Alors que le marché du gaming pullule aujourd’hui de jeux de guerre et de jeux médiévaux, un genre complètement différent a resurgi en 2020 : le genre cyberpunk. Celui-ci avait été quelque peu oublié, entre les vagues de Battle Royale et de Super Héros. Mais à la suite du grand succès du jeu The Witcher 3 : Wild Hunt, le studio CDPR (CD Projekt Red) s’est lancé dans un projet immense et prometteur.

Cyberpunk 2020, le jeu de rôle à l'origine de Cyberpunk 2077

Cyberpunk 2020, le jeu de rôle à l’origine de Cyberpunk 2077

Dès sa première bande-annonce sortie en 2013, Cyberpunk 2077 fait rêver. D’ailleurs, ce dernier fait tellement de bruit que le genre cyberpunk prend une envolée au sommet, avec des films, des livres et des jeux du même style qui montent en popularité. Cela dit, qu’est-ce qui se cache vraiment sous l’engouement démesuré qu’a généré le jeu vidéo Cyberpunk 2077 ? Quelle est son origine et pourquoi sommes-nous autant attiré par ce genre néo-apocalyptique ? Nous faisons le point dans l’article qui suit.

The Shockwave Rider, de 1975 est considéré comme la première oeuvre Cyberpunk

The Shockwave Rider, de 1975 est considéré comme la première oeuvre Cyberpunk

L’origine de Cyberpunk 2077 : Cyberpunk 2020

Afin de bien comprendre le sujet principal de l’article, il faut commencer par la source. L’adaptation vidéoludique du jeu Cyberpunk 2077 vient en fait d’un jeu de rôle créé par Michael Alyn Pondsmith, plus communément appelé Mike Pondsmith. Reconnu pour son travail sur les jeux de l’éditeur R. Talsorian Games, il développe le jeu de rôle Cyberpunk 2020 vers la fin des années 80. L’univers du jeu de plateau représente notre société dans un futur proche, là où la déchéance et la technologie règnent par-dessus tout. Les mégas corporations dirigent un monde dystopique, l’hypersexualisation domine les espaces publicitaires et les augmentations cybernétiques sont plus populaires que jamais. Le jeu reçoit de bonnes critiques et est bien accueilli par les fans du genre. Entre-temps, une petite entreprise polonaise se fait un nom à l’aide d’une licence à la popularité grandissante, The Witcher. Cependant, ce n’est qu’avec le 3e volet de la série que CDPR devient un studio de renom. Comme suite à l’expansion de l’équipe et des bureaux, CDPR est fusionné avec Optimus S.A. et devient la meilleure société cotée en bourse dans le secteur du jeu vidéo polonais. En 2012, un nouveau jeu est annoncé. Ce dernier promet un monde ouvert gigantesque dans le style cyberpunk offrant un mix entre FPS (First Person Shooter) et RPG (Role Playing Game) de haute qualité.

L'hypersexualisation est une des dérives de notre société imaginées par l'auteur de Cyberpunk 2020

L’hypersexualisation est une des dérives de notre société imaginées par l’auteur de Cyberpunk 2020

Après 7 longues années de développement, le jeu sort enfin en décembre 2020, suite à la pression exercée par non seulement les actionnaires, mais aussi par les joueurs. En effet, la sortie du jeu est retardée de nombreuses fois, au grand mécontentement de ceux l’ayant précommandé plusieurs mois d’avance. Malgré les nombreux bugs, les coupures dans le contenu du jeu et les demandes de remboursements par centaines, Cyberpunk 2077 bat des records de vente.

Lire aussi :
Anthropologeek #1 - La vérité sur les fans d’Apple

Un genre qui se rapproche de notre réalité

Si les jeux vidéo servent souvent d’échappatoire temporaire à notre réalité, force est de reconnaître que Cyberpunk 2077 nous la rappelle vivement. Bien entendu, les implants cybernétiques et les voitures volantes ne sont pas encore la norme, mais reste-t-il que ces derniers sont bien en voie de développement. Un autre type de technologie dominante dans cet univers est la réalité virtuelle, souvent référée par le nom « braindance ». À l’aide de celle-ci, il est possible de revivre la mémoire d’une autre personne et de ressentir les émotions ainsi que sensations vécues lors de celle-ci. La VR étant de plus en plus prédominante ces dernières années, avec des casques VR toujours plus performants tels que l’Oculus Quest 2 ou le Vive Index, on ne peut qu’imaginer ce que la réalité virtuelle nous réserve pour les prochaines années à venir. En parallèle des technologies représentées, nous avons aussi les conflits sociopolitiques et économiques qui rappellent très bien ceux explorés dans plusieurs œuvres littéraires et audiovisuelles. Parmi ces œuvres, on retrouve Matrix, Akira, Blade Runner, Métropolis, Robocop, Hunger Games, Ghost in The Shell, Terminator, Killer Instinct, L’île, Cyborg, Black Mirror, Mad Max et bien d’autres.

Blade Runner dépeint un univers Cyberpunk incroyable

Blade Runner dépeint un univers Cyberpunk incroyable

Les thèmes récurrents du genre cyberpunk et de la dystopie futuriste qui l’entoure sont clairs et, bien honnêtement, effrayants. D’une part, nous sommes fascinés par les avancées technologiques, qui semblent maintenant exister dans l’ère du possible. De l’autre, nous avons cette sombre réalité, qui revient dans la majorité des œuvres. Une réalité dominée par la technologie et la pauvreté ainsi que par les conflits et les guerres qui en découlent. Une analogie qui décrit bien cette fascination contradictoire pour ce futur macabre serait celle du fruit défendu. En d’autres mots, le désir d’une chose qui n’est pas élémentaire à la survie, mais qui semble inévitablement irrésistible.

Lire aussi :
Test | Watch Dogs 2 - PS4 - un update mais toujours quelques bugs

L’engouement de la démesure

Nous l’avons déjà vu auparavant, un jeu qui promettait énormément et qui ne délivre finalement que très peu. En guise d’exemple, le jeu No Man’s Sky, qui prétendait plusieurs fonctionnalités telles que la possibilité de pouvoir rencontrer d’autres joueurs dans l’univers, ce qui était impossible à la sortie du jeu. C’est un peu ce qui s’est produit avec Cyberpunk 2077. Toutefois, les possibilités et l’envergure du jeu restent énormes et sauvent en quelque sorte son intégralité. Côté scénario, vous êtes accompagné par la conscience de Johnny Silverhand (un ancien terroriste joué par Keanu Reeves). Votre personnage, V, doit survivre parmi les différents gangs de rue et les corporations avides de pouvoir. Pour vous aider, vous pouvez acquérir des habiletés d’hacking et de mouvement, ainsi que des armes à feu et de combat rapproché. Une nouvelle technologie très dangereuse, gardée sous le nom de Soulkiller, tombe entre les mains de V. Celle-ci permet de copier ou de tuer l’âme d’une personne. Il vous faudra prendre plusieurs décisions difficiles, qui affecteront progressivement votre histoire dans la ville dégénérée de Night City.

L'univers de Ghost in the shell

L’univers de Ghost in the shell

Le développement du jeu a coûté approximativement 317 000 000 $ américains, ce qui a fait de lui l’un des jeux les plus dispendieux à développer de l’histoire du jeu vidéo. Cyberpunk 2077 s’est vendu à plus de 13 millions d’exemplaires à travers le monde (statistiques datant du 20 décembre 2020).

Est-ce que l’attente en valait le coup ? Est-ce que les fonctionnalités absentes ou les bugs font de Cyberpunk 2077 un pétard mouillé ? Les avis sont mitigés et très variés, allant du meilleur jusqu’au pire. Néanmoins, nous pouvons tous s’accorder sur une chose : l’ambiance cyberpunk du jeu est très réussie et fidèle au monde imaginaire de Mike Pondsmith.

Si vous ressentez une fatigue accrue face à Call of Duty ou Fortnite, par exemple, c’est une belle aventure au cœur de la ville de Night City vous attend peut-être au détour.

Et vous, le genre Cyberpunk vous plait? Quelle est votre oeuvre préférée?

Dites-nous tout dans les commentaires.

Gwen