Encore une nouvelle série de super héros made in Netflix me direz-vous. Pas longtemps après nous avoir sorti Titans dont Fred vous parlait récemment, Netflix a décidé de s’attaquer à un autre comic avec The Umbrella Academy. Tous les ingrédients étaient réunis pour en faire une super série et globalement on peut dire que c’est plutôt réussi.

ATTENTION RISQUE DE SPOILERS !!!

The Umbrella Academy : Synopsis

En 1989, le même jour, quarante-trois bébés sont inexplicablement nés de femmes qui n’étaient pas enceintes et que rien ne relie. Sir Reginald Hargreeves, un industriel milliardaire, adopte sept de ces enfants et crée The Umbrella Academy pour les préparer à sauver le monde. Mais tout ne se déroule pas comme prévu. Les enfants devenus adolescents, la famille se désagrège et l’équipe est dispersée. Les six membres toujours en vie, désormais trentenaires, se retrouvent à l’occasion de la mort de Hargreeves. Luther, Diego, Allison, Klaus, Vanya et Numéro Cinq travaillent ensemble pour résoudre le mystère qui entoure la mort de leur père. La famille désunie se sépare cependant de nouveau, incapable de gérer des personnalités et des pouvoirs trop différents, sans même parler de l’apocalypse qui les guette…

Les retrouvailles de la famille Hargreeves, on a vu plus joyeux

Un potentiel énorme relativement exploité

On sent que les scénaristes ont voulu se démarquer des autres séries de super héros en mettant en avant des personnages tous bien différents dans un univers relativement barré et pourtant réaliste. Malheureusement la série se perd parfois à force de vouloir forcer les traits de certains profils psychologiques. Que ce soit l’enfant maltraitée, la mère absente, le père distant et autoritaire ou encore la relation presque incestueuse entre certains membres de la famille… Autant d’éléments provoquant des longueurs inutiles qui saccadent le rythme de la série de manière générale.

Ouin Ouin je suis super fort mais mon papa m’aime pas…

Ce que je trouve regrettable, c’est que la série démarre sur les chapeaux de roue avant de de se tasser et devenir un peu trop prévisible. L’ensemble manque en effet de surprises, tout en restant agréable à regarder. Je vais éviter les spoilers mais je serais curieux d’avoir votre avis sur les 2 derniers épisodes de la saison 1. Il faut par contre saluer l’ambiance générale de la série ! Celle-ci nous plonge dans un univers entre magie et super pouvoirs, servi par une bande son inspirée entre autres des années 80 dont on ne se lasse pas et qui, contrairement à Titans, se justifie à chaque scène. Chaque épisode offrant au moins une musique mémorable connue du public.

Un casting un peu déséquilibré

La série promettait un casting hétéroclite avec des acteurs bien différents permettant à tout le monde de s’y identifier. Notons d’abord les performances de Klaus (Robert Sheehan) et de Numéro 5 (Aidan Gallagher). Le premier en junkie complètement assumé nous livre une prestation de haut vol à la fois drôle et attendrissante. Le second en adulte prisonnier de son corps d’enfant est de loin le plus crédible. On ne peut qu’imaginer voir ces 2 derniers dans d’autres productions très rapidement.

J’ai également beaucoup aimé Hazel (Cameron Britton) et Cha-Cha (Mary J. Blige) dans leur rôle de tueurs à gage complètement vidés par la vie et pourtant presque toujours aussi professionnels. Je constate cependant après avoir lu l’avis de Fred sur le comic que ces derniers sont très « light » dans la série en comparaison de la BD.

Hazel & Cha-Cha… nettement plus softs que dans le comic

Parmi les déceptions, je noterai surtout la prestation quelconque de Allison (Emmy Raver-Lampman) dont on ne comprend pas vraiment l’ampleur du pouvoir ni le rôle. Luther (Tom Hopper) nous livre une prestation prometteuse en tant que leader du groupe, alors qu’il montre très bien qu’il n’en a pas les épaules (métaphoriquement parlant). Sans compter sa relation presque incestueuse, qui nous interroge sur sa faculté à réfléchir (qui a dit que le cerveau de certains hommes avait tendance à se déplacer ?).

D’abord décevante limite pathos, on comprend bien vite le vrai potentiel de Vanya

Enfin, c’est le personnage de Vanya (Ellen Page) qui m’a rendu le plus perplexe. Après sa prestation dans X-Men, j’avais hâte de la retrouver dans un cadre similaire. Livrant au départ une prestation relativement juste dans ce rôle d’élément rejeté de la famille et refermée sur elle-même, celle-ci vire malheureusement rapidement au pathos total. On comprend vite son rôle de plus en plus central dans la série mais on frôle parfois l’exagération.

Comme si le fait de ne pas être si ordinaire que ça avait une influence négative sur son jeu d’actrice. On la retrouve cependant un peu mieux pour l’apothéose finale qui vaut le détour et nous annonce clairement une suite.

Conclusion

Ne me comprenez pas mal, j’ai franchement adoré l’univers, le scénario, la plupart des personnages, et la bande son de The Umbrella Academy, du moins lors des 8 premiers épisodes et lors du final. Même si j’ai hâte de voir la saison 2 pour voir ce que nous réserve la suite, j’espère que les scénaristes penseront à rééquilibrer certaines choses afin de rendre le tout plus dynamique.

A bientôt sur Sitegeek

Arnaud Godet