Si vous avez lu mon test du TerraMaster F2-423, vous savez que j’utilise ce NAS depuis un moment et que j’en suis globalement très satisfait. Sauf que voilà, j’avais un problème de taille : mes caméras de surveillance ne fonctionnaient pas correctement avec TOS 4, la version du système d’exploitation installée sur mon NAS. Après pas mal de recherches, j’ai compris qu’il fallait impérativement passer à TOS 6 pour bénéficier du Surveillance Manager, l’application officielle de TerraMaster. Et puisque j’y étais, j’en ai profité pour tout mettre à jour et configurer un vrai système de surveillance maison, entièrement gratuit et sans abonnement.
Pourquoi passer à TOS 6 ?
Avant de parler de surveillance, il faut parler de la mise à jour. TOS 6 est une refonte majeure du système d’exploitation de TerraMaster et apporte pas mal de nouveautés intéressantes. La plus importante pour moi, c’est évidemment le Surveillance Manager, l’équivalent du célèbre Surveillance Station de Synology. Mais TOS 6, c’est aussi une interface revue et modernisée, une sécurité renforcée (cinq fois plus sécurisé que TOS 5 selon TerraMaster), l’app Photos avec reconnaissance IA pour gérer sa bibliothèque de photos, et un accès distant via TNAS.online qui fonctionne enfin correctement. Bref, de bonnes raisons de se lancer.
La procédure de mise à jour vers TOS 6
C’est là que les choses se compliquent un peu et je préfère vous prévenir tout de suite : la mise à jour n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. Si vous êtes sur une ancienne version de TOS comme moi (j’étais sur TOS 4.2), il faut impérativement suivre une séquence précise de versions intermédiaires. On ne peut pas sauter directement de TOS 4 à TOS 6. La séquence officielle est la suivante : TOS 4.2.44, puis TOS 5.0.176 (via réinstallation propre), puis TOS 5.1.24, puis TOS 5.1.145, et enfin TOS 6.0.530. Tous les packages de mise à jour se téléchargent sur le forum officiel TerraMaster ou sur la page de téléchargement du site. Le premier piège, c’est le passage de TOS 4 à TOS 5. Contrairement aux autres étapes, ce passage ne se fait pas via une simple mise à jour manuelle mais via une réinstallation complète du système. Il faut aller dans le Control Panel, faire un “Restore to Factory Default”, puis uploader le package d’installation de TOS 5 sur la page d’initialisation qui apparaît ensuite. Rassurez-vous, vos données sur les disques durs sont théoriquement préservées, mais je vous conseille quand même de faire un backup au préalable, surtout si vos données sont irremplaçables.
Le deuxième piège, et c’est là que j’ai perdu le plus de temps, c’est le problème de la partition système. Pour passer à TOS 6, la partition système doit faire au moins 8 GB. Sur les anciens modèles comme le F2-423 sous TOS 4, cette partition ne fait que 1,84 GB. Résultat : impossible de passer à TOS 6 directement, même depuis TOS 5.1.145. La solution ? Il faut flasher la clé USB bootloader interne du NAS avec une image TOS 6. Cette petite clé USB est branchée sur la carte mère du NAS. Pour la flasher, il faut ouvrir le boîtier, extraire la clé, la brancher sur un PC, télécharger l’image USB Initboot UEFI 120MB depuis le forum TerraMaster (celle pour les modèles F2-423), et utiliser balenaEtcher pour écrire l’image sur la clé. Une fois la clé remise en place et le NAS redémarré sans disques durs, on vérifie que le nouveau bootloader fonctionne, puis on réinsère les disques et on fait un dernier Factory Default pour installer TOS 6.0.530. C’est un peu technique, mais rien d’insurmontable si on suit bien les étapes dans l’ordre.
Surveillance Manager, l’équivalent de Surveillance Station
Une fois sur TOS 6, la bonne surprise c’est que Surveillance Manager est disponible directement dans l’App Center officiel de TerraMaster. Pas besoin d’application tierce, pas de packages communautaires à aller chercher ailleurs. Un simple clic sur “Install” et c’est parti. L’interface est propre et intuitive. On accède à l’application via le navigateur sur le port dédié, et on se retrouve face à un vrai NVR (Network Video Recorder) logiciel capable de gérer jusqu’à 32 caméras IP. Pour ajouter une caméra, il suffit de cliquer sur “Create Now” et de renseigner l’adresse IP de la caméra, le protocole (ONVIF dans mon cas), ainsi que les identifiants.
Configurer une caméra Tapo C200 avec Surveillance Manager
Pour ma part, j’utilise deux Tapo C200 de TP-Link, des caméras que j’avais achetées sur AliExpress pour une vingtaine d’euros. Elles supportent le protocole ONVIF et se connectent sans problème à Surveillance Manager. Il y a cependant deux points importants à connaître. Le premier concerne les identifiants ONVIF. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne faut pas utiliser les identifiants de son compte TP-Link pour connecter la caméra. Il faut créer un compte local spécifique depuis l’application Tapo sur son téléphone, dans les réglages avancés de la caméra, sous “Compte de la caméra”. C’est ce compte local qu’il faudra utiliser dans Surveillance Manager, avec le port 2020 pour ONVIF. Le deuxième point concerne le réseau. La caméra et le NAS doivent impérativement être sur le même sous-réseau pour communiquer. Si vous avez un routeur principal et un réseau mesh séparé comme moi, vérifiez que les deux appareils sont bien sur le même réseau, sans quoi la connexion échouera. Une fois ces deux points réglés, le test de connexion fonctionne du premier coup et la caméra apparaît dans l’interface avec son flux vidéo en direct.
Configurer les enregistrements et l’espace disque
Par défaut, Surveillance Manager enregistre en continu dès qu’une caméra est configurée. Vous pouvez voir le flux en direct et accéder aux enregistrements depuis l’onglet Recording. La qualité est bonne et la latence très faible sur le réseau local. Pour ce qui est de l’espace disque, il faut activer la rotation automatique dans les paramètres de Surveillance Manager. Cette fonction efface automatiquement les enregistrements les plus anciens quand l’espace libre descend en dessous d’un seuil que vous définissez. En sachant qu’une caméra HD consomme environ 10 à 15 GB par jour, vous pouvez facilement estimer la durée d’historique disponible selon l’espace que vous lui consacrez. Par exemple, avec 1 TB alloué à la surveillance, on obtient facilement 70 à 100 jours d’enregistrement, ce qui est largement suffisant pour un usage domestique.
Zéro abonnement, zéro compromis
C’est là le grand avantage de cette solution. Là où des systèmes comme Ring, Arlo ou Netatmo vous facturent entre 5 et 15 euros par mois pour stocker vos enregistrements dans le cloud, ici tout est stocké localement sur votre NAS. Pas d’abonnement, pas de données qui transitent chez un tiers, pas de limitation sur la durée de conservation. Vous êtes le seul maître de vos enregistrements. En combinant le TerraMaster F2-423 que vous avez peut-être déjà, une caméra IP à moins de 30 euros et TOS 6, vous obtenez un système de vidéosurveillance complet, performant et totalement gratuit.






