Pour être franc avec nous, je ne m’étais jamais intéressé à cette licence de Nacon. Puis je suis devenu tireur sportif et l’idée de passer mon permis de chasse a commencé à me trotter dans la tête. Avant d’affronter l’examen pour de vrai, Hunting Simulator 3 tombait à pic pour un petit repérage virtuel, carabine à l’épaule et vent de face, pour ne pas se faire repérer.
Hunting Simulator 3 passe à l’Unreal Engine 5 et livre une simulation de chasse lente, exigeante et crédible, portée par une faune dynamique et des armes d’une grande fidélité. Les vrais freins tiennent à une prise en main rugueuse et au temps passé à rouler en voiturette d’un spot à l’autre.
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Caractéristiques de Hunting Simulator 3
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Développeur | Nacon Studio Ghent |
| Éditeur | Nacon |
| Genre | Simulation de chasse en monde ouvert |
| Plateformes | PC (Steam), PS5, Xbox Series X |
| Date de sortie | 29 octobre 2026 |
| Classification | PEGI 16 |
| Moteur | Unreal Engine 5 |
| Zones de chasse | Colorado et Texas, environ 100 km² chacune |
| Faune | Plus de 40 espèces, système SimFauna |
| Multijoueur | Coopération en ligne jusqu’à 4 joueurs |
| Éditions | Standard et Apex Predator |
| Config PC recommandée | i5-14600K ou Ryzen 9 7900X, 16 Go de RAM, RTX 4060 ou RX 6800 XT |
| Espace disque | 25 Go |
Une technique et une bande-son aux petits oignons
Premier constat en lançant Hunting Simulator 3 : c’est vraiment beau, comment souvent avec l’Unreal Engine 5. C’est bien simple, en assistant à mon premier lever de soleil dans le Colorado, j’ai lâché ma souris, je me suis arrêté et j’ai admiré le décor. La lumière rasante filtre à travers une végétation dense, la fourrure des wapitis frémit, leurs bois accrochent les reflets et les armes sont modélisées avec un soin d’orfèvre. N’ayant pas testé les épisodes précédents, on dirait quand même que Nacon signe ici le plus bel opus de la série. Ceci dit, on se rappelle par moments qu’on est en train de jouer à une simple production AA. Il suffit de balayer l’horizon pour repérer les mêmes assets copiés-collés plusieurs fois, mais ça reste malgré tout du très bon boulot.
Mais la vraie claque, c’est dans les oreilles qu’on se la prend. Le vent dans les feuilles, la pluie, le brame du cerf, les coyotes au loin : tout est spatialisé avec une précision chirurgicale qui permet littéralement de pister le gibier au son si on a un casque 3D adapté. Notons aussi que les bruitages d’armes ont été enregistrés sur de vraies armes, avec une réverbération qui change selon le terrain. En tant que tireur, j’ai retrouvé cette détonation sèche qui résonne différemment en fonction de l’endroit où elle retentit. En revanche, on ne retrouve pas vraiment de scénario ce qui est est dommage, et la musique est un peu trop discrète, mais le jeu mise tout sur la nature et il a raison.
La clé dans Hunting Simulator 3, c’est la patience
La boucle de gameplay de Hunting Simulator 3 est assez simple et on ne lui en demande pas plus. Dans la pratique, il faut acquérir le bon permis de chasse, choisir l’arme et la munition adaptées à l’espèce que l’on veut traquer, lire les traces façon Witcher 3, surveiller le vent qui peut trahir son odeur et poser chaque pas sans bruit. Les armes sous licence (Beretta, Winchester, Browning, plus arcs et arbalètes) respectent quant à elles leurs calibres avec une fidélité qui m’a bluffé. Car on ne tire pas un lapin comme on tire un sanglier, et le jeu est là pour le rappeler constamment.
Parlons également du système SimFauna qui renforce encore plus l’immersion. Les animaux vieillissent, se reproduisent, transmettent une génétique qui influe sur la qualité des trophées, et modifient leurs habitudes selon la pression de chasse. Car le cerf repéré hier près du point d’eau n’est pas bête : il n’y sera probablement plus le lendemain. De plus, et après chaque tir, une radiographie dévoile l’impact et les organes touchés. Ça pousse à soigner son placement de balle, et l’accent mis sur la chasse éthique me parle forcément. Le chien, lui, piste et rapporte le petit gibier en progressant au fil des sorties, pratique quand on chasse le lapin.
On retrouve aussi trois niveaux de difficulté qui permettent de doser les aides, le plus exigeant supprimant l’indicateur de trajectoire et rendant les bêtes très méfiantes. Le tutoriel quant à lui est un peu trop sommaire et impose quelques heures d’apprentissage à tâtons. Étant un nouveaux venu, j’aurais apprécié être pris un peu plus par la main. Car les deux cartes demandent des approches vraiment différentes. Entre les sept biomes montagneux du Colorado et les prairies, marais et zones arides du Texas, j’ai encore parfois du mal à m’y retrouver.
Le revers de la médaille, c’est que sur environ 100 km² chacune, on passe un temps fou à se balader en voiturette, avec une conduite pas folle du tout, des rivières infranchissables à pied et de nombreux passages bloqués par la topographie. Heureusement que pour souffler un peu, on retrouve un pavillon personnalisable qui permet d’exposer ses trophées naturalisés, d’entretenir ses armes et de s’entrainer en stand de tir. Enfin, évoquons la coop en ligne qui permet de rassembler jusqu’à quatre chasseurs et de s’offrir de chouettes virées entre potes.
Face à la concurrence
Ces deux grandes cartes, il faut les comparer à ce que propose le maître du genre, j’ai nommé theHunter: Call of the Wild. Son catalogue de réserves, gonflé par des années de DLC, reste imbattable en variété, mais sa faune paraît bien plus figée face au système SimFauna et le rendu commence tout doucement à accuser le temps. Il y a aussi Way of the Hunter qui joue la même partition lente et réaliste, avec une ambiance soignée. Hunting Simulator 3 se distingue malgré tout par sa balistique, ses armes sous licence et une nature qui réagit enfin à la présence du chasseur.
Avis Hunting Simulator 3
Pour un néophyte de la licence comme moi, l’expérience s’avère très sympa. Hunting Simulator 3 assume sa lenteur presque contemplative, soigne ses armes comme un armurier et offre une faune vraiment très crédible. Alors oui, il réclame de la patience, que ce soit lors de son apprentissage que pendant ses séances de chasse, et ces longs trajets en voiturette qui cassent le rythme demandent un peu de tolérance, mais le jeu joue la carte de la simulation à fond et c’est ce qu’on lui demande. En bref, je dirais que si vous cherchez de l’action pure, vous pouvez passer votre chemin. Par contre, si l’affût à l’aube vous fait envie, c’est certainement le meilleur épisode de la série pour vous y mettre. Et vous, vous êtes plutôt chasseur solitaire ou battue entre potes en coop ?






