Prenez Yakuza, gardez l’interface et le moteur graphique, remplacez Kiryu par Ken le Survivant et vous obtenez Fist of the North Star : Lost Paradise. J’exagère à peine. Dès la prise en main, on sent la présence du Ryo ga Gotoku Studio, ce qui n’est pas pour déplaire au fan que je suis. Néanmoins, j’ignore si c’est dû aux petits écrans sur lesquels était projeté le jeu mais les graphismes piquaient les yeux. On aurait dit que les développeurs avaient coulé une couche dégoulinante de cel-shading bon marché sur le design de Yakuza pour un rendu baveux et aux traits datés. Le résultat était à ce point différent des bandes-annonces que j’ai sincèrement l’impression d’être tombé sur un mauvais écran (espérons, espérons).

L’interface quasi identique à Yakuza – jusqu’à la carte grisâtre avec ses points d’intérêt – m’a également un peu refroidi. On recyclerait paresseusement un jeu qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Les adeptes de Kiryu Kazuma ne seront donc pas dépaysés par le système d’évolution, même si celui-ci prend une forme inédite. Au fil des combats, Kenshirô obtient des orbes de couleurs différentes qui lui permettent de débloquer toutes sortes de coups ou de bonus sur une grille grouillant de petits cercles. Moins classe que dans Yakuza 6 ou Kiwami 2 mais pratique malgré tout, sachant qu’on obtient assez vite ces orbes grâce à ses prouesses au combat.

Mais passons tous ces détails ennuyeux pour nous intéresser au coeur du gameplay de Fist of the North Star : Lost Paradise. Après un premier contact peu enthousiasmant, les combats ont très vite rectifié le tir. On nage en plein Ken le Survivant, avec les mécanismes de Yakuza. On frappe donc avec les touches carré (coup rapide) et triangle (coup puissant) pour terrasser ses ennemis. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, on est loin d’une simple émulation, le jeu offrant des animations beaucoup plus dynamiques que son modèle. On passe aussi des heat movies à quelque chose de beaucoup plus viscéral (ça en dit long, vu la brutalité de Yakuza). En effet, après avoir bien tabassé l’ennemi, Kenshirô peut toucher un point faible, donnant lieu à une animation avec QTE pour faire imploser l’ennemi. Le tout en lui tournant le dos, avec toute la classe qu’on lui connaît.

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Si les graphismes laissaient à désirer (même si c’est peut-être la faute à la télé), la direction artistique et les animations transpirent l’oeuvre de Tetsuo Hara. J’ai déjà évoqué les combats qui retranscrivent à merveille les tatatatatatatata de Kenshirô mais l’exploration de la ville d’Eden témoigne également du respect du manga. Mais si la cité grouillait de PNJ, je n’ai pas eu l’occasion de vérifier si l’aire de jeu relativement vaste proposait des activités attrayantes. À vérifier dans le produit fini, d’autant que les combats – aussi dynamiques et jouissifs soient-ils – risquent d’occasionner une certaine répétition. C’est le souci quand on reprend globalement la recette d’un jeu lui aussi répétitif sur la longueur. Quoi qu’il en soit, cette démo Gamescom va rendre l’attente longue jusqu’au 2 octobre prochain.

Musa