J’étais comme un gosse le jour de l’annonce. Quand j’ai reçu le mail m’indiquant que j’avais été sélectionné pour acheter cette nouvelle Steam Machine, mon sang n’a fait qu’un tour. Pourtant, l’attente m’avait rendu impatient au point de me monter un PC fin décembre pour remplacer mes consoles vieillissantes. Une bécane qui m’a coûté un rein, inflation du hardware oblige en cette belle année 2026. Et c’est bien là que le bât blesse avec le dernier bébé de Valve. Avec un ticket d’entrée à plus de 1000 euros pour des performances brutes inférieures à une bonne vieille PS5 sortie il y a plus de 5 ans à 400 balles, les tarifs de la Steam Machine sont complètement déconnectés de la réalité. Alors, craquage absolu pour marché de niche ou accident industriel en approche ?
La nouvelle Steam Machine de Valve propose une expérience PC console bluffante et silencieuse sous SteamOS, mais son prix exorbitant de plus de 1000 euros la réserve à un public de niche. Malgré l’intégration parfaite de Proton, elle arrive sur le marché avec des années de retard face aux consoles de salon traditionnelles.
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Caractéristiques techniques
| Système d’exploitation | SteamOS 3.0 (Basé sur Arch Linux) |
|---|---|
| Processeur / Puce graphique | APU AMD Custom Zen 4 / RDNA 3 |
| Mémoire vive (RAM) | 16 Go LPDDR5 unifiée |
| Stockage | SSD NVMe 512 Go (Extensible via MicroSD / USB-C) |
| Connectique réseau | Wi-Fi 6E, Bluetooth 5.3, Port Ethernet Gigabit |
| Connectivité vidéo / Périph. | HDMI 2.1 (Compatible CEC), 3x USB-C, Connecteur PUC |
| Format et Dimensions | Env. 15 x 15 x 8 cm (Format bloc alimentation) |
| Prix de lancement | À partir de 1049 € |
Design et conception : chérie, j’ai rétréci le PC
Sortie de sa boîte, la machine surprend immédiatement par son gabarit. Oubliez les boîtiers Mini-ITX qui prennent la moitié de votre meuble TV. Valve a réussi le tour de force de faire tenir sa console dans un châssis à peine plus gros qu’une solide alimentation de PC gamer. La finition est exemplaire, l’assemblage respire la solidité, et les façades interchangeables (faceplates) apportent une touche de personnalisation vraiment bienvenue pour les amateurs de modding soft.
Mais la vraie prouesse se trouve sous le capot logiciel. Si vous avez déjà posé les mains sur un Steam Deck, vous serez en terrain conquis. La machine tourne sous SteamOS, démarre en un éclair et lance l’interface Big Picture sans jamais vous agresser avec une ligne de commande Linux. Tout est d’une fluidité absolue.
Les bidouilles d’arrière-plan propres à Linux sont totalement invisibles pour l’utilisateur lambda. Mieux encore, la compatibilité HDMI CEC est intégrée nativement : allumer la console réveille votre téléviseur et positionne la bonne source instantanément, le tout piloté directement depuis le canapé.
Petit détail qui tue pour les puristes : Valve a eu la brillante idée d’inclure un connecteur PUC dédié à la manette Steam Controller 2. Fini les câbles qui traînent ou les latences Bluetooth hasardeuses, l’appairage est natif et sans faille. Du côté des nuisances sonores, c’est le silence absolu. La dissipation thermique a été pensée intelligemment : la console recrache un flux d’air bouillant par ses grilles d’aération arrière, mais le ventilateur interne reste inaudible, même en pleine charge. Une leçon de design industriel.
Test Performances et usage : le miracle Proton
Abordons le sujet qui fâche ou qui rassure, c’est selon. En termes de puissance brute, on se situe un cran en dessous d’une PlayStation 5 standard. Sur le papier, ça pique pour une machine vendue plus du double de la console de Sony. En jeu, la réalité est plus nuancée. Selon l’optimisation des titres, vous obtiendrez des performances similaires, parfois un poil meilleures, souvent quelques FPS en retrait.
Dans la grande majorité des scénarios, les blockbusters récents tournent en 2560×1440 (1440p) à 60 images par seconde sans broncher. Si vous relancez des jeux d’il y a quelques années, la 4K native est totalement envisageable. La vraie carte maîtresse de Valve réside dans l’arrivée du FSR 4. Une fois cette technologie de mise à l’échelle activée et gérée au niveau de l’OS, on s’approche d’un rendu 4K fluide sur l’ensemble du catalogue. J’ai d’ailleurs passé mon temps à scruter les performances incrustées via l’overlay natif de SteamOS : les frametimes sont stables, signe que la surcouche de traduction Proton fait un boulot titanesque pour faire tourner des jeux Windows sur un noyau Linux sans déperdition notable.
Malheureuselement, à l’heure du test, il n’y a pas encore de profil de jeux pour la Steam Machine, ce qui vous amenera à vous taper les configurations de jeux PC qui font si peur aux habitués des consoles : ce n’est que temporaire
Tout n’est pas parfait pour autant. La barrière de l’écosystème fermé reste une réalité frustrante. Vous êtes un fan acharné de Fortnite ? Passez votre chemin, le jeu d’Epic refuse catégoriquement de se lancer pour des raisons d’anti-cheat non compatibles Linux. Installer des launchers tiers (GOG, Epic Games Store, Battle.net) réclame de repasser en mode bureau et de mettre les mains dans le cambouis via Heroic Games Launcher ou Lutris. Ce n’est clairement pas l’expérience “plug & play” vendue sur la boîte
Performance des jeux :
Sekiro
Resident Evil : Requiem
Expedition 33
The last of US part 2 remastered
iRacing
Face à la concurrence : le spectre du premier échec
Impossible d’analyser cette machine sans évoquer son ancêtre. La première génération de Steam Machines lancée en 2015 avait fait un bide monumental. Valve s’était reposé sur des constructeurs tiers, l’OS était buggé jusqu’à la moelle, et il y avait à peu près trois jeux compatibles. Cette version 2026 est la preuve que Valve a appris de ses erreurs. Le matériel est maîtrisé de bout en bout et le catalogue est colossal grâce à Proton.
Face à elle, la concurrence est rude. Une PS5 standard fait le même boulot pour une fraction du prix. De l’autre côté, monter un PC Mini-ITX vous coûtera sensiblement le même tarif de 1000 euros, mais vous offrira l’ouverture totale de Windows, au prix d’un encombrement doublé et d’une interface inadaptée au canapé. La Steam Machine se positionne exactement au milieu : l’ergonomie d’une console avec le catalogue et la liberté (restreinte) du PC.
Avis Steam Machine : un luxe pour initiés
Le verdict est complexe. D’un point de vue purement matériel, c’est une bécane magnifique et l’une des configurations gamer miniatures les plus épatantes qu’il m’ait été donné de voir. L’intégration logicielle frise la perfection, la finition est premium et l’expérience utilisateur écrase n’importe quel PC de salon sous Windows.
Le problème, c’est le timing et la facture. Arriver sur le marché avec 5 ans de retard par rapport à la génération de consoles actuelles, et demander 1049 euros pour 512 pauvres gigas de stockage (une hérésie à l’heure où le moindre jeu pèse 120 Go), c’est se tirer une balle dans le pied auprès du grand public. On sait que Valve refuse de vendre son matériel à perte, contrairement à Sony ou Microsoft, ce qui explique ce positionnement tarifaire étouffant.
Pourtant, si l’on sort la calculatrice, le tableau s’éclaircit pour les gros joueurs. En économisant les 60 euros annuels du PSN et en profitant des prix Steam souvent inférieurs de 20 à 40 euros par rapport aux stores consoles, le surcoût matériel de la Steam Machine peut être amorti en quelques années. Elle trouvera sa place comme machine secondaire luxueuse, facile à transporter d’une pièce à l’autre ou en vacances, surtout si vous possédez déjà une bibliothèque Steam massive. En l’état, c’est un produit très geek, une niche assumée qui ne bouleversera pas les charts. Mais elle pose une question fascinante : au vu de l’aboutissement de SteamOS, ce système finira-t-il par remplacer Windows sur nos machines de jeu ? Moi, je commence à y croire.
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FAQ : On répond à vos questions
Peut-on installer Windows sur la Steam Machine ?
Techniquement oui, Valve fournit les pilotes nécessaires. Mais l’intérêt de la machine réside justement dans l’optimisation millimétrée de SteamOS. Installer Windows, c’est perdre l’ergonomie console, le mode veille instantané et l’overlay de performances, pour se retrouver avec un simple mini-PC coûteux.
Le stockage de 512 Go est-il facilement remplaçable ?
Le format NVMe interne est accessible si vous acceptez d’ouvrir la bête au risque de faire sauter la garantie. La solution la plus simple reste l’ajout d’une carte MicroSD haute vitesse, ou d’un SSD externe branché en USB-C, que SteamOS gère parfaitement en natif.
La console est-elle bruyante en pleine charge ?
C’est l’un de ses plus grands points forts : le silence est d’or. Le flux d’air chaud évacué à l’arrière est important (attention à ne pas la coller contre un mur), mais la nuisance sonore générée par le ventilateur reste imperceptible depuis un canapé situé à 2 mètres.























