Autant vous le dire tout de suite : Returnal est l’un de mes jeux PS5 préférés. Quand Housemarque a annoncé Saros, son successeur spirituel, j’ai donc immédiatement été hypé. Il faut dire que ce studio maîtrise comme personne l’art du bullet hell frénétique. Malheureusement, la destinée de ce nouvel opus est de souffrir de la comparaison avec son aîné, et ma foi c’est assez légitime. Après avoir arpenté Carcosa en long et en large, voici mon avis sur la question.
Carcosa, une planète pas vraiment accueillante
Saros vous place dans la peau d’Arjun Devraj, un Soltari Enforcer envoyé sur la planète Carcosa pour retrouver une colonie disparue. Dès les premières minutes, le jeu pose une atmosphère lourde et oppressante qui ne vous lâchera plus. Il faut dire que Carcosa n’est pas vraiment une planète comme les autres : elle est vivante, hostile, et elle semble avoir une influence directe sur la psychologie de ceux qui s’y trouvent. D’ailleurs si vous connaissez le recueil The King in Yellow de Robert W. Chambers, dont s’est notamment inspiré Lovecraft, le nom de Carcosa ne vous sera pas inconnu, et Housemarque joue clairement sur cette référence pour installer un sentiment de malaise permanent. Visuellement, c’est une réussite totale : les environnements sont variés, la direction artistique est soignée, et l’ensemble tourne sans broncher à 60 fps sur PS5 standard. Résultat : c’est un vrai régal pour les yeux, même si cela mettra vos réflexes à rude épreuve.
Saros, un gameplay qui dépasse celui de Returnal
Inutile de passer par quatre chemins, c’est là que Saros brille le plus, et c’est là que les fans de Returnal vont vraiment prendre leur pied. Le gameplay est impeccable : chaque arme a son propre caractère, les déplacements sont d’une précision chirurgicale, et les combats atteignent des sommets de frénésie visuelle qui frisent la crise d’épilepsie. Le système de bouclier, qui permet d’absorber certains projectiles pour alimenter ses armes, ajoute quant à lui une vraie dimension tactique à chaque affrontement. Mais là où Saros se démarque vraiment de Returnal, c’est dans la gestion de sa progression. Car plutôt que de tout perdre à chaque mort, le jeu intègre un système de progression permanente qui permet de conserver ses améliorations entre chaque run. Concrètement, ça ne rend pas le jeu facile, mais ça évite la frustration de repartir de zéro à chaque fois. Ceci étant dit, une fois les mécaniques bien en main, le jeu peut devenir un peu trop généreux, et certains runs finissent par se ressembler. Mais franchement, ce n’est pas vraiment un problème.
Une histoire un peu trop sage mais un univers fascinant
Rahul Kohli, qu’on a pu voir dans Midnight Mass sur Netflix, prête sa voix à Arjun et fait un travail remarquable. Son personnage est complexe et son évolution est vraiment captivante. Le problème, c’est que le reste du casting souffre un peu trop de la comparaison. Et pour cause, les autres membres de l’équipe Echelon IV restent trop en retrait et servent plus de figurants que de personnages à part entière. On sent que le jeu voulait raconter quelque chose d’ambitieux avec son ensemble de personnages, mais il finit par tout ramener à Arjun, tout en sacrifiant le reste du casting. Ce n’est pas rédhibitoire, d’autant que l’univers et ses mystères sont suffisamment riches pour maintenir l’intérêt du début à la fin. Mais si vous venez pour une narration digne de The Last of Us, vous risquez d’être un peu déçu. C’est d’autant plus vrai que les modèles de personnages lors des conversations in game ne parviennent pas toujours à retranscrire comme il se doit l’intensité des performances vocales de Rahul Kohli et de ses confrères.
Avis Saros
Saros est exactement le jeu que j’attendais : plus accessible que Returnal sans en trahir son esprit, plus généreux dans sa progression sans sacrifier le challenge, et porté par un univers qui vous obsédera des heures durant. Housemarque a réussi quelque chose de rare : prendre une formule qui fonctionnait déjà très bien et l’améliorer sur presque tous les points. L’histoire est certes inégale et certains personnages secondaires auraient mérité plus de développement, mais le gameplay est tellement jouissif qu’on en oublie tout le reste. En bref, si vous avez aimé Returnal, vous allez adorer Saros. Et si Returnal vous avait rebuté par sa difficulté, c’est le moment de donner une deuxième chance à Housemarque. Franchement, je suis sûr que vous ne le regretterez pas.





