Il y a des jeux qu’on aime bien et il y a Persona 3 Reload, qui aspire votre âme dès les premières heures et qui refuse de vous lâcher. Sur Switch 2, le constat est sans appel : J’ai rarement vu un JRPG aussi maîtrisé de bout en bout. Voilà donc pourquoi il s’agit du meilleur jeu de la console.
- Persona 3 Reload, la plus grosse claque graphique de la licence
- Un traitement de la mort d’une maturité rare dans le J-RPG
- Un enrobage délicieux, portés par un doublage japonais impeccable
- Le combat de Persona 3 Reload, ou comment rendre le tour par tour jouissif
- Musiques et sound design, l’autre grande force de Persona 3 Reload
- Une boucle de gameplay et une tension narrative qui font mouche
- Clair Obscur Expedition 33 doit beaucoup à Persona
- Persona 3 Reload, un remake qui modernise sans trahir
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que mon test initial du jeu avait été écrit sans l’avoir bouclé à 100%. D’une part, parce qu’on ne reçoit rarement les jeux avant leur sortie, et d’autre part, parce que Persona 3 Reload demande une bonne centaine d’heures avant d’en voir le bout. Et de toute façon, ce n’est pas très grave puisque mon article parlait essentiellement des qualités techniques du portage sur la nouvelle console de Nintendo.
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Persona 3 Reload, la plus grosse claque graphique de la licence
On peut débattre longtemps de la hiérarchie entre les différents épisodes de la saga Persona. Le 4 est souvent cité comme le préféré des fans, le 5 a posé les bases de la formule qu’on connait actuellement, mais sur le plan purement graphique, Persona 3 Reload écrase tout ce que la série a produit jusqu’ici. Les décors ont gagné en densité, les effets de lumière en combat sont d’une élégance qu’on n’attendait pas d’un remake, les cinématiques sont dignes d’un animé et les scènes sociales respirent enfin comme elles auraient dû le faire dès 2006.

Mais dans le cas qui nous intéresse présentement, le vrai luxe est de pouvoir basculer de la télé au mode portable grâce à la Switch 2. Car pour un JRPG aussi bavard, aussi dense en menus et en texte, avoir cette liberté change littéralement la façon dont on consomme le jeu. Une session sur le canapé le soir, une autre dans les transports le lendemain, et la rythme ne se brise jamais. Malheureusement, le framerate est juste un peu à la ramasse par moments. Pour remédier à ça, je vous conseille donc de désactiver le HDR en mode portable et tout se passera bien.
Un traitement de la mort d’une maturité rare dans le J-RPG
Le thème central de Persona 3, c’est la mort. Pas en filigrane, pas en sous-texte pudique, mais bel et bien de manière frontale. Et c’est bien là que Reload tire son épingle du jeu. Car là où la plupart des productions grand public préfèrent contourner le sujet ou le noyer sous le pathos, ici l’écriture reste digne, presque pudique dans sa façon d’aborder le deuil et l’inéluctable, sans jamais tomber dans le larmoyant gratuit. Ce sérieux ne pèse jamais sur le rythme global. Le jeu sait doser les moments de gravité et les respirations plus légères avec Junpei qui n’en rate jamais une, ce qui rend le tout d’autant plus crédible et cohérent. On sent une écriture pensée dans sa globalité, pas des scènes dramatiques plaquées pour cocher une case émotionnelle et franchement, ça le fait grave !
Un enrobage délicieux, portés par un doublage japonais impeccable
En tant qu’UX designer, je vais être honnête avec vous : je n’avais jamais vu des menus aussi soignés que dans ce remake. Aller sauvegarder sa partie devrait être l’acte le plus anodin d’un jeu vidéo. Ici, c’est un plaisir à part entière, tant l’interface est soignée jusque dans ses détails les plus insignifiants, et je dois avouer que me perdre pendant des heures dans ces menus reste pour moi un plaisir coupable totalement assumé. Tout est parfaitement calibré, les typos, les font-sizes, les couleurs, les animations. Pour moi, c’est un véritable chef-d’œuvre !

Cette exigence se retrouve aussi dans l’écriture des personnages, tous remarquablement bien construits, avec de vraies arcs et de vraies contradictions. Le doublage japonais fait le reste : la qualité d’interprétation renforce l’attachement, donne du poids aux dialogues et transforme certains personnages secondaires en figures qu’on regrette de quitter une fois l’aventure terminée.
Le combat de Persona 3 Reload, ou comment rendre le tour par tour jouissif
On ne va pas se mentir, le tour par tour est loin de faire l’unanimité auprès des joueurs occidentaux. Reload prouve que le problème n’est pas le fond, mais bien la forme. Ici, les mécaniques de faiblesses et d’enchaînements donnent un vrai sentiment de maîtrise tactique, et les Théurgies viennent ponctuer les combats de façon spectaculaire, portés par des animations qui claquent à l’écran. Le résultat, c’est un système qui reste lisible pour les néophytes tout en offrant une profondeur accrue pour les joueurs qui veulent optimiser leurs enchaînements. En bref, on est loin du tour par tour du genre “à toi, à moi” qu’on reproche souvent au genre et une fois qu’on maitrise, le tout devient rapidement très grisant et addictif.
Musiques et sound design, l’autre grande force de Persona 3 Reload
La bande-son mérite un paragraphe à elle seule. Les compositions sont tout simplement magistrales, avec une identité sonore qui colle parfaitement à l’ambiance nocturne et mélancolique du jeu, tout en alternant avec des passages jazz qui rythment parfaitement les phases de combat. Mais ce serait injuste de tout attribuer à la musique seule. Le sound design contribue d’autant à l’immersion, je pense notamment aux cris des personnages lorsqu’ils invoquent leurs personas, l’ambiance quand on va au cinéma ou dans la boîte de nuit parler au vieux moine alcolo. C’est ce genre de détail qu’on ne remarque pas consciemment, mais qui fait toute la différence entre un jeu passable et un jeu qui restera gravé à jamais dans notre mémoire. La preuve en est lorsque la Switch est éteinte, on se surprend à fredonner les musiques tout en vaquant à ses occupations.
Une boucle de gameplay et une tension narrative qui font mouche
Le rythme du jeu repose sur une alternance simple mais redoutablement efficace : les journées à l’école pour développer les social links et les nuits d’exploration du Tartare. Cette boucle de gameplay “social + dongeon + gestion du temps” reste tout aussi addictive et bien équilibrée qu’à l’époque. Le calendrier qui défile, avec cette urgence sourde qui plane à chaque approche de la pleine lune, crée une tension narrative propre à la licence. Le temps presse, littéralement, et cette pression douce mais constante explique pourquoi on ne sait jamais où on va s’arrêter dans une session. On se dit qu’on va juste passer un dernier moment avec un personnage, et puis on se retrouve à jouer une heure de plus sans s’en rendre compte. Il faut dire que l’intrigue progresse intelligemment, ce qui maintient un intérêt constant sur la durée.
Clair Obscur Expedition 33 doit beaucoup à Persona
Parlons peu, mais parlons bien. Clair Obscur: Expedition 33 a raflé son lot de récompenses l’an dernier, et une partie de sa communauté vit dans l’extase permanente, au point de devenir toxique dès qu’on ose émettre la moindre critique. Le problème, c’est qu’à force de crier au génie absolu, on en vient à oublier d’où vient une bonne partie de la recette. Ces gens ont-ils seulement déjà joué à un épisode de la célèbre saga d’Atlus qui a réussi à éclipser Shin Megami Tensei ?

Parce que soyons honnêtes deux minutes : l’interface, la structure de progression, la logique de gameplay, tout ça sent Persona à des kilomètres. Et là où Reload prend une avance considérable, c’est sur l’écriture des liens sociaux. Chez Persona, chaque personnage porte une thématique, une évolution, un vrai arc narratif. Chez Expedition 33, la mécanique équivalente se résume trop souvent à une histoire qui tourne autour du trou de balle autour d’un feu de camp, sans grande profondeur derrière. Et je ne vous parle même pas des menus qui sont pour la plupart du temps illisibles. Qui peut se targuer d’avoir compris le système de Pictos et Luminas du premier coup ? Imiter la forme, c’est facile. Comprendre à quoi elle sert vraiment, ça l’est beaucoup moins.
Persona 3 Reload, un remake qui modernise sans trahir
Beaucoup de remakes se vendent comme de véritables réinventions alors qu’ils se contentent d’un simple petit coup de peinture. Persona 3 Reload fait l’inverse : il modernise intelligemment les graphismes, l’interface et le rythme, sans jamais trahir le matériel d’origine. C’est un exercice d’équilibriste que peu de studios réussissent aussi bien, et c’est probablement la meilleure preuve que l’ambition derrière ce projet dépasse largement le simple ravalement de façade. Si Atlus a réussi ce pari une fois, il n’y a aucune raison qu’il ne le réussisse pas à nouveau. C’est donc avec beaucoup d’impatience que j’attends Persona 4 Revival sur Switch 2 pour pouvoir remettre le couvert. Malheureusement, le jeu n’a été annoncé actuellement que sur PS5, Xbox Series et Steam… Mais des rumeurs parleraient du 24 février. Affaire à suivre !




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