Quand on traîne ses guêtres sur les rives du Lac de Garde en Italie, le touriste moyen n’a qu’un mot à la bouche : Gardaland. C’est grand, c’est lisse, c’est calibré au millimètre par Merlin Entertainments. Mais juste à côté, planqué derrière un parking poussiéreux et une façade qui fleure bon les années 90, se trouve Movieland The Hollywood Park. Un ovni absolu dans le paysage européen des parcs d’attractions. Ici, pas de mascottes guimauves ni de dark rides contemplatifs. On vous vend du feu, des moteurs V8 crachotants, de la tôle froissée et des hectolitres d’eau balancés à la tronche. Pour nos vacances en famille de juillet 2026, j’ai délibérément zappé les usines à touristes pour embarquer ma tribu dans cette faille spatio-temporelle de l’entertainment. Et devinez quoi ? C’est probablement l’une des expériences les plus rafraîchissantes et singulières que j’ai pu vivre dans un parc à thème depuis des années.
- Fiche Pratique : Le repaire des cascadeurs italiens
- Le contexte de la visite : Blackout et canicule
- Les attractions incontournables : Le royaume des effets pratiques
- Kitt SuperJet : Rambo sur le Lac
- Magma 2.1 : Mad Max en Vénétie
- Antares Interstellar : Gravité martienne
- Disaster – The Blockbuster Tour : Le bus fou
- U-571 Submarine : Sueurs froides en eaux profondes
- Hollywood Tower : La relique qui tape dur
- La vibe du parc et la restauration
- Mon verdict : je resigne direct
Movieland Park (Italie) se démarque par des attractions uniques, viscérales et riches en effets pratiques, loin des standards lisses de l’industrie. Malgré un parc de petite taille et une panne de courant inopinée, l’expérience brute (Kitt SuperJet, Magma 2.1, Antares) et la politique commerciale exemplaire en font un incontournable pour les amateurs de sensations atypiques.
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Fiche Pratique : Le repaire des cascadeurs italiens
Avant d’enfiler votre gilet de sauvetage et votre casque lourd, posons les bases de ce parc pas comme les autres. Movieland fait partie du complexe Canevaworld Resort (qui inclut aussi un immense parc aquatique adjacent), ce qui explique la prépondérance de la flotte dans ses attractions.
| 📍 Localisation | Lazise (Lac de Garde), Vénétie, Italie. |
|---|---|
| 🕒 Horaires | Généralement de 10h00 à 19h00 (nocturnes en août). |
| 💶 Tarifs (2026) | Autour de 34€ l’entrée 1 jour (excellent rapport qualité/prix). |
| 🎯 Public cible | Amateurs de films d’action, d’effets spéciaux bruts et d’expériences “physiques”. |
| 🌦️ Météo idéale | Plein été ! Vous allez finir trempés quoi qu’il arrive. |
Le contexte de la visite : Blackout et canicule
Plantez le décor : un beau mois de juillet 2026, la canicule italienne qui tape sur le bitume, et une équipe familiale aux attentes très hétéroclites. Ma fille de 11 ans trouve son frisson maximal sur le Mecalodon à Walibi Belgique mon fils de 6 ans est encore méfiant face aux grosses machines, et Madame préfère esquiver les usines à G positifs. Quant à moi, j’arpente habituellement les parcs d’Europe pour chasser du gros crédit et des airtimes massifs. Movieland devait donc faire le grand écart pour satisfaire tout le monde. L’affluence s’annonçait lourde pour un mois de juillet, mais surprise : les temps d’attente se sont révélés particulièrement légers tout au long de la journée.
La petite anecdote croustillante de notre passage ? Une panne de courant générale a frappé le parc sur les coups de 16h, paralysant l’intégralité des attractions. Fin de journée prématurée pour tout le monde. Là où n’importe quelle multinationale du divertissement vous aurait renvoyé chez vous avec un simple “Désolé” lu sur un prompteur, la direction de Movieland a réagi avec une classe impériale : distribution de billets gratuits à tous les visiteurs pour revenir le lendemain. Un service client old-school, réactif et généreux qui mérite d’être souligné. C’est suffisamment rare dans l’industrie pour qu’on leur tire notre chapeau.
Les attractions incontournables : Le royaume des effets pratiques
Si vous cherchez des montagnes russes ultra-fluides avec un layout millimétré par ordinateur, passez votre chemin. La véritable attraction de Movieland, c’est son mépris total pour le virtuel. Ici, quand il y a une explosion, vous sentez la chaleur des flammes. Quand un camion prend un virage, vous sentez le châssis hurler à la mort. Revue de détail des pépites du parc.
Kitt SuperJet : Rambo sur le Lac
Oubliez les traditionnels bûches et autres Flume rides poussifs. Le Kitt SuperJet, c’est un hors-bord propulsé par des turbines surpuissantes (façon jetboat néo-zélandais), piloté en temps réel par un véritable cascadeur. Le pitch ? Une mise en scène un brin nanardesque façon Rambo, où notre pilote s’amuse à slalomer entre des obstacles à une vitesse absurde. C’est étonnamment très confortable, absolument pas effrayant, mais prodigieusement fun. Les enfants, prudents, ont préféré observer depuis la berge. Grand bien leur a pris : Madame (qui m’a exceptionnellement suivi sur ce coup) et moi sommes ressortis littéralement essorés, trempés jusqu’aux os. Les figures à 360 degrés balancent des murs d’eau directement dans l’habitacle. Une masterclass de fun décomplexé.
Magma 2.1 : Mad Max en Vénétie
L’attraction signature. Vous embarquez à l’arrière d’un colossal camion tout-terrain MAN Kat 1 de l’armée, conduit une fois de plus par un cascadeur bien humain, pour une virée furieuse dans des décors de cinéma abandonnés. Le camion dévale des pentes raides, fonce dans des bassins d’eau, manque de se retourner dans des virages sans le moindre banking (inclinaison), et survit à un tremblement de terre simulé. La mise en scène est géniale, ça pue l’essence, le moteur hurle à chaque relance. C’est rudimentaire, mécanique au possible, et c’est exactement pour ça que c’est brillant. Je n’ai vu un tel engagement physique de la part d’un parc nulle part ailleurs en Europe. On est secoués comme des pruniers, et on en redemande.
Antares Interstellar : Gravité martienne
Sous ses allures de petite nouveauté SF, Antares cache une technologie redoutable : un véritable Rotor (centrifugeuse) habillé d’une thématisation ultra-soignée. L’idée est de simuler le décollage d’un vaisseau vers Mars. Vous êtes collés aux parois de la cabine cylindrique par la force centrifuge, tandis que des écrans diffusent le plan de vol. Les G positifs vous écrasent littéralement contre la paroi, simulant parfaitement la pression atmosphérique d’un décollage. L’illusion est bluffante, la magie opère immédiatement. Une pépite d’immersion physique qui prouve qu’avec de bonnes idées, une vieille mécanique de fête foraine peut devenir une attraction premium.
Disaster – The Blockbuster Tour : Le bus fou
C’est le grand favori de la famille. On grimpe dans un bus articulé pour une visite des studios hollywoodiens. Bien évidemment, tout tourne mal. Le charme de cette attraction réside dans son côté totalement décomplexé : on traverse des décors qui pompent allègrement de grandes licences cinématographiques sans jamais en payer les droits. C’est bourré de clins d’œil épiques et drôles. Le climax ? Le bus s’engouffre intégralement dans un simulateur de tornade, avec des effets d’eau et de vent d’un réalisme saisissant. Les enfants ont hurlé de rire. Une masterclass de divertissement familial.
U-571 Submarine : Sueurs froides en eaux profondes
Une expérience hybride entre walkthrough (parcours à pied) et simulateur. On y incarne un agent secret infiltrant un sous-marin de la Seconde Guerre mondiale sous le feu ennemi. Après un pré-show bien rythmé (et humide), on pénètre dans la carcasse métallique du submersible monté sur vérins hydrauliques. La simulation de naufrage est chaotique, bruyante, et le parc a eu la riche idée d’intégrer des fuites d’eau glacée pour asperger les passagers au pire moment. Résultat : des fous rires nerveux dans toute la carlingue. Simple, diablement efficace.
Hollywood Tower : La relique qui tape dur
En tant que puriste des machines à sensations, je lorgnais sur cette rareté depuis longtemps. Il s’agit d’une tour de chute Intamin de première génération (First Gen Freefall). Pas de nacelle circulaire, mais une cage qui monte lentement via un ascenseur bruyant, avance dans le vide, et lâche prise. La first drop génère un airtime extrêmement violent, avant que le rail ne se courbe pour vous faire arriver sur le dos, subissant un hangtime prolongé couché face au ciel. C’est brut, archaïque, et franchement génial à ressentir au moins une fois dans sa vie. Seul bémol : l’habitacle est pensé pour les gabarits des années 80. À l’intérieur, j’étais comprimé comme un rôti dans sa ficelle.
La vibe du parc et la restauration
Malgré sa petite superficie qui permet de tout quadriller sans s’épuiser, Movieland jouit d’une excellente vibe. Les décors ont ce charme désuet des studios de la grande époque, et on sent une vraie passion de la part des équipes pour proposer un spectacle généreux. L’ambiance est détendue, à des années-lumière de la pression oppressante des gros parcs européens en haute saison.
Il faut toutefois distribuer un carton rouge : Pangea. Cette attraction vous permet de conduire (réellement) des jeeps dans une jungle peuplée d’animatroniques de dinosaures, façon Jurassic Park. L’idée est géniale, mais le débit horaire de l’attraction est une aberration absolue. La file d’attente débordait littéralement sur les allées à chaque fois que j’ai tenté ma chance. Une frustration assumée, il faudra y retourner en basse saison. Diabolik aussi, qui est la seule montagne russe du parc : c’est un Boomerang inversé ou on peut s’assoir face à face ce qui est sympa mais à l’instar des autres manèges du genre : ça a vieillit et on ressort surtout avec un mal de crane. Pour les enfants, il y a un tas de petits attractions aussi sympa, celle avec les insectes était malheureusement en panne.
Autre point fort du parc : les spectacles avec notamment le show “Rambo” de l’armée américaine, mais je n’ai pas eu l’occasion d’y participer.
Côté restauration, le parc réussit son pari. Là où on s’attendait au sempiternel burger sec facturé 18 balles, nous nous sommes rabattus sur un restaurant thématique mexicain : ce fut une excellente surprise. C’était copieux, savoureux, et surtout très abordable comparé aux standards de l’industrie. Vous pouvez nourrir une famille de quatre personnes sans avoir à hypothéquer un rein, et ça, en 2026, c’est presque un miracle.
Mon verdict : je resigne direct
Movieland n’essaie pas d’être Disney, et c’est sa plus grande force. C’est un parc qui sent la sueur, l’essence et le chlore. Un parc “à l’ancienne” où l’illusion passe par la mécanique brute plutôt que par des écrans 8K et des casques VR soporifiques. L’audace de faire conduire de véritables camions et des bateaux surpuissants par des employés au milieu du public force le respect. Si vous cherchez de la poésie et des finitions parfaites, restez à Gardaland. Mais si vous voulez rire à gorge déployée, vous faire secouer l’échine et finir la journée trempé comme une soupe avec le sourire jusqu’aux oreilles, Movieland est un passage obligatoire dans le nord de l’Italie. On y est allés par curiosité, on y retournera par passion.














