Le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis le lancement de la Switch 2 en juin 2025, les amateurs de tactical RPG n’avaient pas grand chose à se mettre sous la dent. Alors quand j’ai appris qu’Intelligent Systems débarquait avec Fire Emblem Fortune’s Weave, j’étais curieux de voir si la console tenait enfin son grand jeu de stratégie. La réponse est oui, à condition de lui céder une bonne partie de votre automne.
Fire Emblem Fortune’s Weave signe l’épisode le plus ambitieux de la série, avec des batailles tactiques au sommet, une structure à quatre héros originale et une bande-son remarquable. Son temps libre répétitif, un duo Eshmel/Balor bancal et une technique sans éclat rappellent que cette ampleur se paie en heures.
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Caractéristiques de Fire Emblem Fortune’s Weave
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Plateforme | Nintendo Switch 2 (exclusivité) |
| Développeur / Éditeur | Intelligent Systems / Nintendo |
| Date de sortie | 17 septembre 2026 |
| Genre | Tactical RPG |
| Classification | PEGI 12 |
| Joueurs | 1 (aucune fonctionnalité en ligne) |
| Langues | Textes en français, voix en anglais ou japonais |
| Taille | 27,5 Go |
| Performances | 30 FPS verrouillés, pas de mode 60 FPS |
| Résolution de sortie | 1440p en mode TV, 1080p en portable |
| Commandes | Manette, mode souris Joy-Con 2, pas de tactile |
| Durée de vie | Environ 80 h (histoire), 100 h (annexes), plus de 160 h (100 %) |
Fire Emblem Fortune’s Weave : quatre destins et un monde enfin consistant
Le point de départ de Fire Emblem Fortune’s Weave a de quoi surprendre. Nous sommes en 1454, l’Empire de Dagda est tombé sous la coupe du dieu-démon Balor et de ses légions mortes-vivantes et le prologue nous invite à abattre nous-même les quatre héros de l’histoire. On y incarne donc Eshmel, émissaire de Sothis, qui s’appuie sur les pouvoirs de la déesse Fortuna pour revenir en 1449, pendant les Jeux Héroïques de Dagsion et réécrire le destin de Cai, Dietrich, Theodora et Leda. Tout un programme !
Une fois le prologue passé, chaque héros suit sa propre route, entre un père emprisonné à libérer, une vengeance à assouvir et une foi à défendre. Les grandes lignes se ressemblent, mais les détails, les ambitions et les affrontements entre héros changent vraiment d’un parcours à l’autre, contrairement à Three Houses qui déroulait des routes assez proches. Visuellement, ce mélange d’Antiquité méditerranéenne, de fantasy et de touches de science-fiction fonctionne assez bien, avec un cel-shading propre et des portraits animés qui dynamisent enfin les dialogues.
Le récit a pourtant un talon d’Achille et il porte deux noms. Eshmel, avatar quasiment muet, n’ayant aucune personnalité, et Balor qui coche toutes les cases de la menace apocalyptique bien cliché. On passe ainsi d’intrigues humaines, avec une conspiration impériale esquissée puis délaissée, à une guerre cataclysmique contre une créature sans vrai lien avec les héros. Conseil pratique : remonter le temps via l’obélisque pour rattraper un événement manqué peut écraser votre progression. Sauvegardez avant.
Un gameplay enrichi, mais une exploration inégal
Dans Fire Emblem Fortune’s Weave, cette guerre se gagnera sur les cases d’une kyrielle de plateaux et c’est là que le jeu frappe fort. Car dans cet épisode, le triangle des armes disparaît au profit de propriétés propres à chaque type : les épées cognent plus fort en double attaque, les haches infligent toujours au moins cinq points de dégâts, les gantelets favorisent l’esquive, lances et arcs punissent les cavaliers et les unités volantes. La durabilité ne s’use qu’avec les techniques de combat et le placement compte plus que la force brute. Mais la vraie nouveauté, ce sont les capacités ardentes des quatre héros. Elles coûtent des points de vie, mais leurs effets sont dévastateurs. Par exemple, Cai projette une boule d’énergie qui enflamme le terrain, alors que Dietrich se téléporte après un déplacement.
Entre deux matchs de l’arène, le jeu change complètement de visage. Chaque chapitre accorde un nombre limité de tours de temps libre, quatre par journée, à répartir entre entraînement, recrutement, quêtes et donjons. Le temps devient donc une ressource reine. Et pour cause, impossible de farmer à l’infini et chaque choix pèse sur la bataille suivante. Les combats rapides des donjons, hérités d’Echoes, tournent quant à eux un peu en rond, les déplacements se font case par case comme sur un jeu de plateau et les activités de Dagsion obligent à tuer le temps. À savoir que sauter au prochain moment clé vous envoie au combat sous-niveau. Enfin signalons que des combats au tour par tour font leur apparition lors de certaines phase d’exploration, mais en toute honnêteté, elles n’ont rien de mémorable.
Technique et bande-son de Fire Emblem Fortune’s Weave
Je ne vais pas vous le cacher, j’ai été un peu déçu par la technique de Fire Emblem Fortune’s Weave qui, je pense, tournerait sur la première Switch avec quelques efforts d’optimisation. Selon Digital Foundry, le jeu tient un 30 FPS verrouillé, avec une sortie en 1440p en mode TV depuis une base apparemment en 720p, et en 1080p en portable depuis une base estimée à 540p. Certes, c’est modeste, mais au moins ça a le mérite d’être stable et en prime, les chargements sont très courts. En portable, les mouvements de caméra rapides laissent un peu de ghosting. Mais mon vrai reproche se situe plutôt au niveau des décors qui sont un peu vides, surtout dans les donjons. Le mode souris des Joy-Con 2 reste quant à lui assez anecdotique, comme à chaque fois qu’un jeu Switch 2 propose cette fonctionnalité.
Par contre, c’est à l’oreille que le jeu ne fait aucun compromis. La partition orchestrale est superbe, les morceaux évoluent quand deux unités se croisent, chaque héros a son thème, et certaines zones cachées osent même l’électro. Ceci étant dit, sur un titre de cette ampleur, certaines pistes finissent malgré tout par tourner un peu en boucle. Du côté des voix, il n’y a pas de doublage français, comme d’habitude avec cette licence, mais le casting anglais et surtout le japonais sont excellents.
Face à la concurrence
Dans la même catégorie, je dirais que Three Houses parvient à garder l’avantage émotionnel, avec un scénario plus marquant et des interprétations plus intenses, mais ses routes se ressemblaient bien plus. Engage misait quant à lui sur la nostalgie et les couleurs saturées, avec un récit bien plus mince. Dans l’ensemble, je dirais que Fortune’s Weave offre un peu le meilleur des deux mondes en proposant un univers à la Three Houses, tout en ayant le punch des animations d’Engage.
Avis Fire Emblem Fortune’s Weave
Fire Emblem Fortune’s Weave est l’épisode le plus ambitieux de la série, porté par des batailles tactiques parmi les meilleures de la saga, une structure à quatre héros originale et une bande-son et des doublages de haut vol. Ses défauts sont surtout liés à son ampleur : un temps libre répétitif, un rythme qui s’essouffle par moments, et un fil conducteur Eshmel/Balor qui divise. Techniquement, il est propre et stable à 30 FPS, mais ce n’est pas la vitrine technique de la Switch 2. Niveau durée de vie, comptez entre 80 et 100 heures pour une expérience complète. Pour conclure, je dirais que si vous avez aimé Three Houses et si votre emploi du temps vous le permet, je pense que vous ne serez pas déçu. Reste une question : êtes-vous prêt à rejouer quatre fois le même tournoi pour changer l’Histoire ?







