Tanuki Justice est un run’n gun édité par PixelHeart et développé par Story Bird dans lequel vous incarnerez un Tanuki. Dans la peau de cette créature à l’allure pouponne, vous y affronterez un bestiaire d’ennemis enragés au sein d’un Japon féodal dessiné au crayon 8-bit. Seul ou à deux, la manette de votre Nintendo Switch risque de passer un sale quart d’heure…

Pitch et scénario : Rendons au Tanuki ce qui lui appartient

Tanuki justice met donc en scène cette petite créature tout droit issue de la mythologie nippone, mi-chien, mi-raton laveur, dotée du pouvoir de se transformer à volonté dès lors qu’il pose une feuille sur sa tête. Il a surtout connu son heure de gloire en 1988, lorsque le célébrissime Monsieur Mario Bros a pour la première enfilé son costume légendaire, déjà à l’instar d’un Tanuki, dans le troisième opus de son jeu éponyme. Outre ce clin d’œil à Nintendo, ne nous y méprenons pas, c’est bien d’un hommage à la Sega Master System dont il s’agit. Le créateur François Wonderboy_Bobi Perez, déjà à l’origine d’un très bon Aggelos en juin 2018, a remis le couvert pour un titre cette fois encore plus abouti et maitrisé. Adepte des codes 8-bits et du level-design de la Master System, la dédicace vaut le détour. Au cours de cette aventure, les gamers les plus courageux affronteront une multitude de créatures afin d’anéantir le super vilain dont le seul but est de dominer le monde!

Technique : La palette esthétique de ce Tanuki Justice

Développé par un petit génie de la sphère Indie, Tanuki Justice crée la parfaite illusion d’évoluer dans un jeu de l’ère 8-bits. Les sprites sont minimalistes, les couleurs chatoyantes et riches respectent les codes de l’époque, tout particulièrement ceux des softs développés sur Master System. Les musiques s’orchestrent sur des sonorités chip tune tout aussi caractéristiques de l’époque. Et pourtant, au cœur de cette illusion, l’expérience existe bien aujourd’hui, en février 2021. Les sprites tantôt petits, tantôt énormes viennent nous rappeler que l’on dépasse de loin les capacités des consoles du défunt millénaire. Le savoureux scrolling horizontal parallaxe part dans tous les sens, et ici encore, la technologie prend le dessus. La force plastique de cet univers réside justement dans cette forme d’humilité. Wonderboy_Bobi a réussi à ne jamais tomber dans la surenchère, pour garder le joueur dans cette expérience anachronique. La réussite de cet exercice réside dans les détails des sprites terriblement bien dessinés, leurs animations simples et bougrement efficaces, et par dessus tout, dans la qualité des musiques proposées. Les sonorités de chaque stage risque de marquer tout qui s’y essayera.

Jouabilité : du petit lait pour hardcore gamer, du poison pour les autres

Oh My God! :  Tanuki Justice ne laisse aucun répit au joueur. Entre le jeu de plateforme et le run and gun, il donne même parfois des impressions de Manic Shooter. Pour atteindre et éviter les assaillants, le gameplay repose sur les combinaisons de touches de base : sauter, lancer des shurikens et déclencher une attaque spéciale. Le saut peut être double, en appuyant simplement deux fois sur la touche B. C’est sur ce détail et la maîtrise de cet enchainement de deux simples sauts parfaitement coordonnés que reposent une grosse partie du gameplay. Les pièges et le décor apparaissent de façon si sournoise, qu’il faut maitriser les patterns ennemis, les dangers périphériques et les contrôles à la perfection pour espérer avancer. De plus, il vous faudra également maîtriser le lancer de shurikens, via la touche Y et surtout l’orientation de vos tirs grâce aux gâchettes L et R qui vous permettent de locker une direction. Enfin, l’attaque spéciale permet de lancer un énorme shuriken, fatal pour une grosse partie de vos antagonistes mais à peine dommageable pour les boss finaux. Simple et efficace mais le niveau de précision requis relève de la perversion. Les 6 niveaux sont courts mais d’une intensité qui rappelle la difficulté des heures de gloire d’un certain Megaman.

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Plaisir du testeur : Je t’aime moi non plus Tanuki

Décrire Tanuki Justice avec amour et passion revient à déclarer sa flamme à son pire ennemi, voir même à faire du bouche à bouche à un requin. Et pourtant, avide de sensations néorétros et touriste dans le temps, j’ai pris un pied d’enfer Doc! Jouer à un titre aussi ambitieux et aussi simple à la fois ne me semblait plus possible aujourd’hui. Tanuki Justice m’a emmené en vacances en 1987, avec des références aux meilleurs titres de la Master System dont Wonder Boy, Shinobi, Alex Kidd in Shinobi World et Kung Fu Kid. Allié à cette immersion spatio-temporelle, le plaisir d’être ramené à la réalité par des boss tantôt colossaux, tantôt minuscules mais tout aussi dévastateurs, a un coté déroutant mais très plaisant. Toutefois, force est d’admettre que l’envie d’abandonner coïncide constamment avec cette fresque 8-bits. Souvent très, voir trop dur, ce titre ne vous fera aucun cadeau, mettra vos nerfs et votre concentration à rude épreuve et vous obligera à utiliser une manette dotée d’une bonne croix, plutôt que les directions de la joycon. Fini de jouer.

Alors, j’achète ou je n’achète pas Tanuki Justice ?

Selon l’objectif recherché, vous allez adorer ou détester ce petit jeu de la scène Indie. Pour la modique somme de 14,99 euros, l’expérience plaira aux amateurs nostalgiques du catalogue de la Master System. Il pourra aussi les dégouter de par sa difficulté. La version physique en édition limitée de chez PixelHeart sera à réserver aux collectionneurs, fiers d’arborer un petit jeu méconnu, dans une édition propre et présentable, pour étaler un brin de culture autour de sa chose vidéoludique, qu’il aime tant partager avec ses invités profanes.

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Merci à PixelHeart de m’avoir offert l’opportunité de réaliser ce test de Tanuki Justice avec ce code sur Nintendo Switch. Si vous désirez vous forger votre propre avis, l’édition physique débarque ce mois-ci sur leur site. N’oubliez pas que pouvez encore profiter de notre code promo pour bénéficier de 10% de réduction sgpixfev sur PixelHeart.

Vega