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500 Nuances de Geek

Interview | 500 Nuances de Geek, le one-man-éditeur

Maître Sinh, de son pseudonyme tiré de La Planète Sauvage, est le créateur de 500 Nuances de Geek, une maison d’édition hors norme qu’il gère pratiquement tout seul. Un cas insolite que nous avons voulu découvrir de plus près.

500 nuances de geek

Après avoir quelque peu échangé avec Maître Sinh, et ayant eu l’occasion de feuilleter certaines de ses traductions de jeux de rôle, j’ai voulu en apprendre un peu plus sur sa plateforme : 500 Nuances de Geek. Successeur de de feu Narrativiste Éditions, 500 Nuances de Geek est géré par un seul homme, qui peut régulièrement compter sur des bras motivés pour l’épauler. En gros, il s’agit d’une maison d’édition qui existe avant tout pour donner vie à la passion de son gestionnaire, qui ne se limite pas au jeu de rôle mais bien à la Culture geek avec un grand C. Le tout avec une vision qui, à en croire nos échanges, a mûri au fil du temps. On est donc loin de la grosse boîte commerciale qui, parfois, peine à nous imprégner de son identité. C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de l’interviewer. Voici ses réponses.

500 Nuances de Geek
Maître Sinh, La Planète Sauvage (on ignore si le portrait est ressemblant)

Musa : Salut Maître Sinh, peux-tu te présenter en quelques mots histoire que nos lecteurs sachent d’où tu t’exprimes ?

Maître Sinh : Ma bio est sur le GROG. Dans la vraie vie, je suis prof depuis une dizaine d’années, pour manger. J’ai fait plein de trucs avant, dont certains dans le domaine des cultures de l’imaginaire… Je suis un de ces ados qui jouaient aux JDR lors du boom des années 80 et comme la plupart, je m’en suis éloigné un peu malgré moi dans les années 90 pour les raisons habituelles (dispersion du groupe, fin du “temps libre” lycéen, etc.) en me tournant vers le jeu de plateau qui émergeait a l’époque comme succédané. Je me tournais surtout vers des jeux a thème fort, et finalement je me suis mis de plus en plus a rechercher des jeux pouvant délivrer une partie de la magie du JDR, mais sans les contraintes (avec des amis non-rôlistes, etc.).

Musa : Peux-tu également nous dire quelques mots sur 500 Nuances de Geek, toujours dans l’optique de contextualiser cette interview ?

500 Nuances de GeekEt donc j’ai recyclé l’association pour faire de la traduction en 2011. D’abord un petit jeu Happy Birthday Robot, puis Danger Patrol, le comité pour l’exploration des mystères, etc. De fil en aiguille est née une maison d’édition. Son orientation éditoriale était donc assez évidente : traduire et mettre en forme ces jeux – les story games, ou jeux narratifs – pour des gens avec mon profil, anciens rôlistes ou personnes intéressées par la création fictionnelle. Faire émerger une troisième voie ludique.

Musa : À ton avis, qu’est-ce qui démarque 500 Nuances de Geek des autres éditeurs ? La vision que j’ai, à savoir celle d’un boîte proto-indé, correspond-elle à la réalité ?

M.S. : Qu’est-ce qui nous différencie ? D’abord l’objet, puisque 500 Nuances de Geek ne s’intéresse pas au JDR en tant que tel. Ensuite, je pense que c’est d’abord un “fandom” où la rentabilité est illusoire, a moins de se focaliser sur les grosses licences. Et justement, c’est tout le contraire de ce qu’on fait. Donc assez rapidement, on a développé un modèle alternatif, non-commercial/non-profit, avec La Caravelle par exemple, qui représente déjà plus de la moitié des productions.

Ensuite, avec le nom 500 Nuances de Geek, nous avons encore redéfini et élargi l’objet vers 2015. Lever des fonds pour des jeux qui, par nature, n’existent pas socialement (ils sont dans les limbes entre JDR et jeux de plateau) s’est avéré impossible, surtout pour leur donner leur pleine dimension en les transformant en boite. Pour te donner un exemple, pour la V1 de Dungeon World (jeu qui a été couvert par tous les prix les années suivantes), on a levé 9000 euros, ce qui est dérisoire par rapport aux coûts et au matos produit. Pour la V2 en livre, on a levé 23 000 euros…

Dungeon World before it was cool

Donc plutôt que d’attendre que la montagne vienne a nous, nous sommes allés vers la montagne : on ne supprime plus le livre mais on travaille au coeur de la fiction et plus seulement du JDR. Tschai, la Laverie de Stross (dont on a financé les romans), etc. Notre objet est plus l’imaginaire et les jeux de l’imaginaire que juste le JDR, qui n’est qu’un aspect.

Musa : Pourquoi avoir lancé sa propre boîte ? N’est-ce pas trop exigeant en matière de travail ?

M.S. : Si. Même si ce n’est pas une “boîte”. Au bout de 8 ans, 100 publications, je t’avoue que je fatigue. D’autant plus que je suis bénévole (par nécessité d’abord, car je suis le dernier servi, et la qualité des publications passe avant moi). Ensuite, parce que même si on a une solide communauté, nous avons notre positionnement.

Il y a trois de distances entre la qualité objective et l’énergie mise dans un Tschai par exemple (avec Caza et Li-an) ou la gamme de la Laverie (qui va jusqu’aux romans, qui n’étaient plus édités depuis 10 ans) et les retours. En fait, 2 références seulement sur 100 assurent plus de la moitié du chiffre d’affaire de l’association. Et ce sont des traductions de jeux qui sont plus des JDR au sens traditionnel, des trucs attendus. Il suffit juste de traduire. Pareil pour la com’, elle se fait toute seule. Alors que les créations…

Musa : En parlant de masse de travail, gères-tu bien tout tout seul ou es-tu épaulé ? De manière systémique, j’entends, pas des coups de pouce ponctuels des copains !

M.S. : Je gère tout seul par nécessité, mais je délègue beaucoup. 500 Nuances de Geek est plus un outil de coordination, la frontière n’est pas claire entre dedans et dehors. Ou il n’y en a pas vraiment.

Musa : Quels aspects gères-tu exactement ?

M.S. : Au début je faisais tout, de la traduction aux maquettes. C’est a peine si j’imprimais pas moi-même. Rapidement, j’ai commencé à me concentrer sur tout l’aspect gestion, négociation… mais aussi tout le suivi de production, des envois clients ou pro, les colis perdus, les contrats avec tout le monde, etc. Bref, tous les trucs chiants nécessaires mais qui sont devenus trop envahissants. Dans un très proche avenir, je pense que 500 Nuances de Geek va fonctionner plus en studio avec un éditeur de l’imaginaire, et que je vais plus me concentrer sur ce qui fait l’intérêt de mon boulot, la gestion éditoriale. Imaginer des projets intéressants, les rendre possibles, assembler des équipes, etc.

Ton état quand tu dois tout gérer tout seul…

Musa : Pour une boîte de cet acabit, moi qui ai lu plusieurs ouvrages, je suis assez impressionné par l’absence de coquilles dans tes traductions (et c’est un traducteur de formation qui le dit !). Comment expliques-tu cela alors que de grosses boîtes nous sortent parfois des perles en la matière !

M.S. : Alors je suis très content que tu me dises ça, parce que dans le fandom, les rôlistes, c’est quand même un peu des maniaques au moindre cadratin mal placé. Malheureusement, des coquille,s il y en a. Mais je me suis fait la même remarque que toi en lisant des bouquins (romans ou autres) de plus gros éditeurs. C’est lié au fait qu’on est non-profit. Je préfère être en retard pour faire plus de relectures. Et souvent, je participe moi-même sur les ouvrages que je considère plus importants ou moins relus. Mais çaa participe aussi de ma fatigue…

Musa : Outre le côté one-man-publisher, deux éléments ont motivé cette interview. Le premier, c’est ton intérêt pour les jeux propulsés par l’Apocalypse. À ma connaissance, tu es le plus gros contributeur francophone à la cause. Pourquoi ?

M.S. : Environ 17 sur 20. Donc peut-être même le plus gros tout court :-) On en a même crée un paquet : Medieval Mayhem, Shonen World, Tschai, La Laverie, Berlin XVIII, un hack sur l’univers du Dernier Anneau et à la rentrée, un hack sur Conan le Barbare. Et le guide de création de Bastien, sorte de livret des règles.

Pour moi, ça relève de l’évidence. Des que j’ai feuilleté les livrets de personnages d’Apocalypse World vers 2011, le nouveau paradigme me sautait aux yeux. Au lieu de voir des listes de compétences chiffrées (ou comme dans Fate, chiffrées indirectement avec des +/-),  on y voit directement de la fiction. Lire un livret de personnage, c’est déjà voir tous les ressorts de l’histoire à venir. Ça va même plus loin : faire un jeu PbtA (Powered by the Apocalypse, ndlr), c’est d’abord analyser ou reconstituer un genre dans ses moindre détails. Ce qui rejoint mon intérêt pour l’imaginaire, au-delà du JDR.

PbtA, une révolution dans le milieu du JDR

J’ai d’ailleurs essayé d’illustrer la démarche à travers Horreur Cosmique, un jeu (pas fini) sur l’univers de Lovecraft que tu trouveras sur le forum de 500 Nuances de Geek. Avant, quand j’étais ado disons, je voyais un film et je pensais : “Ce personnage a 80 % en convaincre le foules”. Aujourd’hui, je me pose plutôt la question : “Ce personnage agit dans l’histoire par son talent dans le but de convaincre les foules. Du coup, on se demande ce qui peut se passer d’intéressant, car il va toujours se passer quelque chose. Il ne peut pas rien se passer”.

Il y a aussi une raison qui n’est pas propre  moi. Disons que les jeux Apocalypse se sont avérés être la pointe de la mouvance la plus “intégrable” dans les pratiques des rôlistes et avec le plus de bénéfices (pas financiers, ludiques). C’est le point de convergence.

Musa : Deuxième point qui m’intrigue : la Caravelle. J’ai beau consulter ton site de manière relativement fréquente, je n’ai jamais compris le concept. Si j’ai bien suivi, tu as un compte Tipeee qui te permet de vivre (du moins en partie ?) de ce que tu proposes via la Caravelle ? Et surtout, comment fais-tu pour proposer des jeux gratuits, généralement traduits, alors qu’ils sont licenciés en VO. Je pense notamment à Ribbon Drive, un de mes récents coups de coeur que j’ai achetés en VO en dur avant de voir que tu en proposais un PDF gratuit.

Chouette concept, cette Caravelle !

M.S. : Oh non, je ne vis pas de la Caravelle. C’est simple : on collecte des sous et tous les mois, on les donne à des traducteurs. Et toi, en tant qu’abonné tu le reçois, si tu as fait un don à partir de 3 euros. Ce qui permet de défricher le monde de ces jeux beaucoup plus efficacement qu’avec tout le processus commercial. On en sort comme ça jusqu’à 24 par an ! Pour les licences, c’est ce que je disais plus haut. Les gens du fandom, aux USA, sont pour la plupart conscients de la faible rentabilité, et font ça surtout par passion. Donc on trouve souvent des accords (soit une version limitée du jeu, soit intégrale mais dans des conditions non-commerciales, etc.). Quand les jeux ne sont pas tout simplement en licence ouverte. Là aussi, on va peut-être ralentir le rythme. Traduire 2 fois mois, pour bénéficier de 2 fois plus de moyens (pour les traducteurs, peut-être les maquettistes).

Rien qu’à cette image, on sent que Ribbon Drive est un jeu bien

Musa : Alors la question qui fâche, que tout le monde se pose très certainement : à quand une autre interface pour le site de 500 Nuances de Geek ? Car c’est assez difficile de s’y retrouver.

M.S. : Quand j’aurai une armée de clones… Mais plus sérieusement, la boutique va changer à court terme, et il y a des gens qui aident a rendre tout ce qui a été traduit plus accessible, donc ça se voit pas, mais ça change tout le temps.

Musa : Je n’insiste pas plus. Revenons un instant au jeu de rôle… à te lire, on a l’impression que tu en pratiques très peu. Peux-tu nous dire ce qui t’inspire encore aujourd’hui en tant que rôliste ? Des exemples concrets (hormis PbtA) ?

M.S. : Le JDR au sens classique, je n’en pratique plus du tout. Je ne me considère pas comme “rôliste” d’ailleurs. Hormis le PbtA, j’aime beaucoup Danger Patrol, et Swords Without Master. Et Capes, qui est pour moi le summum du jeu sans MJ. Tous trois sont mis a disposition gratuitement en VF. Sinon, je joue pas mal aux jeux de plateau avec une préférence pour les card-driven, les wargames géopolitiques modernes, et les jeux qui entretiennent un rapport avec la réalité tout en étant jouables, comme les jeux de Martin Wallace.

Musa : Mais plus globalement alors, en tant que geek, qu’est-ce qui te “drive” encore aujourd’hui ?

M.S. : Trop de choses. Mais j’essaie de me concentrer sur “ce qui n’est pas fait”. Par exemple, en matière de traduction de littérature de SF, les temps ne sont pas folichons. La fantasy a eu tendance à remplacer ce public, et ce qui est pire pour moi, c’est qu’on a oublié ou continuer d’ignorer tout une série de classiques fondateurs.

C’est pour ça que j’ai créé ExoGlyphes au sein de 500 Nuances de Geek. On a réussi a traduire le roman de Kirill Eskov, le Dernier Anneau, un détournement du Seigneur des Anneaux vu du Mordor, et les 3 romans suivant de la série de la Laverie de Charles Stross, interrompue en VF depuis 10 ans ! Et pourtant, outre les prix Hugo alignés, c’est quelqu’un qui a quelque chose à dire et qui renouvelle le genre.

Développer ça, en liaison avec le jeu, c’est ma priorité. Je veux dire, la culture geek, c’est une expression fourre-tout qui devient synonyme de “culture de masse”, genre fan de Star Wars ou de Marvel. Mais si c’est pour ressasser sans fin ce que ‘on voit partout (et qui écrase tout), je ne vois pas l’intérêt. J’ai aussi crée la collection Horreur Cosmique pour faire connaître les maîtres dont Lovecraft s’est grandement inspiré – la plupart relativement peu connus ou oubliés – et dont il considère (à juste titre, à mon avis) qu’ils étaient bien au-dessus de lui. Le premier roman est Les Amphibiennes, mais ça ne devrait pas être le dernier. Et puis, je pense me rapprocher d’un éditeur plus installé dans ce milieu pour aller plus loin et plus vite. Il y a trop de choses à faire pour mettre en valeur, à travers le jeu, les arts graphiques, des pans entiers de la SF.

Lovecraft aurait eu des mentors ?! #JeSuisChoqué

En dehors de ça, je me suis à écrire pour la télé il y a quelques années et j’ai hanté les bureaux des chaines de télé, sans succès je dois le dire, même si les producteurs “achètent”. J’ai écrit un documentaire sur l’époque où les dessins animés japonais régnaient sur le PAF, mais aussi en Italie, en essayant de creuser le phénomène. Pour moi c’est très exactement la définition de la “culture geek” : prendre au sérieux des sujets “pas sérieux” (ou socialement pas “légitimes”). J’ai une formation en sociologie au départ, donc c’est une démarche un peu naturelle pour moi. Mais bon, sur France 2, au final, c’est un biopic sur Jonnhy Hallyday qui a été choisi (no comment). Peut être sur Arte un jour ?

J’ai aussi écrit une adaptation de Je suis d’ailleurs de Lovecraft, comme un exercice de style pour montrer comment on pourrait adapter le Maître de Providence sans être trop littéral (et chiant) ou tomber dans le gore à la Réanimateur.

Enfin, tout récemment, OCS a organisé un concours pour la création d’une série ayant pour thème l’uchronie. Et comme je suis un obsédé du genre depuis une bonne vingtaine d’années, on est venu me chercher. J’ai recyclé et développé un projet que j’avais soumis a Canal+ il y a longtemps. En gros, c’était Lost + Un Village Français. Un couple qui se retrouve projeté en 1942, dans la France occupée, via une maison qui fait office de “porte”. Neuf épisodes dans lesquels j’ai essayé de “maintenir la pression” constante et de faire monter les enjeux jusqu’au bout. Je ne dis rien de plus, parce que même s’il n’a pas été sélectionné par OCS, le producteur le porte toujours, donc qui sait ?

C’est peut être le truc qui me “drive” le plus, faire le lien entre les mondes littéraires de la SF et celui de la télé, permettre que des choses arrivent, voire les écrire si besoin. Parce que c’est un secret pour personne que le PAF, en matière d’imaginaire, c’est un presque un désert. Et les salutaires tentatives d’Arte pour en sortir avec des séries comme Trepalium, accusent beaucoup de problèmes rédhibitoires (on va dire), notamment le fait de réinventer (mal) la roue, par ignorance totale de la culture SF dans ces milieux.

J’ai par exemple, dans cet esprit, écrit un projet de série autour de Points Chauds de Laurent Généfort, un roman très en prise sur la question des migrants, mais évidemment, avec un large détour par l’étrangeté, un “regard neuf”. Evidemment, en France, à part Arte… Netflix commence à peine a produire localement. Pour l’instant, j’ai plutôt l’impression, avec des séries comme Marseille, que le milieu local reproduit les mêmes tendances. Mais qui sait ? Un jour, peut-être.

Musa : On sent en tout cas que tu es passionné et te souhaite beaucoup de succès dans ces nombreux projets, qui risquent effectivement de se heurter aux problèmes qui touchent toutes les oeuvres de niche. Quoi qu’il en soit, un grand merci pour ces réponses !

M.S. : Merci à toi.

A propos Musa

J'aime tout mais je suis difficile. Voilà qui me résume bien. Littérature, cinéma, jeux vidéo, séries, animés, comics, mangas, jeu de rôle papier, etc. Ce qui compte pour moi, c'est de distinguer ce que j'aime de ce qui est bon ou mauvais. Car non Einstein, tout n'est pas relatif !

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