Neo Geo.

MVS arcade vs Dreamcast, ready ?

La version de Ganryu by PixelHeart sur Dreamcast

Transformer un titre Neo Geo 16-bits en soft Dreamcast 128-bits peut paraitre chose aisée, mais l’exercice est loin d’être réussi d’avance. L’architecture des consoles et les supports CD vs Cartouche sont tellement différents que la machine a déjà rencontré de gros soucis lors de précédentes émulations. Pour le coup, la conversion est digne d’intérêt et on peut louer les mérites de l’équipe de PixelHeart qui a pu conserver tous les atouts esthétiques de la version de 1999, avec une copie conforme de ce que l’on peut y voir sur le cathodique des bornes d’époque. Par contre, cette version pêche tout de même par des ralentissements qui nuisent parfois au jeu. Même si cela n’est pas rédhibitoire, cela s’avère inconfortable dans les moments de difficulté intense. Pour ce qui est du packaging, c’est tout simplement parfait. La boite, le CD et le manuel respirent la qualité, on s’y croirait!

Alors on teste!

Scénario

Vous incarnerez  une des figures emblématiques du Japon, Miyamoto Musashi, le plus grand escrimeur de l’histoire du pays soit dit en passant. Si vous préférez l’agilité à la force, vous pourrez aussi incarner la belle Suzume, à votre meilleure convenance. Après avoir vaincu Kojiro, son ennemi de toujours, Musashi décide de rejoindre sa bien aimée à Kyoto. Cependant, la ville est attaquée par des ninjas belliqueux qui ont enlevé Otsu! Musashi et/ou Suzume partent à sa recherche, sur l’île de Ganryū-jima, une île au Japon située entre Honshū et Kyūshū. L’aventure commence…

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Technique

Que l’on évoque la version MVS ou la version Dreamcast, qui affichent une plastique identique, on ne peut que constater le minimalisme des efforts fournis pour proposer un titre chatoyant et des sprites démesurés comme la Neo Geo peut en proposer. Dans Ganryu, les graphismes rappellent les premières productions sur AES, neuf ans auparavant. La version Dreamcast ne jouit pas d’un lifting particulier, et malheureusement, le portage souffre même de certains ralentissements avec des saccades intempestives de temps à autre. La bande son est plaisante et fait le job sans marquer les esprits. Les graphismes sont parfois comparés à un titre du catalogue Super Nintendo ou Sega Megadrive mais objectivement, on est tout de même un cran au-dessus.

Pas les graphismes les plus ouf des 90’s

Jouabilité

En termes de jouabilité, le gameplay s’axe autour des mécanismes classiques dans les Shinobi-like. Vous disposez d’une arme blanche “kunai” typique des combattants Shinobi, d’une chaine qui vous permet de vous agripper à certains décors afin de vous balancer et d‘une boule de feu lorsque vous tenez une touche enfoncée. Vous pourrez également récupérer des items afin de modifier vos armes, en nombres limités, avec des shurikens, des bombes, etc. Même si cet arsenal promet des affrontements variés, force est de constater que l’arme principale aura votre préférence forcée. En effet, très peu de décors vous permettent de s’y accrocher avec le grappin, les coups de chaine sont lents et la boule met trop de temps à se déclencher.

De surcroit, la difficulté accrue aura raison du courage des plus braves. Axée sur cinq levels assez courts, l’aventure ne tardera pas à vous frustrer par sa difficulté gratuite. Les ennemis Ninjas, très peu variés (3 couleurs de ninjas, tous identiques) surgissent de n’importe où, n’importe comment, et il est souvent impossible d’improviser sans se faire toucher. Quant aux boss de fin de niveau, ils ne vous feront aucun cadeau. Je regrette aussi qu’on ne puisse pas frapper vers le haut ou en diagonal. Pour ma part, je ne suis pas parvenu à me défaire du monstre aux plantes du level 3.

Des ninjas un peu partout

 Plaisir du testeur

Malgré une technique minimaliste, une difficulté surdosée et un manque cruel d’originalité pour un titre de 1999, ce Ganryu m’a plu. Le plaisir du gameplay réside dans la mémorisation des patterns ennemies et de l’apparition des ninjas rebelles. À coup de vies illimitées, faire et refaire les stages et combattre les boss finaux devient obsessionnels et l’aboutissement de l’exercice s’avère du coup jouissif.

La culture du high-score, motivation de l’arcade gamer

J’achète ou je n’achète pas ?

En conclusion, ce Ganryu s’est perdu en 1999 pour mieux se retrouver en 2017. Cette version Dreamcast, malgré ses petits défauts de framerates donne accès à une version officielle du soft, sur un support noble et coutumier de la sensation “arcade perfect”. Pour une quarantaine d’euros sur Dreamcast, le portage et la qualité des matériaux utilisés valent la peine de se faire un petit plaisir rétro. Le jeu en lui-même convaincra une poignée d’aficionados, fan des ludothèques Neo Geo ou de la Sega Dreamcast, nostalgiques et en manque de découvertes sur leur console de cœur. Pour les autres, il vaudra mieux se tourner vers des titres dédiés au support, pour éviter la désillusion.

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Si vous désirez vous forger votre propre avis, il est disponible sur le site PixelHeart. Vous pouvez également y trouver une version Neo Geo AES, certes moins abordable, mais qui semble être la réplique parfaite de la version MVS arcade originelle. Et si vous passez à la caisse, n’oubliez pas d’utiliser votre coupon  (NEWPIXEL) pour une réduction de 15% valable sur votre première commande  sur le site PixelHeart.

Vega